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Actualités - Chronologies

Le Premier ministre fédéral démissionne - Belgrade plonge dans la crise politique

La décision du gouvernement de Serbie de transférer Slobodan Milosevic au Tribunal pénal international (TPI) a plongé vendredi la Yougoslavie dans la crise politique, provoquant la démission du Premier ministre fédéral et la colère du parti du président Vojislav Kostunica. Zoran Zizic a annoncé sa démission de chef du gouvernement fédéral au cours d’une conférence de presse, soulignant qu’elle était motivée par la coopération de Belgrade avec le TPI et la manière dont avait été remis, jeudi, l’ancien président au Tribunal. Même si M. Milosevic a été transféré suite à un ordre du seul gouvernement de Serbie, les ministres fédéraux de la coalition réformiste serbe (DOS) ont appuyé cette mesure. «En tant que Premier ministre et juriste, je ne peux pas être associé à une violation ouverte des droits élémentaires garantis par la Constitution», a dit M. Zizic. En agissant ainsi, la DOS a «gâché les relations au sein du gouvernement yougoslave», a-t-il ajouté. M. Zizic est un des dirigeants du Parti socialiste populaire (SNP) du Monténégro, qui participent à l’exercice du pouvoir fédéral depuis l’accession de M. Kostunica à la tête de la Yougoslavie en octobre dernier. Les relations entre la DOS et le SNP se sont dégradées il y a quelques semaines alors que, sous la pression internationale, les réformistes serbes entendaient donner à la coopération Belgrade-TPI une orientation que le SNP n’a pas voulu cautionner. Selon M. Zizic, le président yougoslave compte engager dès lundi des consultations pour tenter de mettre sur pied un nouveau cabinet. Il paraît peu probable que le SNP accepte d’y prendre part à nouveau et M. Kostunica risque de se trouver dans une impasse. En effet, la DOS ne dispose au Parlement yougoslave que d’une majorité relative et sans l’appui de grands partis, elle n’a aucune chance de pouvoir légiférer. M. Zizic a clairement indiqué vendredi que son mouvement ne soutiendrait pas un gouvernement minoritaire constitué essentiellement de membres de la DOS qui, a-t-il dit, a «brisé notre accord d’association». De son côté, le mouvement de M. Kostunica, le Parti démocratique de Serbie (DSS), s’est lancé vendredi dans une virulente attaque contre ses partenaires au sein de la DOS, faisant implicitement planer la menace d’un retrait de cette coalition qui comprend dix-huit formations. Suite au transfèrement à La Haye de M. Milosevic, le parti a «condamné le plus vigoureusement» la manière dont cette opération avait été exécutée, en contradiction avec une décision de la Cour constitutionnelle. Qualifiant «d’irresponsable» la décision du gouvernement serbe, le DSS a estimé qu’elle représentait une menace pour l’ordre constitutionnel et pouvait susciter des tensions au sein de la société. Le DSS a exigé «une reconstruction des gouvernements serbe et yougoslave», selon un communiqué diffusé à Belgrade, sans préciser s’il devrait s’agir d’un remaniement ou d’une redéfinition des prérogatives respectives des deux cabinets. Le gouvernement serbe a pu en effet agir jeudi sans consulter formellement le gouvernement fédéral. Déjà, jeudi soir, le président Kostunica s’était adressé à la nation pour critiquer le caractère anticonstitutionnel de l’action menée, tout en assurant qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour ne pas mettre en péril l’État. Vendredi, M. Kostunica, qui est le chef des forces armées, s’est entretenu avec des responsables militaires de la situation dans le pays 24 heures après le départ de M. Milosevic pour La Haye. «Tout a été établi pour apaiser les tensions par une solution politique à la crise», indique un communiqué publié après la rencontre. Vendredi soir, quelque 6 000 manifestants se sont rassemblés devant le parlement fédéral, en plein centre de Belgrade, pour protester contre la politique de coopération engagée par le gouvernement serbe avec le TPI, et le départ pour La Haye de M. Milosevic.
La décision du gouvernement de Serbie de transférer Slobodan Milosevic au Tribunal pénal international (TPI) a plongé vendredi la Yougoslavie dans la crise politique, provoquant la démission du Premier ministre fédéral et la colère du parti du président Vojislav Kostunica. Zoran Zizic a annoncé sa démission de chef du gouvernement fédéral au cours d’une conférence de presse, soulignant qu’elle était motivée par la coopération de Belgrade avec le TPI et la manière dont avait été remis, jeudi, l’ancien président au Tribunal. Même si M. Milosevic a été transféré suite à un ordre du seul gouvernement de Serbie, les ministres fédéraux de la coalition réformiste serbe (DOS) ont appuyé cette mesure. «En tant que Premier ministre et juriste, je ne peux pas être associé à une violation ouverte des droits...