Deux films de Ridley Scott sont à l’affiche cette semaine et définissent bien les priorités : l’amour le dispute à l’aventure. Dans «Someone To Watch Over Me», Tom Berenger et Mimi Rogers vivent une grande passion alors que dans «White Squall», du même auteur, Jeff Bridges soumet quelques jeunes à une rude aventure de vie. Dans «My Stepmother Is An Allien», Dan Ackroyd tombe amoureux d’une extraterrestre. On le comprend, elle a les traits de Kim Basinger. Amours tourmentées pour Sissy Spacek et Kevin Kline dans «Violets Are Blue». Aventures pour deux enfants malmenés dans «Radio Flyer». Scott Bakula lutte contre les forces du mal dans «Lord Of Illusions» et Gene Hackman vit une dangereuse aventure derrière les lignes vietcongs dans «Bat 21». À vous de faire la part des choses en optant soit pour l’amour, soit pour l’aventure. C’est avec l’aventure, vue par Ridley Scott, que débute la semaine. White Squall fait partie de ces films où, sous la férule d’un homme d’action, des jeunes font l’expérience de la vie. Ici l’expérience se fait sur mer. Le port de Saint-George, aux Bermudes, en 1966. Treize adolescents, de familles aisées, embarquent à bord du voilier-école L’Albatross pour un voyage initiatique de huit mois. Quatre adultes les encadrent : le capitaine Sheldon, homme rude et charismatique, son épouse, Alice, médecin, un professeur de littérature chargé d’assurer le suivi de l’enseignement et un cuisinier. Dès le départ, le capitaine fait comprendre à son équipage que chacun devra exécuter les ordres, s’acquitter de sa tâche en allant jusqu’au bout de ses forces. C’est à ce prix que l’on devient un homme. Sur le chemin du retour, L’Albatross affronte une tempête d’une rare violence. Évoquant le courage et la discipline, Ridley Scott s’inscrit à contre-courant dans ce récit initiatique adapté d’une histoire vraie. Mais il n’en tire qu’un film mineur par son manque de point d’ancrage et son caractère prévisible. On retiendra, en finale, le côté spectaculaire de la tempête reconstituée d’une manière saisissante. Et l’interprétation très musclée de Jeff Bridges. Diffusion lundi à 21h30 sur LBCI Les créatures venues de l’espace ne nous étonnent plus : on en a vues de toutes les couleurs ! Mais il faut admettre que jamais un extraterrestre n’a été aussi séduisant que... Kim Basinger. Dans My Stepmother Is An Alien de Richard Benjamin, la blonde actrice est envoyée sur Terre avec pour mission de sauver sa planète. Elle doit pour cela séduire un savant qui a mis au point une antenne géante, laquelle détient le pouvoir de sauver – sans que le savant ne le sache – la planète menacée. Kim Basinger débarque donc sur terre en ignorant tout des lois de l’amour et du sexe. Elle n’a aucune peine à séduire le savant, qui est veuf, et père de famille. Elle va vite découvrir les joies de la vie domestique et une fois sa mission accomplie, elle choisira de rester sur Terre, comme vous vous en doutiez bien. C’est gentiment familial ! Diffusion lundi à minuit sur LBCI C’est le mari de Sissy Spacek, Jack Fisk, qui a réalisé la «bluette» intitulée Violets Are Blue, en offrant bien entendu à sa femme le rôle principal, celui d’une photographe célèbre qui revient dans sa ville natale, après des années d’absence. Elle y retrouve, marié, celui qui avait été son grand amour. Lui est resté là, sa vie n’ayant pas beaucoup changé. Mais son amour pour la jeune femme est resté aussi vivace. Cette histoire simple est racontée avec beaucoup de simplicité. Elle doit beaucoup au charme de ses deux interprètes, Kevin Kline et Sissy Spacek, mais n’apporte finalement rien de neuf à un sujet éculé : l’impossibilité de revivre des amours de jeunesse. Diffusion mardi à minuit sur LBCI À mi-chemin entre le conte et la réalité, Radio Flyer de Richard Donner est un film original, qui sort des sentiers battus. Mike raconte à ses enfants l’histoire de son frère Bobby... Lorsqu’ils étaient gamins, leur mère s’était remariée avec Le King, un mécanicien alcoolique qui battait Bobby. Vivant dans un monde quelque peu imaginaire, les deux gosses décidèrent d’impressionner les adultes et de soustraire ainsi Bobby aux sévices du King. Ils avaient entendu parler d’un jeune garçon qui, disait-on, s’était précipité d’une falaise à bord d’un wagonnet à roulettes et avait réussi à prendre son envol. La chute avait été terrible et il s’était blessé au point d’en rester infirme. Négligeant ce détail, Mike et Bobby entreprennent de rééditer cet exploit. Un soir, ils quittent la maison avec le chien... Un conte sensible qui trouve ses qualités dans un scénario bien conçu et une manière subtile de mêler le réel et l’imaginaire. Diffusion mercredi à minuit sur LBCI Scott Bakula connut la gloire à la télé en incarnant le héros de la série Quantum Leap. Tout naturellement, il tenta une carrière au cinéma, sans connaître le même engouement. Et pourtant Lord of Illusions qu’il tourna sous la direction de Clive Baker méritait bien le détour. Détective spécialisé dans les affaires qui sortent du «normal», Scott Bakula est donc dans ce film chargé d’une mission de routine lorsqu’il est le témoin de la mort d’un magicien sur scène, alors qu’il exécutait un de ses numéros. En fait, cette mort est liée à la résurrection d’un esprit malin, et le détective va donc avoir à résoudre une nouvelle affaire «surnaturelle» pour le moins inattendue ! Le scénario, brièvement résumé, peut vous induire en erreur. Le film est beaucoup plus intelligent qu’il n’en a l’air. Le scénario, dû au réalisateur lui-même, évite les écueils de la facilité et comporte suffisamment d’éléments intéressants à propos de la lutte du bien et du mal pour vous tenir en haleine. Diffusion jeudi à minuit sur LBCI Dans Bat 21, Gene Hackman joue au chat et à la souris avec les Vietnamiens. Brillant officier et expert en balistique, le colonel Iceal Hambledon n’a qu’une conception théorique de la guerre. Ce qui ne l’empêche pas de se porter volontaire pour une mission au-dessus du territoire vietcong. Mais son avion est touché par un missile. Seul rescapé, il parvient à sauter en parachute et tombe en pleine jungle, derrière les lignes ennemies. Comme il détient des secrets militaires capitaux, ordre est donné au capitaine Clark, vieux baroudeur et pilote d’avion de reconnaissance, de le retrouver coûte que coûte... Localiser le disparu n’est pas chose facile, car les Vietcongs sont à l’écoute des messages de signalisation. C’est alors que pour tromper l’ennemi, Hambledon décide de communiquer avec son sauveteur comme s’il disputait une partie de golf, en indiquant ainsi, en termes voilés, son exacte position. Un jeu tout en subtilité que Clark va progressivement décoder... Une histoire vraie tournée à la manière des séries B d’antan, c’est-à-dire, sans fioritures, pour compenser le manque évident de moyens. Avec, en prime, la forte personnalité de Gene Hackman et de Danny Glover. Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Le roman de Sylvia Plath, The Bell Jar, est de ceux qu’il est pratiquement impossible de porter à l’écran, tant l’écriture et le caractère de l’intrigue sont insaisissables. Larry Peerce, qui avait réussi quelques beaux exercices de style sur des sujets difficiles comme dans David and Lisa, s’est essayé à transcrire sur pellicule le drame vu de l’«intérieur» d’une dépression nerveuse. La faute n’en revient pas tant au metteur en scène dont on connaît la sensibilité (et elle est évidente dans le traitement du sujet), mais dans le fait que son interprète principale Marilyn Hassett, bien qu’étant physiquement le personnage, ne parvient jamais à donner l’interprétation qu’on était en droit d’attendre. Les personnages secondaires, interprétés par Julie Harris, Barbara Barrie et Anne Jackson, réussissent mieux à nous convaincre. Diffusion samedi à minuit sur Future TV La semaine, commencée avec un film de Ridley Scott, se termine avec un autre film de ce prolifique réalisateur. On ne nous en voudra pas de préférer Someone To Watch Over Me à White Squall. Pourtant le sujet, au départ, peut paraître on ne peut plus conventionnel. Un policier, chargé de protéger une jeune femme qui a été le témoin d’un meurtre, tombe amoureux de celle-ci ! Jusque-là, rien de bien nouveau. Mais ce qui distingue ce film des autres sujets similaires, ce sont les rapports qui se nouent entre les personnages. Le policier, marié, est issu d’un milieu modeste. Et tout à coup il se trouve projeté dans un monde où tout est luxe, c’est la tentation... Mais lorsque la mission sera accomplie, il reviendra à sa femme. Tout en privilégiant le côté esthétisant des images, ce qui se justifie par la beauté des décors et le luxe dans lequel évolue l’héroïne, Ridley Scott s’est visiblement beaucoup attaché à ses personnages. Le couple formé par Tom Berenger et Mimi Rogers est extrêmement attachant. Ils n’ont jamais, ni l’un ni l’autre, été mieux utilisés. Une réussite. Diffusion samedi à minuit sur LBCI
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