Le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a déclaré que le cessez-le-feu entre Israéliens et Palestiniens n’était «pas une fin en soi» et a souligné l’urgence d’un calendrier pour l’application du rapport Mitchell, au terme de sa tournée dimanche au Proche-Orient. «La communauté internationale tout entière est unie dans son sentiment de préoccupation concernant la situation dans la région», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune à Jérusalem avec le chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres, au terme d’une tournée au Proche-Orient. «J’ai été encouragé par le fait que le Premier ministre Ariel Sharon et le président Yasser Arafat aient pleinement accepté tous deux le rapport Mitchell (...) En parvenant à un accord de cessez-le-feu, ils ont déjà accompli le premier pas» préconisé par le rapport Mitchell. «Le cessez-le-feu n’est pas une fin en soi, c’est un bon point de départ, un important élément de l’ensemble du processus. Mais il est nécessaire que nous disposions d’un calendrier afin qu’il soit bien clair que si nous avons appliqué le cessez-le-feu nous ne sommes pas parvenus pour autant au bout du chemin», a ajouté M. Annan. Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 13 juin, à la suite d’une médiation du chef de la CIA George Tenet. Cet accord est basé sur le rapport Mitchell qui préconise un arrêt immédiat et inconditionnel des violences, suivi de mesures destinées à rétablir la confiance entre Israéliens et Palestiniens, notamment le gel total de la colonisation, en vue d’une reprise des négociations sur un règlement final. Sur l’exigence répétée de M. Sharon d’un arrêt total des violences avant toute reprise des négociations, M. Annan a déclaré : «Quand il y a un cessez-le-feu, il faut un peu de temps pour qu’il se concrétise sur le terrain. Mais il n’est pas possible d’obtenir satisfaction à 100 %». «Si on exige 100 % de satisfaction et qu’on affirme, à chaque fois qu’un incident survient, que le cessez-le-feu ne tient pas, on va au devant de complications. Il arrive toujours un moment où (les dirigeants politiques) doivent prendre une décision», a-t-il déclaré. M. Annan avait rencontré samedi à Ramallah (Cisjordanie) Yasser Arafat puis à Jérusalem Ariel Sharon. Pour sa part, M. Peres a déclaré : «À mon avis, le rapport Mitchell est aujourd’hui le seul document valable pouvant mener les deux parties d’une situation de désespoir à une situation de reprise des négociations». «L’ensemble du gouvernement israélien a accepté le rapport Mitchell qui, dans les circonstances actuelles, est le seul moyen d’aller de l’avant», a souligné M. Peres. Le secrétaire général de l’Onu a quitté ensuite Israël pour Londres, achevant une tournée au Proche-Orient qui l’a mené également au Liban, à Amman, en Syrie et en Égypte. Avant son départ, M. Annan s’est rendu à l’école que fréquentaient les adolescents israéliens qui ont été tués dans le sanglant attentat-suicide du 1er juin à Tel-Aviv, pour y déposer une gerbe. Cet attentat, qui avait fait 20 tués outre le kamikaze palestinien, avait profondément choqué l’opinion internationale et fait craindre le pire dans la région.
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