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Actualités - Chronologies

La Kabylie, une région traditionnellement opposée au pouvoir

La Kabylie, région montagneuse qui s’étend à l’est d’Alger, des rives de la Méditerranée aux hauts plateaux de Sétif, est depuis deux mois le théâtre de violentes émeutes qui ont éclaté après la mort d’un adolescent dans la gendarmerie de Beni Douala, près de Tizi-Ouzou. Si la région est connue pour son opposition traditionnelle au pouvoir central et se pose comme le porte-flambeau de la revendication identitaire berbère, elle s’est aussi montrée hostile à l’intégrisme. Le Front islamique du salut (FIS) n’avait pas réussi à s’y implanter en 1990, alors qu’il avait gagné la majorité des conseils municipaux et régionaux ailleurs dans le pays. Lorsque la violence a éclaté en 1992, la région fut épargnée, mais elle finit par être atteinte et est devenue la base du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Cette organisation a été créée en octobre 1998 par Hassan Hattab, alias Abou Hamza, qui a fait dissidence du Groupe islamique armé (GIA). Les Kabyles, qui parlent la langue berbère différente de l’arabe (le tamazight), militent depuis l’indépendance de l’Algérie pour la reconnaissance de cette langue et de leur culture. Au total, les berbérophones d’Algérie (Kabyles, mais aussi habitants du Mzab et des Aurès) représentent de 25 à 30 % de la population algérienne. L’histoire de la Kabylie a été marquée depuis l’indépendance de l’Algérie par plusieurs soulèvements et insurrections. Ainsi en 1963, le député kabyle Hocine Aït Ahmed, en rébellion contre le pouvoir personnel d’Ahmed Ben Bella, fonde le Front des forces socialistes (FFS), qui défend l’identité berbère et la démocratie. Il lance une insurrection armée en Kabylie qui est durement réprimée par le pouvoir. En 1980, l’interdiction d’une conférence du poète berbère Mouloud Mammeri marque le début du «printemps berbère», série de manifestations en Kabylie et à Alger pour la reconnaissance du tamazight comme «langue nationale». Les forces de sécurité prennent d’assaut le campus universitaire de Tizi-Ouzou, et plusieurs dizaines d’étudiants sont blessés. Le «printemps berbère» sera commémoré chaque année par des manifestations, et des chaires universitaires de berbère font leur apparition. En 1988, le Mouvement culturel berbère est toléré et l’année suivante, le psychiatre Saïd Sadi fonde sur la base de ce mouvement le parti du Rassemblement culturel et démocratique (RCD). Au printemps 1995, le MCB a lancé un mouvement de boycott de l’école et des manifestations massives et grèves générales ont lieu en Kabylie «pour la culture berbère et contre le terrorisme». L’Algérie se dote fin 1996 d’une nouvelle Constitution, qui consacre l’amazighité (l’identité berbère) mais ne reconnaît pas au tamazight le statut de langue officielle. L’assassinat du chanteur Lounès Matoub le 25 juin 1998, près de Tizi- Ouzou, provoque deux jours d’émeutes dans les villes de Kabylie. Tizi- Ouzou est ravagée et trois personnes sont tuées.
La Kabylie, région montagneuse qui s’étend à l’est d’Alger, des rives de la Méditerranée aux hauts plateaux de Sétif, est depuis deux mois le théâtre de violentes émeutes qui ont éclaté après la mort d’un adolescent dans la gendarmerie de Beni Douala, près de Tizi-Ouzou. Si la région est connue pour son opposition traditionnelle au pouvoir central et se pose comme le porte-flambeau de la revendication identitaire berbère, elle s’est aussi montrée hostile à l’intégrisme. Le Front islamique du salut (FIS) n’avait pas réussi à s’y implanter en 1990, alors qu’il avait gagné la majorité des conseils municipaux et régionaux ailleurs dans le pays. Lorsque la violence a éclaté en 1992, la région fut épargnée, mais elle finit par être atteinte et est devenue la base du Groupe salafiste pour la...