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Actualités - Reportages

Des demandes légitimes, - mais l’État est aux abonnés absents

Le gouvernement exige des agriculteurs de la Békaa qu’ils arrêtent la culture des stupéfiants, mais ne leur donne absolument rien en contrepartie. Bien au contraire, l’interdiction des cultures illicites leur a été imposée dans la répression, sans être accompagnée du moindre programme de développement alternatif ou de reconversion vers des récoltes rentables. Certes, la répression a échoué, mais les paysans sont aujourd’hui à bout de souffle, car ils refusent de planter à nouveau des cultures qui ne sont pas rentables. Ils s’évertuent à faire entendre leurs voix, mais nul ne semble disposé à les écouter. Et pourtant, leurs demandes n’ont rien d’extravagant, elles sont légitimes et claires, et visent à faire d’eux des citoyens vivant dans la dignité et non des hors-la-loi. Réclamant en premier lieu l’abolition des frais de succession à l’égard des terres reçues en héritage, ils expliquent que les trois quarts des terres de la Békaa sont laissées à l’abandon, car nul n’a les moyens de payer les taxes pour disposer de son héritage. Ils insistent parallèlement sur le devoir de l’État de débloquer des fonds et d’établir un plan d’aide à l’agriculture, en créant des coopératives agricoles, favorisant des cultures rapides, saisonnières et rentables, et donnant l’appui nécessaire au projet des cultures de substitution. Un État qui devrait aussi prendre en considération l’aspect traditionnel de la culture du cannabis, qui est entrée dans les coutumes quotidiennes de chaque famille paysanne, et introduire, en remplacement, d’autres cultures qui pourraient devenir traditionnelles, faire travailler aussi bien l’homme que la femme, comme la culture du safran. Hantés par la menace constante qui pèse sur eux de devoir quitter leurs terres par manque de moyens, les agriculteurs réclament une couverture sociale qui prendrait en charge les soins de santé de leurs familles, généralement nombreuses. Ils espèrent aussi que viendra le jour où leur quotidien sera meilleur, où ils auront des routes carrossables, assez d’eau pour leurs cultures, de l’électricité et des écoles décentes pour y éduquer leurs enfants.
Le gouvernement exige des agriculteurs de la Békaa qu’ils arrêtent la culture des stupéfiants, mais ne leur donne absolument rien en contrepartie. Bien au contraire, l’interdiction des cultures illicites leur a été imposée dans la répression, sans être accompagnée du moindre programme de développement alternatif ou de reconversion vers des récoltes rentables. Certes, la répression a échoué, mais les paysans sont aujourd’hui à bout de souffle, car ils refusent de planter à nouveau des cultures qui ne sont pas rentables. Ils s’évertuent à faire entendre leurs voix, mais nul ne semble disposé à les écouter. Et pourtant, leurs demandes n’ont rien d’extravagant, elles sont légitimes et claires, et visent à faire d’eux des citoyens vivant dans la dignité et non des hors-la-loi. Réclamant en premier lieu...