Philadelphie a quelque peu traîné en route, contraint à disputer sept manches contre Milwaukee avant d’atteindre, pour la première fois depuis 18 ans, le sommet de la Conférence Est de la NBA. Et cela grâce à son feu follet Allen Iverson, auteur de plus de 80 points lors des deux dernières parties. Billet en poche depuis le 27 mai, les Lakers de Los Angeles ont donc eu tout le temps nécessaire pour réfléchir à la défense de leur titre qu’ils engageront à domicile mercredi. Et, accessoirement, souffler un peu. Mais peut-on vraiment dire que les Californiens, immenses favoris pour le titre 2001, aient besoin de cet avantage supplémentaire ? Invaincus depuis plus de deux mois, ils viennent de réaliser une impressionnante démonstration de force aux dépens de San Antonio balayé quatre manches à zéro en finale de l’Ouest. Soit exactement le même score qui avait consacré la victoire des Spurs face aux Lakers, sur la route du premier titre obtenu par les Texans en 1999. Cette fois, l’équipe de Phil Jackson a gardé sur l’ensemble de la série un avantage moyen de... 20,5 points par match, une marge encore jamais enregistrée dans l’histoire de la NBA. «Le souvenir de l’humiliation subie il y a deux ans nous a servi de motivation car on voulait leur renvoyer l’ascenseur», s’est félicité Kobe Bryant, monstrueux d’efficacité pour le plus grand bonheur des Lakers portés par une vague de 19 victoires consécutives, dont 11 en play-off. Comme on n’ose imaginer une issue défavorable aux Lakers, sans faire injure à leurs prochains adversaires, le véritable challenge des Californiens se situe peut-être désormais ailleurs. « L’effet Jackson » Après avoir détruit Portland, Sacramento et San Antonio, ils peuvent en effet entrer par la grande porte dans l’histoire de la Ligue en devenant la première équipe sacrée sans perdre un seul match de phase finale. En 55 ans, nul n’y est parvenu. Pas même les Bulls de Jordan pourtant sacrés à six reprises entre 1993 et 1998. L’effet Jackson ? Cet homme était justement déjà de la partie à Chicago. Voilà pourquoi on ne peut, aujourd’hui, que s’interroger sur l’influence du «Maître Zen» à Los Angeles. «C’est l’effet Jackson !», n’hésite pas à titrer toute la presse californienne qui attribue au coach les principaux mérites de l’épopée dans laquelle sont engagés les Lakers, ce qui permet de rappeler que le gourou barbu est bien, depuis dix ans, le technicien le plus capé en play-offs NBA avec sept titres. Sa gestion de la finale de Conférence face aux Spurs, obligés de concéder pendant la série 16 points de plus en moyenne que sur l’ensemble de leur saison, laisse également rêveur. Sa décision d’assigner Kobe Bryant en défense sur le meneur texan Terry Porter, réduit à un faiblard 34,4 % de réussite aux tirs, fut un premier coup de génie. Mais c’est le sort réservé à Tim Ducan, le leader offensif de San Antonio, qui a sûrement le plus décidé du résultat final. Phil Jackson a tour à tour envoyé au feu ses soldats Rick Fox, Horace Grant et Robert Horry, rendant ainsi l’air de la raquette totalement irrespirable pour l’ancien MVP coupé de ses joueurs extérieurs. Obligé de s’écarter, Duncan a dès lors rendu une pâle copie lors des deux dernières rencontres bouclées à seulement 12 points et 33 % aux tirs, Jackson ayant par ailleurs fait le choix de laisser davantage de liberté au vieillissant David Robison. Moins accaparé par la défense sur les Twin Towers de San Antonio, Shaquille O’Neal s’est ainsi révélé beaucoup plus prolixe sous le cercle adverse pour un résultat sans appel. Jackson pouvait se frotter les mains et imaginer déjà un nouveau scénario pour la suite du play-off.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Philadelphie a quelque peu traîné en route, contraint à disputer sept manches contre Milwaukee avant d’atteindre, pour la première fois depuis 18 ans, le sommet de la Conférence Est de la NBA. Et cela grâce à son feu follet Allen Iverson, auteur de plus de 80 points lors des deux dernières parties. Billet en poche depuis le 27 mai, les Lakers de Los Angeles ont donc eu tout le temps nécessaire pour réfléchir à la défense de leur titre qu’ils engageront à domicile mercredi. Et, accessoirement, souffler un peu. Mais peut-on vraiment dire que les Californiens, immenses favoris pour le titre 2001, aient besoin de cet avantage supplémentaire ? Invaincus depuis plus de deux mois, ils viennent de réaliser une impressionnante démonstration de force aux dépens de San Antonio balayé quatre manches à zéro en finale de...