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Actualités - Chronologies

Revue hebdomadaire des marchés - Beyrouth : net ralentissement de l’activité

Le dollar est resté délaissé encore cette semaine à Beyrouth en l’absence de liquidités suffisantes en livre libanaise pour l’acheter, pendant que l’offre en cette monnaie continuait à se faire rare sur fond d’inquiétudes politico-économiques et financières suscitées par les débats budgétaires à la Chambre des députés. Ce phénomène, conjugué à la contraction de la demande du billet vert à des fins non commerciales, a provoqué donc un net ralentissement de l’activité. Mais il n’en demeure pas moins, à en croire certaines sources cambistes, que des opérateurs commencent à manifester un vague intérêt pour les placements en livre libanaise sous le rapport de sa bonne rentabilité en comparaison avec celle des autres grandes monnaies, surtout après les cinq baisses successives du loyer du dollar de 6,50 % à 4,00 % depuis le début de l’année. Cela d’autant que les hauts responsables politiques, financiers et monétaires ne cessent de rassurer les détenteurs de capitaux de leur ferme attachement à la politique de stabilité monétaire menée par la Banque du Liban (BDL). Il en a ainsi résulté un équilibre précaire entre les besoins courants du marché en dollar et l’offre en cette monnaie, à des fins soit d’ajustement de certaines positions de changes ou de souscription en bons du Trésor libanais. Dans ce contexte, la BDL continuait à déterminer la tendance du marché sans pour autant être contrainte, comme auparavant, à puiser beaucoup de ses propres réserves de change pour soutenir la livre. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, celle-ci est parvenue à faire fixer le billet vert, de lundi à vendredi, au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL. Mais compte tenu de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande, les établissements de crédit ont été amenés encore une fois à le négocier effectivement au point supérieur de cette fourchette d’intervention, quoique parfois en dehors de la BDL. Toutefois, ce mouvement ne s’est guère accompagné d’activité en raison de la réticence aussi bien de la demande que de l’offre. En effet, le volume des échanges sur toute la semaine ne devait guère dépasser quelque 25 millions de dollars dont une partie placée à la vente par la BDL à 1 514,00 LL et l’autre par quelques banques de la place à ce même taux, à en croire les milieux cambistes. Semaine noire pour l’euro À l’étranger, l’euro a perdu six mois d’efforts contre le dollar cette semaine, glissant sous la barre de 0,85 dollar, affecté par une nouvelle gaffe du président de la Banque centrale européenne (BCE), Wim Duisenberg, sur l’improbabilité d’une intervention pour soutenir la monnaie unique. La détérioration des statistiques européennes a également pesé sur l’euro, alors qu’aux États-Unis, où la confiance des consommateurs et le marché de l’emploi s’améliorent, la situation paraissait moins sombre que prévu. En brisant le seuil psychologique de 0,85 dollar, dès jeudi dernier, l’euro est revenu au niveau auquel il s’échangeait il y a six mois. Il s’est échangé hier au-dessous de 0,8450 dollar par moment, bien loin du seuil de 0,96 dollar atteint début juin 2000, son plus haut niveau sur un an. De l’avis général, l’euro est retombé dans une phase de déprime, alors que les investisseurs affichent toujours leur préférence pour le billet vert, comme l’ont indiqué lundi les chiffres de la BCE sur les sorties de capitaux de la zone euro. Cette zone a enregistré en mars une sortie nette de capitaux de 36,2 milliards d’euros en termes d’investissements directs et de portefeuille, contre une sortie de 33,33 milliards d’euros au cours de la période correspondante de l’année précédente. L’amélioration constatée au mois de février, qui avait fait espérer un changement de tendance bénéfique à l’euro, semble donc n’avoir été que de courte durée. Par ailleurs, la détérioration de la conjoncture en France, où le ralentissement du chômage a marqué un arrêt en avril, a également pesé sur l’euro. Jusqu’ici, l’économie française était de celles qui se tenaient le mieux dans la zone euro. Autant dire que dans ce contexte, la nouvelle gaffe de Wim Duisenberg, qui a laissé entendre la veille lors d’une conférence de presse à Vienne que la BCE s’accommodait du niveau actuel de l’euro, a fait l’effet d’une bombe sur le marché. La monnaie unique a dévissé sous le seuil de 0,85 dollar, alors qu’elle était déjà très affaiblie par des mouvements de ventes face au yen. «Une fois de plus, Wim Duisenberg a mis les pieds dans le plat en éliminant les dernières craintes du marché sur une éventuelle intervention de la BCE pour soutenir l’euro», ont estimé les analystes de l’agence financière Currency Network. M. Duisenberg n’en est pas à sa première bévue, il avait déjà provoqué une chute de l’euro à l’automne dernier en excluant une intervention de la BCE en temps de tension au Proche-Orient, puis en novembre en estimant qu’il était encore «bien trop tôt» pour dire que l’euro était un succès. Hier, la publication de statistiques meilleures que prévu sur l’emploi aux États-Unis a exercé aussi quelques pressions sur la monnaie unique. Les opérateurs, en apprenant la baisse du taux de chômage américain à 4,4 % de la population active en mai contre 4,5 % en avril, pour la première fois depuis dix mois, ont estimé devoir maintenir leurs positions en dollar. «Le vœu le plus cher de l’euro cette semaine était que les chiffres américains soient mauvais, ce qui n’a pas été le cas. La conjoncture américaine n’est pas aussi faible que le marché le pensait, ce qui est négatif pour l’euro», a indiqué une note de la Bank of America hier. Et d’ajouter «qu’il n’y a aucune raison qui puisse apporter un peu de consolation à l’euro dans un avenir proche», estimant qu’il y a «de très fortes chances que la monnaie unique tombe jusqu’à un niveau de 0,75 ou de 0,80 dollar cette année». Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar est resté très recherché jusqu’à la fin de cette semaine, se négociant hier à New York, en comparaison avec la fin de la semaine précédente, comme suit : – 0,8470 pour un euro contre 0,8605, vendredi dernier – 1,4175 pour un sterling contre 1,4230 – 2,3090 DM contre 2,2730 – 7,7445 FF contre 7,6240 – 1,7950 FS contre 1,7745 – 2 286,05 lires contre 2 250,15 – 119,10 yens contre 120,60. Les grandes Bourses affaiblies par la haute technologie et les télécoms Sur les places boursières internationales, Wall Street a cédé à la confusion à la fin de cette semaine, tiraillée entre l’annonce plus ou moins réjouissante d’une baisse du chômage américain en mai et d’un recul inattendu de l’indice d’activité du NAPM, témoignant d’un ralentissement persistant du secteur manufacturier. Quant à la Bourse électronique Nasdaq, elle a renoué franchement avec la baisse grâce à la mauvaise tenue des valeurs de la haute technologie et des télécoms sous le poids d’un fort courant de dégagements bénéficiaires. Sur le front économique, les informations de la semaine ont été mitigées. Si l’indice de confiance des consommateurs établi par le Conference Board a progressé de 109,90 points en avril à 115,50 points le mois dernier et le taux de chômage a diminué de 4,5 % à 4,4 %, la rechute de l’indice des directeurs d’achats américains (NAPM) de 43,2 points à 42,1 points pendant la même période a été mal perçue dans les salles de marché. Ce développement a laissé croire aux opérateurs que l’économie américaine n’est pas encore sortie de l’ornière, malgré les cinq baisses des taux de 6,50 % à 4,00 % par la Réserve fédérale (Fed) depuis le début de l’année, et la légère amélioration de la confiance des consommateurs et des chiffres de l’emploi. Parmi les titres qui ont fait l’actualité cette semaine, on a noté les biotechnologiques, les pharmaceutiques ainsi que les valeurs de l’or et les fabricants d’ordinateurs. Il en est de même du secteur de l’automobile avec Ford après que Firestone eut demandé l’ouverture d’une enquête sur les qualités routières de ses véhicules Explorer en raison du différend entre les deux groupes sur les pneus défectueux. Dans ce contexte, l’indice composite Nasdaq est tombé de 2 251,03 points à la fin de la semaine dernière à 2 145,43 points en préclôture hier, à 23h heure de Beyrouth, soit en baisse de 4,69 %, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles réduisait ses pertes de la semaine à 0,1 % en affichant 10 994,31 points contre 11 005,37 points pendant la même période. Pour ce qui est des Bourses européennes, leur tendance était également à la baisse au terme d’une semaine morose qui a vu les investisseurs bouder les valeurs technologiques en raison des mauvaises nouvelles en provenance de ce secteur aux États-Unis. De fait, les nouveaux nuages qui se sont accumulés sur les valeurs technologiques ont fait souffrir tous les marchés boursiers mondiaux cette semaine qui a été marquée par un retour à la volatilité et des avertissements sur les résultats des groupes technologiques et des communications. Cela étant, l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris a été le grand perdant en Europe en abandonnant d’une huitaine à l’autre 2,67 % à 5 432,71 points à la fin de cette semaine contre 5 581,94 points à la fin de la semaine dernière. Il a été suivi par l’indice ExtraDax de la Bourse de Francfort qui a cédé 1,58 % à 6 125,17 points contre 6 223,57 points et par l’indice Footsie de la Bourse de Londres qui a perdu 1,36 % à 5 809,60 points contre 5 889,80 points pendant la même période. Enfin, la Bourse de Tokyo est restée sous de fortes pressions cette semaine surtout après le renforcement du yen et l’expiration de contrats à terme et sur options qui ont pesé sur l’humeur des investisseurs. En effet, l’indice Nikkei 225 a perdu sur la semaine 3,66 % à 13 264,84 points hier en clôture, contre 13 765,92 points vendredi dernier.
Le dollar est resté délaissé encore cette semaine à Beyrouth en l’absence de liquidités suffisantes en livre libanaise pour l’acheter, pendant que l’offre en cette monnaie continuait à se faire rare sur fond d’inquiétudes politico-économiques et financières suscitées par les débats budgétaires à la Chambre des députés. Ce phénomène, conjugué à la contraction de la demande du billet vert à des fins non commerciales, a provoqué donc un net ralentissement de l’activité. Mais il n’en demeure pas moins, à en croire certaines sources cambistes, que des opérateurs commencent à manifester un vague intérêt pour les placements en livre libanaise sous le rapport de sa bonne rentabilité en comparaison avec celle des autres grandes monnaies, surtout après les cinq baisses successives du loyer du dollar de 6,50...