Les ministres du Commerce de l’UE et de leurs 12 partenaires méditerranéens de l’Euromed, réunis mardi à Bruxelles, ont convenu de relancer le volet économique et commercial du processus de Barcelone, et qu’il fallait éviter un nouvel échec lors de la conférence de l’OMC à l’automne prochain à Doha (Qatar). Évoquant la nécessité de «dynamiser les échanges» entre les Quinze et les pays méditerranéens, Pascal Lamy, commissaire européen au Commerce, a souligné que l’ensemble de la région «n’était pas suffisamment intégrée ni interpénétrée, notamment en raison d’absence de normes communes». Les investisseurs boudent ces pays et cela tient «à des considérations géographique et politique». «Les marchés des pays de l’Euromed n’ont souvent pas la taille, la profondeur et la stabilité nécessaires pour attirer les investisseurs», a-t-il ajouté. Les investissements des Quinze dans les pays méditerranéens du partenariat Euromed représentent environ 7 milliards d’euros par an et pourraient facilement représenter le double, selon un expert européen. La réunion de Bruxelles, la première du genre depuis le lancement du partenariat en 1995, devait jeter les bases d’un travail de fond pour améliorer les échanges commerciaux entre les deux rives de la Méditerranée. Les ministres du Commerce ont donc convenu de créer différents groupes de travail et de se réunir chaque année. «Le commerce entre nos régions est encore limité», a souligné le ministre suédois Leif Pagrotsky, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne. «Les importations européennes venant des pays méditerranéens sont inférieures à 0,5 % de notre PIB, mais représentent plus de la moitié des exportations de ces pays», a-t-il dit. Le ministre tunisien, Tahar Sioud, qui s’est voulu «la voix des pays du sud et un peu de l’est de la Méditerranée», a souligné que le commerce a été «le parent pauvre» du processus de Barcelone et que «ce retard est en train d’être rattrapé». Le processus de Barcelone, signé en 1995 par l’UE avec l’Algérie, l’Autorité palestinienne, Chypre, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, Malte, le Maroc, la Syrie, la Tunisie et la Turquie, avait trois grands objectifs : la définition d’un espace commun de paix et de stabilité, la construction d’une zone de prospérité partagée et l’instauration progressive d’une zone de libre-échange d’ici à 2010. S’y ajoute un volet social, culturel et humain, résumé par la notion de rapprochement entre les peuples. Les ministres du Commerce réunis à Bruxelles ont en outre convenu qu’il fallait éviter un échec lors de la conférence de l’OMC de Doha. Les prochaines négociations commerciales multilatérales «doivent être fondées sur le consensus et viser une libéralisation mutuellement avantageuse des échanges», selon les conclusions publiées à l’issue de cette réunion. Ces futures négociations devront en outre «conduire à développer et renforcer les règles et disciplines de l’OMC», précisent les conclusions. L’UE recherche actuellement à élargir le nombre de pays soutenant l’idée d’un nouveau round de négociations. Les États-Unis, longtemps hésitants à l’idée d’un nouveau cycle depuis l’échec de la conférence de Seattle, se sont récemment prononcés en faveur d’un «ordre du jour concentré» lors d’un éventuel prochain round.
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