Un responsable du parti Baas au pouvoir à Bagdad a affirmé samedi que son pays rejetait les sanctions «intelligentes» préconisées par Washington et mis en garde les voisins de l’Irak qui aideraient à les mettre en œuvre. «L’Irak rejette toute nouvelle résolution, qu’elle porte ou pas sur des sanctions intelligentes, et insiste sur son droit d’obtenir une levée totale de l’embargo sans nouveaux engagements», a déclaré le responsable, Saad Kassem Hammoudi. Selon lui, si les pays voisins de l’Irak approuvent ces sanctions cela revient «à empêcher l’Irak d’obtenir ce qu’il mérite après avoir appliqué tous ses engagements». Il a estimé que les voisins de l’Irak «doivent être vigilants et ne pas tomber dans ce piège américain» car dans le cas contraire, «la riposte irakienne sera immédiate», a-t-il ajouté. Les États-Unis ont présenté mardi aux quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité un projet sur un nouveau régime de sanctions, dites «intelligentes», contre l’Irak visant selon eux à alléger les effets de l’embargo, en vigueur depuis 1990, sur la population irakienne et maintenir un strict contrôle sur tous les biens à caractère militaire, selon des diplomates à l’Onu. Selon ces diplomates, le projet américain cherche également à mettre fin à la contrebande de pétrole entre l’Irak et ses voisins jordanien, turc, iranien et syrien dont les revenus échappent à l’Onu et alimentent directement les caisses de Bagdad. Pour rendre ces transactions transparentes, une des idées américaines consiste à créer dans chacun de ces pays des comptes-sequestres qui financeraient leurs échanges avec l’Irak. Selon M. Hammoudi, «le projet des sanctions intelligentes est une dérobade aux engagements du Conseil de sécurité qui doit appliquer la résolution 687», laquelle prévoit la levée de l’embargo quand l’Irak sera débarrassé de ses armes prohibées, une condition que Bagdad affirme avoir remplie. «À chaque fois qu’il est temps de lever l’embargo, on commence à parler de nouvelles résolutions contraires à la charte de l’Onu et qui visent à imposer à l’Irak de nouvelles conditions afin de perpétuer l’embargo», a ajouté M. Hammoudi. Selon des sources diplomatiques à l’Onu, le projet américain, appuyé par la Grande-Bretagne, pourrait être adopté par le Conseil avant le 3 juin, date à laquelle la phase de six mois du programme pétrole contre nourriture arrive à expiration. Le programme permet à l’Irak d’exporter du brut, sous la supervision de l’Onu, pour acheter des produits de première nécessité. Selon un diplomate occidental à Bagdad, le dossier irakien est dans une phase «hautement importante» en raison de «l’action diplomatique américaine et la position intransigeante de l’Irak». «Les Américains cherchent à imposer de nouvelles sanctions à l’Irak par le biais de ses voisins, ce qui exposera ces pays à des lourdes pertes économiques», a déclaré le diplomate. Selon lui, la position de la Jordanie est de la Turquie «est particulièrement difficile». «Ces deux pays reçoivent une aide militaire américaine et jouissent en même temps d’un traitement économique préférentiel de la part de l’Irak», a-t-il noté. L’Irak, par la voix de son vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz, avait menacé le 14 mai d’arrêter ses livraisons de brut à destination de la Turquie et de la Jordanie si ces deux pays coopèrent avec le régime de sanctions «intelligentes».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un responsable du parti Baas au pouvoir à Bagdad a affirmé samedi que son pays rejetait les sanctions «intelligentes» préconisées par Washington et mis en garde les voisins de l’Irak qui aideraient à les mettre en œuvre. «L’Irak rejette toute nouvelle résolution, qu’elle porte ou pas sur des sanctions intelligentes, et insiste sur son droit d’obtenir une levée totale de l’embargo sans nouveaux engagements», a déclaré le responsable, Saad Kassem Hammoudi. Selon lui, si les pays voisins de l’Irak approuvent ces sanctions cela revient «à empêcher l’Irak d’obtenir ce qu’il mérite après avoir appliqué tous ses engagements». Il a estimé que les voisins de l’Irak «doivent être vigilants et ne pas tomber dans ce piège américain» car dans le cas contraire, «la riposte irakienne sera immédiate»,...