Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

L’« oligarque » Berezovski courtise les défenseurs des droits de l’homme

L’«oligarque» russe Boris Berezovski cherche à se défaire de sa réputation d’homme d’affaires sulfureux en finançant des organisations de la société civile, une volte-face qui sème la controverse parmi les défenseurs des droits de l’homme. M. Berezovski, 55 ans, a annoncé vendredi depuis la France qu’il allait distribuer 25 millions de dollars à 163 organisations de la société civile qui recevront chacune jusqu’à 15 000 dollars par an pendant les quatre prochaines années. L’homme d’affaires, proche du Kremlin sous Boris Éltsine, a du même coup annoncé son intention de créer «une véritable opposition» politique au président Vladimir Poutine qu’il accuse de porter atteinte aux libertés civiques. Les projets financés par la Fondation pour les libertés civiques que M. Berezovski a créée en novembre dernier, alors qu’il n’avait jamais manifesté d’intérêt pour la défense des droits de l’homme auparavant, vont de la défense de la liberté de la presse à celle des droits des prisonniers en passant par la protection de l’environnement. «Le fait qu’un “ oligarque ” vienne en aide à des organisations humanitaires ne me pose aucun problème. C’est même très positif pour la société russe», a déclaré le président de la Fondation Glasnost Alexeï Simonov, qui a participé à la sélection des organisations. En novembre dernier, M. Berezovski avait fait un geste symbolique en sauvant de la fermeture, grâce à un don de 3 millions de dollars, le Musée Andreï Sakharov à Moscou. Critiquée par certains pour avoir accepté un tel cadeau, la veuve du prix Nobel de la paix, Elena Bonner, avait répondu qu’aucun autre homme d’affaires ne s’était manifesté pour venir en aide au Musée. «Peut-on moralement ou non accepter l’argent d’un oligarque soupçonné d’être impliqué dans des affaires troubles ? C’est la question qui nous divise actuellement», explique le défenseur des droits de l’homme Lev Levinson. «Ceux qui acceptent l’offre de Berezovski ne comprennent pas que la publicité que l’homme d’affaires se fait sur leur dos leur sera en fin de compte dommageable», estime pour sa part Oleg Orlov, président du groupe de défense des droits de l’homme Memorial. «Memorial n’a pas l’intention d’accepter de l’argent de M. Berezovski pour la simple raison que celui-ci cherche à jouer un rôle politique à travers un engagement humanitaire», a-t-il ajouté. M. Berezovski fait partie de cette poignée d’«oligarques» qui ont acquis leur immense fortune à la faveur de privatisations souvent douteuses sous l’ex-président Boris Éltsine. Mis en cause dans une affaire de fraude au sein de la compagnie d’aviation Aeroflot, il s’est volontairement exilé de Russie par peur d’être arrêté. «Ce n’est pas l’origine obscure de sa fortune (Berezovski) qui me gêne, mais l’absence de scrupules d’un homme qui s’est maintes fois vanté d’avoir fait élire Poutine», estime de son côté le député libéral et défenseur des droits de l’homme Sergueï Kovalev. Ancienne éminence grise du Kremlin qui possède quotidiens, hebdomadaires et télévision, M. Berezovski avait ouvertement soutenu l’élection de Vladimir Poutine à la présidence en mars 2000 avant de passer dans l’opposition après que Poutine eut déclaré la guerre aux «oligarques» dont il voulait réduire l’influence. Sa chaîne de télévision TV-6 a notamment accueilli en avril des journalistes dissidents de la télévision NTV, passée sous le contrôle d’une équipe pro-Kremlin. Il s’agit d’un revirement spectaculaire : lors des législatives de 1999, sa chaîne ORT, dont il a récemment vendu ses parts, s’était acharnée sur la coalition de l’ex-Premier ministre Evgueni Primakov et du maire de Moscou Iouri Loujkov, qui avait subi un échec cinglant face au parti pro-Kremlin Unité.
L’«oligarque» russe Boris Berezovski cherche à se défaire de sa réputation d’homme d’affaires sulfureux en finançant des organisations de la société civile, une volte-face qui sème la controverse parmi les défenseurs des droits de l’homme. M. Berezovski, 55 ans, a annoncé vendredi depuis la France qu’il allait distribuer 25 millions de dollars à 163 organisations de la société civile qui recevront chacune jusqu’à 15 000 dollars par an pendant les quatre prochaines années. L’homme d’affaires, proche du Kremlin sous Boris Éltsine, a du même coup annoncé son intention de créer «une véritable opposition» politique au président Vladimir Poutine qu’il accuse de porter atteinte aux libertés civiques. Les projets financés par la Fondation pour les libertés civiques que M. Berezovski a créée en...