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Actualités - Conferences Et Seminaires

7e art - La femme et le cinéma arabe

L’image de la femme dans le cinéma arabe est le titre d’une conférence donnée par Viola Shafiq, metteur en scène égyptienne qui a donné le coup d’envoi du Festival du film qui se déroule à la LAU jusqu’au 10 mai. Viola Shafiq est née en Allemagne en 1961. Metteur en scène, elle enseigne à l’Université américaine du Caire. Elle est auteur de plusieurs études sur le cinéma et d’un ouvrage intitulé Cinéma arabe : histoire et identité culturelle, AUC Press, 1998. Est-ce que le fait d’être une femme affecte la manière dont elle traite les sujets dans ses films ? «Oui, parce que je raconte mes histoires du point de vue d’une femme. Je parle de la condition de la femme. Je m’y intéresse». Est-ce qu’elle croit en l’existence d’un cinéma de femmes ayant des caractéristiques distinctes. «Pas d’une manière formelle. Mais sur le plan thématique, oui. Je ne développe pas un langage cinématographique féminin mais je choisis des thèmes liés à la femme». Et de poursuivre : «En dépit d’une longue tradition, le mélodrame est presque inexistant aujourd’hui des grands écrans du monde arabe. Mais même lorsque ce genre battait son plein, les femmes, supposées en être les protagonistes, étaient sous-représentées. Leurs problèmes et les circonstances de leurs vies ont été marginalisées. Le grand écran a été le véhicule d’images stéréotypées». Ces stéréotypes convoient les dichotomies suivantes : la femme putain versus la femme vierge d’une part et la femme passive versus l’homme actif. «Dans certains films de guerre qui appartiennent à la catégorie de “libération nationale”, l’image de la femme devient une allégorie de la patrie. La femme violée est symbole de la terre profanée. Mais les rôles que tiennent les actrices dans ces films sont marginalisés. Elles sont les épouses, les sœurs des héros». «Quand, plus tard, certains films dénoncent l’oppression de la femme, ce sujet se présente dans le cadre d’un agenda plus large, celui de la libération de la patrie» note-t-elle. Viola Shafiq estime que la femme arabe n’a pas réussi à dépasser les valeurs désuètes dans certaines des œuvres artistiques. De même, elle considère que les hommes n’ont pas abandonné leur volonté d’influencer les femmes et de les soumettre, d’où le fossé qui existe entre le discours féministe et ses ambitions, d’une part, et la réalité du langage cinématographique de la femme, d’autre part. Elle appelle, par ailleurs, à élargir le champ du dialogue et du discours critique sur la problématique du cinéma au féminin. En conclusion, elle souligne que le cinéma arabe, tel qu’il se pratique aujourd’hui, est loin de répondre aux aspirations de la femme et de l’homme.
L’image de la femme dans le cinéma arabe est le titre d’une conférence donnée par Viola Shafiq, metteur en scène égyptienne qui a donné le coup d’envoi du Festival du film qui se déroule à la LAU jusqu’au 10 mai. Viola Shafiq est née en Allemagne en 1961. Metteur en scène, elle enseigne à l’Université américaine du Caire. Elle est auteur de plusieurs études sur le cinéma et d’un ouvrage intitulé Cinéma arabe : histoire et identité culturelle, AUC Press, 1998. Est-ce que le fait d’être une femme affecte la manière dont elle traite les sujets dans ses films ? «Oui, parce que je raconte mes histoires du point de vue d’une femme. Je parle de la condition de la femme. Je m’y intéresse». Est-ce qu’elle croit en l’existence d’un cinéma de femmes ayant des caractéristiques distinctes. «Pas...