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Actualités - Chronologies

Ancien allié, l’UCK est devenue - un casse-tête pour Washington

Deux ans après la guerre de l’Otan au Kosovo, la guérilla albanaise place Washington dans l’embarras, passant du statut d’allié objectif contre Belgrade à celui de mouvement extrémiste responsable des troubles actuels dans les Balkans. Le regain d’activité de cette guérilla dans le Sud de la Serbie et le Nord de la Macédoine survient à un très mauvais moment pour la nouvelle Administration, avivant les tensions entre partisans et adversaires d’un retrait militaire américain de cette région. «En enlevant le Kosovo au contrôle de Belgrade, les États-Unis et leurs alliés de l’Otan ont donné aux nationalistes albanais une base à partir de laquelle ils peuvent fomenter des troubles au-delà de la frontière», estime Ted Carpenter, spécialiste de politique étrangère au Cato Institute, un centre de recherche conservateur de Washington. Dans une analyse, qui reflète les vues des partisans d’un retrait des Balkans, très actifs au sein du Parti républicain du président George W. Bush, il accuse notamment la précédente Administration d’avoir «fermé les yeux sur la vraie nature» de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), qui a combattu contre les forces de Belgrade. Après une démobilisation en trompe-l’œil, les anciens de l’UCK – qu’il qualifie de «nationalistes fanatiques, communistes impénitents et criminels de droit commun» – poursuivent aujourd’hui leur projet d’une «Grande Albanie» réunissant le Kosovo, l’Albanie et des territoires serbes, macédoniens, monténégrins et grecs, assure-t-il. Cette étude a provoqué une réaction agacée du département d’État, soucieux de préserver la présence militaire américaine au Kosovo (environ 6 000 hommes) par solidarité avec l’Otan. «Nous n’avons pas plus d’intérêt pour une “Grande Albanie” que pour une “Grande Serbie” ou un “Grand n’importe quoi”», a répliqué le porte-parole adjoint du département d’État, Philip Reeker. Bienveillance américaine La bienveillance américaine envers l’UCK remonte aux négociations sur le Kosovo de Rambouillet (France) en février 1999 et à la guerre de l’Otan dans les mois qui ont suivi contre les forces de Belgrade. «Nous avons eu des contacts avec des gens de l’UCK durant la guerre, nous leur avons parlé et obtenu des informations de leur part», a affirmé un haut responsable du département d’État, en assurant toutefois avec insistance : «Nous ne leur avons jamais fourni d’assistance, de fonds ou d’armes». «Nous savions que l’UCK était composée de toutes sortes de gens. Certains voulaient juste défendre leurs villages, mais d’autres étaient de mauvais personnages, des extrémistes qui sont probablement engagés dans ce qui se passe aujourd’hui en Serbie et en Macédoine», reconnaît-il sous couvert d’anonymat. Des liens personnels avaient été tissés à l’époque entre James Rubin, porte-parole et conseiller de l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright, et le chef de l’UCK Hashim Thaçi. Reconverti sous l’étiquette plus politique de chef du Parti démocratique du Kosovo (PDK), l’ancien chef de la guérilla reste un interlocuteur, certes moins fréquent, de Washington. Il a notamment rencontré, avec d’autres responsables kosovars, le nouveau secrétaire d’État Colin Powell lors d’une visite en Macédoine en avril. L’UCK a été pressée de se reconvertir en une force de police ou de retourner à la vie civile lors de la mise du Kosovo sous administration internationale en 1999, mais le succès n’est pas total, reconnaît-on à Washington. L’UCK en tant que telle a été démantelée, mais «certains ont pris le maquis et on les retrouve dans les mouvements nationalistes albanais en Serbie et en Macédoine», affirme ce responsable américain. Interrogé pour savoir si Washington utilise encore ses anciens contacts pour inciter ces derniers à la modération, il préfère rester allusif. «Nous mettons à profit toute forme d’influence que nous pouvons avoir avec qui que ce soit», indique-t-il.
Deux ans après la guerre de l’Otan au Kosovo, la guérilla albanaise place Washington dans l’embarras, passant du statut d’allié objectif contre Belgrade à celui de mouvement extrémiste responsable des troubles actuels dans les Balkans. Le regain d’activité de cette guérilla dans le Sud de la Serbie et le Nord de la Macédoine survient à un très mauvais moment pour la nouvelle Administration, avivant les tensions entre partisans et adversaires d’un retrait militaire américain de cette région. «En enlevant le Kosovo au contrôle de Belgrade, les États-Unis et leurs alliés de l’Otan ont donné aux nationalistes albanais une base à partir de laquelle ils peuvent fomenter des troubles au-delà de la frontière», estime Ted Carpenter, spécialiste de politique étrangère au Cato Institute, un centre de recherche...