Le chef de l’État égyptien Hosni Moubarak recevra successivement, samedi et dimanche, le président palestinien Yasser Arafat et le roi Abdallah II de Jordanie pour des entretiens centrés sur le plan égypto-jordanien de relance des négociations israélo-palestiniennes. M. Arafat, qui a lancé jeudi un appel solennel au Premier ministre israélien Ariel Sharon pour la relance du processus de paix, est attendu vendredi soir au Caire. Il s’entretiendra aussitôt avec le ministre égyptien des Affaires étrangères Amr Moussa, avant de se rendre samedi matin à Charm el-Cheikh (est), pour rencontrer M. Moubarak. Le plan égypto-jordanien prévoit des arrangements pour un arrêt de la violence, des mesures de confiance, dont un gel de la colonisation juive, et la relance des négociations pour parvenir à un accord sur le statut définitif des territoires palestiniens dans un délai d’un an. Ce plan avait fait l’objet de discussions entre le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres et les responsables égyptiens et jordaniens lors de ses visites au Caire et à Amman le 29 avril. «M. Peres nous a informés des amendements qu’Israël veut apporter au plan et nous lui avons indiqué que nous donnerions notre réponse après des consultations avec» les dirigeants palestiniens et jordaniens, a déclaré un diplomate égyptien qui a requis l’anonymat. «Israël refuse notamment de s’engager sur un arrêt de l’extension des colonies existantes et à la date butoir d’un an pour achever les négociations sur le statut définitif», a indiqué le diplomate égyptien. «Sur ce dernier point, la position israélienne est incohérente», a-t-il estimé, soulignant que «le plan égypto-jordanien reprenait le délai fixé par l’accord de Charm el-Cheikh (de septembre 1999) que les responsables israéliens se déclarent prêts à respecter». Le plan égypto-jordanien est aujourd’hui «la seule initiative sur la table et les États-Unis le soutiennent», a noté ce diplomate. Le secrétaire d’État américain Colin Powell a affirmé mercredi que M. Peres avait «étudié des idées avec des interlocuteurs égyptiens, jordaniens et palestiniens», mais que «l’on ne pouvait pas aller dans cette direction tant que l’on ne voyait pas la violence diminuer et l’activité économique reprendre entre les deux parties». Les responsables égyptiens et jordaniens, tout en poursuivant leurs efforts pour contenir le conflit israélo-palestinien, émettent des doutes sur la sincérité du Premier ministre israélien dans la recherche de la paix. La politique israélienne «a perdu sa crédibilité en raison de la contradiction» entre les positions de M. Sharon et M. Peres, a déclaré jeudi Amr Moussa. M. Sharon a accusé jeudi M. Arafat d’avoir pris une «décision stratégique» de poursuivre les violences, déclaration destinée, selon une source proche de la présidence du Conseil à Jérusalem, à corriger l’effet produit par les propos de M. Peres qui avait assuré mardi à Washington que le président palestinien restait un partenaire pour la paix. Devant cette politique israélienne «à deux faces, les Arabes doivent avoir une seule position unifiée et claire et c’est ce que nous tentons de réaliser», a dit M. Moussa. Pour sa part, le roi Abdallah II, attendu dimanche à Charm el-Cheikh, a mis en garde jeudi contre «une crise généralisée» dans la région «si on continue à opposer la violence à la violence, en tentant de tromper l’autre, en lui faisant croire qu’on va trouver une solution».
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