Les ministres des pays non alignés réunis à Pretoria pour discuter du Proche-Orient ont apporté dans un communiqué rendu public vendredi leur soutien au plan jordano-égyptien visant à réactiver le processus de paix dans la région. Appelant à «revigorer» le processus de paix, les pays non alignés ont demandé à tous les participants au processus de paix de «soutenir les accords israélo-palestiniens existants» et d’«accroître leur engagement en faveur de la conclusion rapide d’un accord final». «Les ministres ont exprimé leur soutien à l’initiative jordano-égyptienne (...) et se sont réjouis de l’engagement et du soutien exprimé par le président (Yasser) Arafat à cette initiative», souligne le communiqué des ministres. En présentant aux journalistes les conclusions de la réunion de jeudi, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma, a déclaré : «Il n’y a pas de raccourcis. Il est très important que l’on recommence à parler». La réunion des pays non alignés s’était tenue à la demande urgente de Yasser Arafat, le président de l’Autorité palestinienne face à la détérioration de la situation dans les territoires occupés. Dix-huit pays étaient représentés à Pretoria dont sept pays membres du Conseil de sécurité de l’Onu : Bangladesh, Colombie, Jamaïque, Mali, Maurice, Singapour et Tunisie. Outre l’Afrique du Sud et la Palestine, étaient aussi présents : Algérie, Cuba, Inde, Indonésie, Sénégal, Zambie et Zimbabwe. L’Égypte et la Jordanie avaient également été invités en raison de leur récente initiative de paix. La Jordanie et l’Égypte, seuls pays arabes signataires de la paix avec Israël, ont proposé à Israël et aux Palestiniens un plan visant à parvenir à un arrêt des violences afin de les ramener à la table des négociations. Le plan prévoit une série de mesures dont un retrait des troupes israéliennes jusqu’aux positions qu’elles occupaient en septembre 2000 avant le début de l’intifada (soulèvement palestinien), le gel de la construction des colonies et la reprise de la coopération sécuritaire entre les deux parties. «Nous allons maintenant continuer à parler à toutes les parties pour voir ce que nous pouvons faire pour débloquer la situation», a dit Mme Dlamini-Zuma. La ministre sud-africaine a indiqué que la réunion n’avait pas pris de décision spécifique sur la manière dont le processus de paix au Proche-Orient devait avancer. Mais elle a souligné que les ministres des pays non alignés avaient donné au président sud-africain Thabo Mbeki un large mandat, en sa qualité de président en exercice du mouvement. «Le président (Mbeki) sera, et est déjà, en contact avec toutes les parties prenantes, y compris Israël», a dit Mme Dlamini-Zuma. La réunion des pays non alignés sur le Proche-Orient avait été marquée par l’appel solennel de Yasser Arafat au Premier ministre israélien Ariel Sharon pour une relance du processus de paix. «Je voudrais dire à M. Sharon : mon engagement est pour la paix et la stabilité pour vos enfants et mes enfants dans la région du Moyen-Orient», avait lancé le président de l’Autorité palestinienne. Après un banquet offert par Thabo Mbeki, Yasser Arafat avait quitté Pretoria jeudi soir pour se rendre à Harare où il a été accueilli par le président zimbabwéen Robert Mugabe. Le dirigeant palestinien est attendu vendredi soir en Égypte où il doit s’entretenir samedi avec le chef de l’État égyptien Hosni Moubarak. De son côté, le président français Jacques Chirac et l’émir de Bahreïn Hamad ben Issa al-Khalifa ont insisté vendredi sur la nécessité d’une «désescalade» au Proche-Orient, estimant que l’initiative égypto-jordanienne constituait à cet égard «une bonne entrée en matière». «Nous souhaitons associer nos efforts pour trouver une solution qui soit juste et équitable et qui suppose d’abord la désescalade, le retour à la table de négociations», a déclaré Jacques Chirac devant la presse à l’issue d’un entretien avec l’émir. «De ce point de vue, nous pensons que le plan jordano-égyptien est une bonne entrée en matière et nous souhaitons qu’à partir de la mise en œuvre de ce plan, on puisse retrouver des relations de discussion normales, permettant d’abord de garantir la sécurité de part et d’autre, et ensuite de retrouver la capacité de négocier un accord de paix qui soit juste et équitable». Dans une déclaration qu’il a lue en arabe devant les caméras, cheikh Hamad a souligné que la France et le Bahreïn étaient «d’accord quant à l’importance d’une reprise des négociations entre toutes les parties concernées, de façon à parvenir à une paix juste, globale et permanente, fondée sur les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu».
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