Tout pays ou toute région francophone (Congo, Tchad, Mali, Niger, Rwanda, Liban, Québec, Vietnam ...) souffre d’un problème d’identité vis-à-vis de son peuple et de la «Mère patrie» ... Guerres civiles, conflits intercommunautaires... C’est dans certains cas l’apport culturel imposé par l’ex-pays colonisateur qui crée certaines scissions qui diviseront plus tard le territoire mandaté ou colonisé. «Nos colonies ? S’attrister quand on en parle», écrivait Flaubert.La France a établi un système politico-culturel réunissant un ensemble de pays qui ont été sous son «hégémonie» à un certain moment dans l’histoire. La nature des relations entre la «Mère patrie» et ces peuples est humaniste, sous-tendue d’un message culturel. Elle entend ainsi offrir une aide à ces pays-là : la France offre sa langue. Beaucoup de francophones n’ont pas encore éprouvé une quiétude d’âme concernant le sort de leur identité et l’enracinement de leur présence dans le milieu dans lequel ils ont été depuis leur naissance. Tout francophone est parfois rejeté dans son pays parce qu’il est jugé intrus. Le francophone, comme l’anglophone, est le produit d’une décolonisation ; amateur d’une langue et d’un mode de vie issus d’un système que jadis ses ancêtres, décolonisateurs eux, ont combattu. Roland Barthes l’a souligné dans ses Mythologies : «C’est aujourd’hui le colonisé qui assume pleinement la condition éthique et politique décrite par Marx comme condition du prolétaire» ... Quand la France a administré provisoirement un pays ou un territoire pour l’assister, on a vite remarqué le développement d’une haine de la part du mandaté vis-à-vis de l’assistant. «On peut se débrouiller seuls», criait-on. Mais la parole n’est pas au peuple, elle est entre les mains de responsables politiques qui éprouvent une sympathie envers cette grande puissance qui va les aider à sortir d’un trou qu’ils ont eux-mêmes creusé. Une fois la liberté (ou l’indépendance) acquise, on peut alors parler de «néo-colonialisme». D’autre part, tout francophone a pour ambition de fouler les pavés des Champs-Élysées, de photographier la tour Eiffel... Fan de Question pour un champion», il adore «TV5» et se fond dans la masse de quelque millions de téléspectateurs francophones. Il rompt ainsi avec les chaînes de télévision nationales et se croit déjà en «Europe Unie». Le francophone s’abonne à Paris Match et se régale en scrutant les potins de Voici. Il se vante quand il raconte à ses collègues qu’il a tout compris du Hussard sur le toit et qu’il a regardé 7 fois en DVD «Le père Noël est une ordure». Ainsi, on est témoin de phénomènes de propagande et de sublimation des vrais problèmes que la francophonie pourrait résoudre. Dialogue des cultures Comme les États-Unis dans les années 50, la France opère aujourd’hui un vol indirect des jeunes cerveaux un peu partout au sein de l’espace francophone. Au Moyen-Orient, les jeunes personnes qui ont étudié la langue française (Lingua Gallica) à l’école émigrent rapidement vers les universités françaises, d’autres voyagent pour se trouver de petits boulots. Certains ont du mal à s’intégrer, comme certains jeunes Maghrébins ou Algériens, qui se voient à 20 ans en train de «dealer» dans les halles ou de gérer un restaurant de sandwichs grecs à Barbès. Sans compter la hausse du taux des délits criminels en tout genre, parce que d’un côté comme de l’autre on n’a pas encore appris que pour initier un dialogue, il ne faut pas mépriser la culture de l’autre. On dit que le principal détonateur de ce dialogue sont les médias et certains arts – cinéma, théâtre, musique, littérature – mais ils ne peuvent pas maintenir à eux seuls l’harmonie de la France avec les pays francophones. En ce qui concerne l’Internet, «grand espoir de réunification», 70 % des hommes ne possèdent pas encore les technologies requises et un nombre croissant des foyers sur terre ne savent pas utiliser l’ordinateur ou se connecter à la toile du réseau mondial. Le problème n’est pas seulement là, il faudrait que toutes les parties se sentent impliquées, concernées, qu’une pensée devienne collective, et que le dialogue ne reste pas l’exclusivité d’une élite souvent un peu renfermée et déconnectée des réalités. Pour que «Francophonie» ne devienne pas «francophobie»...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Tout pays ou toute région francophone (Congo, Tchad, Mali, Niger, Rwanda, Liban, Québec, Vietnam ...) souffre d’un problème d’identité vis-à-vis de son peuple et de la «Mère patrie» ... Guerres civiles, conflits intercommunautaires... C’est dans certains cas l’apport culturel imposé par l’ex-pays colonisateur qui crée certaines scissions qui diviseront plus tard le territoire mandaté ou colonisé. «Nos colonies ? S’attrister quand on en parle», écrivait Flaubert.La France a établi un système politico-culturel réunissant un ensemble de pays qui ont été sous son «hégémonie» à un certain moment dans l’histoire. La nature des relations entre la «Mère patrie» et ces peuples est humaniste, sous-tendue d’un message culturel. Elle entend ainsi offrir une aide à ces pays-là : la France offre sa langue....