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Actualités - Book Reviews

VIENT DE PARAITRE - Souvenirs d’Espagne et d’Andalousie de Nizar Kabbani

Pour le grand amoureux du verbe arabe, pour le poète du Barada, pour l’Oriental qui a bravé les foudres des conservateurs pour avoir porté la femme sur un pavois, pour Nizar Kabbani (c’est bien de lui qu’il s’agit) qui a donné un souffle régénérateur au Parnasse arabe, l’Espagne et l’Andalousie sont sans nul doute une source d’inspiration inépuisable et s’érigent comme une évidente complicité pour une civilisation millénaire dont il n’ignorait guère ni l’origine ni les connivences avec sa propre appartenance et encore moins ses précieuses et innombrables richesses. Aujourd’hui dans les devantures des librairies on croise un ouvrage aux propos singuliers et éclairants où Nizar Kabbani est «revisité» à travers sa propre correspondance. Dix-sept longues lettres manuscrites, admirablement rédigées et coulées dans une calligraphie claire et serrée comme un rang de perles. Lettres qui s’adressent à Salma al-Haffar al-Kouzbari ainsi qu’à sa famille auxquelles le poète était lié par une chaleureuse et respectueuse amitié. Commentaire et préface de Salma Haffar al-Kouzbari, éminente femme de lettres, essayiste et romancière, qui présente avec finesse et pertinence ces longues années de découvertes et d’accumulation de connaissances où l’Espagne révélait beauté et richesse culturelles communes avec Damas, capitale de la grandeur et des trésors architecturaux omeyyades. «Zoukrayat espaniya wa andalousia maa Nizar Kabbani wa rassaelehi» (Souvenirs d’Espagne et d’Andalousie avec Nizar Kabbani et sa correspondance) par Salma al-Haffar al-Kouzbari (Dar An-Nahar – 120 pages) retrace ces moments heureux et de grande curiosité culturelle et esthétique ; moments où le poète, en même temps fin diplomate, sillonnait pendant plus de 21 ans la planète, se déplacant entre Londres, Le Caire, Pékin et Madrid. Confidence donc d’un homme sensible, à la plume alerte et d’une belle érudition. Dans ces lettres, chargées d’émotion, toute la charge esthétique provoquée par la majesté, la grandeur et la beauté des lieux. Toujours vivant dans la mémoire de milliers de lecteurs, voix à l’incroyable tendresse pour parler des battements du cœur et de la femme, conscience vivante du monde arabe après sa défaite de juin, Nizar Kabbani est surpris ici, non en «état» de poésie mais en homme de culture (un peu à la Malraux) s’entretenant, en toute simplicité mais aussi profondeur, aux Kouzbari à une époque où l’époux de la préfacière, Nader Kouzbari, était ambassadeur de la Syrie en Espagne. Sans oublier que l’auteur de Kalat li al sammraa faisait aussi partie du monde diplomatique. Terrain fertile pour un livre original qui révèle un pan de la personnalité de l’Eluard d’Orient et où les rapprochements, les observations, les annotations, les interrogations et les analyses des cultures et des civilisations espagnoles, andalouses et arabes, passés au tamis de la réflexion et la méditation, sont multiples. Lecture riche aussi par ces phrases aux tournures élégantes et souvent surprenantes par leur beauté et leur force littéraire, car, faut-il encore le rappeler ou rafraîchir la mémoire des lecteurs, la voix de Nizar Kabbani, même par-delà les murmures, les fulgurances et les frémissements de la poésie, reste incomparable.
Pour le grand amoureux du verbe arabe, pour le poète du Barada, pour l’Oriental qui a bravé les foudres des conservateurs pour avoir porté la femme sur un pavois, pour Nizar Kabbani (c’est bien de lui qu’il s’agit) qui a donné un souffle régénérateur au Parnasse arabe, l’Espagne et l’Andalousie sont sans nul doute une source d’inspiration inépuisable et s’érigent comme une évidente complicité pour une civilisation millénaire dont il n’ignorait guère ni l’origine ni les connivences avec sa propre appartenance et encore moins ses précieuses et innombrables richesses. Aujourd’hui dans les devantures des librairies on croise un ouvrage aux propos singuliers et éclairants où Nizar Kabbani est «revisité» à travers sa propre correspondance. Dix-sept longues lettres manuscrites, admirablement rédigées...