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Actualités - Chronologies

Les chrétiens syriens, minoritaires - dans le berceau du christianisme

La Syrie, berceau du christianisme, ne compte plus qu’une minorité de chrétiens qui vit en harmonie avec les musulmans mais qui est menacée par une émigration grandissante due aux difficultés économiques. Les chrétiens, qui représentent moins de 10 % des 17 millions de Syriens, se réjouissent de la visite historique du pape Jean-Paul II, du 5 au 8 mai, convaincus qu’elle renforcera l’image de tolérance de leur pays. «Cette visite est très importante, elle donnera du courage à notre Église pour qu’elle poursuive sa mission dans cette terre islamo-arabe», affirme le vicaire patriarcal grec-catholique de Damas, Mgr Isidore Battikha, qui préside le comité d’organisation de la visite papale. «Le pape est un dirigeant qui a un immense impact médiatique. Il délivrera des messages de tolérance et de paix qui seront très suivis», s’enthousiasme Hélène Dimitri, professeur à la retraite, 73 ans. «La Syrie, souligne Mgr Battikha, est le berceau du christianisme. La preuve est que Paul a été envoyé (en l’an 38) à Damas pour persécuter les chrétiens qui étaient déjà bien organisés». La conversion des Syriens à l’islam s’est faite progressivement après la conquête arabe, au 7e siècle tandis que les croisades, au lieu de renforcer le christianisme local, l’ont au contraire affaibli. «L’Église locale a subi les croisades autant que l’islam et même plus. Les Croisés ont jugé que ces chrétiens orientaux étaient peu chrétiens et trop orientaux», affirme Mgr Battikha, qui souligne le pillage des reliques et la destruction des Églises orientales par les Croisés. Les chrétiens sont devenus minoritaires sous l’empire ottoman, qui a duré près de cinq siècles, jusqu’en 1918. La République syrienne a accédé à l’indépendance en 1946, après un intermède sous le mandat français. Selon Mgr Battikha, les chrétiens n’ont pas eu à se plaindre du régime du parti Baas panarabe, au pouvoir depuis 1963. «Le régime est laïc, les minorités sont respectées», indique-t-il, rappelant que le parti a été fondé par un chrétien grec-orthodoxe, Michel Aflaq. Si les Syriens semblent bien lancés sur la voie de la coexistence, ils affrontent la stagnation économique qui dure depuis près de 20 ans et qui se traduit par une émigration touchant souvent plusieurs membres d’une même famille et parfois des familles entières. «À l’heure actuelle, le défi des chrétiens est celui de tous les Syriens : lutter pour émerger socialement», confirme Mgr Battikha, précisant que «l’émigration existe aussi parmi les musulmans, mais vu que les chrétiens sont moins nombreux, elle se ressent plus fort». L’exode contemporaine des chrétiens a commencé à la fin des années 50, quand la bourgeoisie a fui les nationalisations. Les chrétiens représentaient auparavant près de 20 % de la population. La Syrie a eu affaire assez tôt à l’intégrisme musulman, dès la fin des années 70, et contrairement à l’Égypte ou à l’Algérie, le régime y a mis un terme, dans les années 80, au prix d’une dure répression. «La visite du pape est la preuve de son respect pour notre modèle de coexistence et de tolérance», dit le cheikh Salaheddine Kaftaro, l’imam de la mosquée Abi Nour de Damas. À l’occasion de la visite papale, chrétiens et musulmans se plaisent à raconter l’histoire de Farès Khoury, Premier ministre du temps du mandat français, un chrétien célèbre pour son patriotisme. Farès Khoury se serait rendu à la mosquée des Omeyyades pour réclamer l’indépendance, déclarant : «Si les Français disent qu’ils sont ici pour protéger les chrétiens, je leur dis que je me fais musulman».
La Syrie, berceau du christianisme, ne compte plus qu’une minorité de chrétiens qui vit en harmonie avec les musulmans mais qui est menacée par une émigration grandissante due aux difficultés économiques. Les chrétiens, qui représentent moins de 10 % des 17 millions de Syriens, se réjouissent de la visite historique du pape Jean-Paul II, du 5 au 8 mai, convaincus qu’elle renforcera l’image de tolérance de leur pays. «Cette visite est très importante, elle donnera du courage à notre Église pour qu’elle poursuive sa mission dans cette terre islamo-arabe», affirme le vicaire patriarcal grec-catholique de Damas, Mgr Isidore Battikha, qui préside le comité d’organisation de la visite papale. «Le pape est un dirigeant qui a un immense impact médiatique. Il délivrera des messages de tolérance et de paix qui seront...