Jaloux de leur autonomie en terme de politique économique, les pays européens n’ont pas caché leur satisfaction d’avoir évité les critiques de leurs partenaires du G7 Finances, en particulier les Américains, lors de la réunion des grands argentiers du groupe samedi à Washington. «Il ne s’agit pas de trouver un bouc émissaire. Il nous faut partager un objectif commun, à savoir la croissance la plus soutenue et la mieux partagée», a fait valoir le ministre français des Finances, Laurent Fabius, à l’issue de la rencontre. «Chaque continent et chaque pays doit faire le maximum en ce qui concerne» sa propre croissance, a-t-il néanmoins concédé. Crispés par des commentaires vendredi du secrétaire américain au Trésor, Paul O’Neill, les Européens avaient pris garde de lancer quelques avertissements avant le début même de la rencontre des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus industrialisés. «Aux États-Unis, nous sommes sur les rails pour faire justice à l’idée que les États-Unis peuvent être un solide moteur pour la croissance mondiale. Mon espoir et mon attente c’est que les autres (l’Europe et le Japon) vont faire de même», avait déclaré Paul O’Neill. «Cela serait un paradoxe que la zone qui fait 1 % de croissance explique à celle qui fait 2,5 % comment il faut faire», avait-on répliqué côté français. D’autant que les responsables américains, mais aussi les Canadiens, s’étaient risqués à laisser entendre que la Banque centrale européenne (BCE) devrait baisser ses taux pour soutenir la croissance de la zone euro, et donc mondiale. «Nous n’avons pas l’intention de discuter de ce qui est une question interne à l’Europe», au sein du G7, avait-on également affirmé de source française. Souhait qui a donc été satisfait, puisque la question de la baisse des taux d’intérêt par la BCE «n’a pas été évoquée» durant la réunion, a affirmé le président de la BCE, Wim Duisenberg, lors d’une conférence de presse à l’issue de la rencontre. «Cela n’a pas été un sujet» de discussions, a confirmé Didier Reynders, le président en exercice de l’Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances des douze pays de la zone euro. Laurent Fabius s’est félicité de son côté qu’il n’y ait eu au cours de la réunion «absolument aucun reproche de part et d’autre». La mine réjouie, Wim Duisenberg a ainsi lu lors de sa conférence de presse un commentaire fait par l’un des participants à la réunion des grands argentiers faisant part de sa compréhension pour le fait que différents pays ont différentes approches pour assurer la croissance. Un message qui visiblement est allé droit au cœur du président de la BCE. «Cette déclaration a été très appréciée», a-t-il dit dans un sourire, sans toutefois dévoiler le nom ou la nationalité de l’intervenant. Commentant l’explication de texte, qu’il a donnée, lors de la réunion, sur l’inflation dans la zone euro et les moyens choisis par la BCE pour la combattre – le maintient des taux –, Wim Duisenberg a jugé que «cette explication a été bien accueillie». Interrogé sur la perplexité affichée il y a deux semaines par Paul O’Neill sur l’optimisme des Européens face à la solidité de leur croissance, le président de la BCE a ainsi pu affirmer, presque moqueur : «Je pense qu’il ne l’est plus». Pour autant, leur satisfaction n’empêche les Européens de rester chatouilleux. «L’indépendance (de la BCE) a été respectée dans pratiquement chaque déclaration qui a été faite et il n’y a aucune chance que des commentaires puissent court-circuiter notre évaluation de la situation et par conséquent nos décisions», a averti Wim Duisenberg.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Jaloux de leur autonomie en terme de politique économique, les pays européens n’ont pas caché leur satisfaction d’avoir évité les critiques de leurs partenaires du G7 Finances, en particulier les Américains, lors de la réunion des grands argentiers du groupe samedi à Washington. «Il ne s’agit pas de trouver un bouc émissaire. Il nous faut partager un objectif commun, à savoir la croissance la plus soutenue et la mieux partagée», a fait valoir le ministre français des Finances, Laurent Fabius, à l’issue de la rencontre. «Chaque continent et chaque pays doit faire le maximum en ce qui concerne» sa propre croissance, a-t-il néanmoins concédé. Crispés par des commentaires vendredi du secrétaire américain au Trésor, Paul O’Neill, les Européens avaient pris garde de lancer quelques avertissements avant le...