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Actualités - Chronologies

La médiation Amman-Le Caire, une planche de salut pour l’État hébreu

L’initiative jordano-égyptienne, d’abord repoussée d’un revers de main par Israël, lui apparaît aujourd’hui comme une planche de salut qui permettrait d’enrayer l’engrenage de la violence et de trouver une issue politique au conflit israélo-palestinien. «Israël met au point actuellement sa réponse à cette initiative», a déclaré mardi le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres, lors d’une conférence de presse conjointe à Jérusalem avec son homologue espagnol, Josep Piqué. L’initiative jordano-égyptienne, qui a obtenu l’assentiment des Palestiniens, propose essentiellement l’adoption de mesures de confiance pour mettre fin à la violence et relancer la recherche d’un accord permanent israélo-palestinien. M. Peres, dès la présentation du plan, il y a environ trois semaines, avait été le premier membre du gouvernement israélien à lui manifester publiquement son intérêt. Le Premier ministre Ariel Sharon, qui, au départ, n’avait pas voulu en entendre parler tant que se poursuivaient les violences, s’y est rallié dimanche en séance de cabinet en qualifiant l’initiative de «positive mais insuffisante», Israël, selon lui, devant y apporter des modifications. Le ministre palestinien des Collectivités locales Saëb Erakat a estimé qu’Israël entendait en fait «torpiller» ainsi le projet égypto-jordanien. Le ministre israélien de la Défense, Binyamin Ben Eliezer, a cependant estimé que «la proposition jordano-égyptienne (...) mérite d’être considérée et, une fois amendée, elle pourrait mener à l’ouverture de négociations». Vide politique Cette initiative, estime-t-on dans les milieux diplomatiques, est venue remplir un inquiétant vide politique, Israéliens et Palestiniens ayant été pris dans une escalade apparemment sans issue. Dans ce contexte, le raid israélien sur une position syrienne au Liban, dans la nuit du 15 au 16 avril, a accru l’inquiétude de la communauté internationale, ainsi que celle de la Jordanie et de l’Égypte, les deux seuls pays arabes à avoir signé la paix avec Israël. C’est au regard de la gravité de la situation que la Jordanie a maintenu la visite à Jérusalem, au lendemain du raid israélien au Liban, de son ministre des Affaires étrangères Abdel Ilah Khatib. À l’issue de cette visite, la proposition jordano-égyptienne a commencé à s’imposer comme une issue possible au conflit israélo-palestinien. D’autant que le ministre jordanien l’a alors présentée comme un document susceptible d’être amendé, selon un diplomate israélien qui a requis l’anonymat. Le roi Abdallah II de Jordanie, par ailleurs inquiet d’éventuelles répercussions du conflit israélo-palestinien dans son pays en cas de poursuite de la violence, aurait exhorté Israël à réagir positivement à l’initiative jordano-égyptienne, a rapporté mardi le quotidien israélien Yediot Aharonot. Israël a tout à gagner à répondre positivement à l’initiative de ses deux voisins, car elle lui permettrait de sortir du face-à-face militaire dévastateur auquel l’accule sa logique sécuritaire et de créer l’opportunité d’un rapprochement avec l’Égypte et la Jordanie, qui ont rappelé leur ambassadeur après l’éclatement de l’intifada (fin septembre). Ce faisant, Israël pourrait aussi améliorer son image auprès de la communauté internationale, notamment des États-Unis, qui, récemment, l’ont sévèrement tancé pour son usage «excessif et disproportionné» de sa force militaire.
L’initiative jordano-égyptienne, d’abord repoussée d’un revers de main par Israël, lui apparaît aujourd’hui comme une planche de salut qui permettrait d’enrayer l’engrenage de la violence et de trouver une issue politique au conflit israélo-palestinien. «Israël met au point actuellement sa réponse à cette initiative», a déclaré mardi le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres, lors d’une conférence de presse conjointe à Jérusalem avec son homologue espagnol, Josep Piqué. L’initiative jordano-égyptienne, qui a obtenu l’assentiment des Palestiniens, propose essentiellement l’adoption de mesures de confiance pour mettre fin à la violence et relancer la recherche d’un accord permanent israélo-palestinien. M. Peres, dès la présentation du plan, il y a environ trois semaines, avait...