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Actualités - Chronologies

Russie - Lénine, populaire et visité, - 131 ans après sa naissance

Lénine reste populaire auprès des Russes et son mausolée au cœur de Moscou sur la place Rouge est toujours visité, 131 ans après sa naissance que les communistes fêteront dimanche 22 avril. Le rôle de Lénine dans l’histoire du pays est jugé positif par plus de 66 % des Russes, selon un sondage publié cette semaine par l’institut Romir. «Les idées de Lénine étaient bonnes mais elles ont été mal interprétées», estime Olga, comptable à l’usine Kirov de Saint-Pétersbourg, qui profite d’un séjour à Moscou pour visiter le mausolée en compagnie de sa fille adolescente. Une lumière crépusculaire règne à l’intérieur du tombeau de granit rouge sombre où repose la momie de Lénine, décédé en 1924. Défense de parler, d’écrire et de s’arrêter devant la dépouille à laquelle on accède en descendant des marches mal éclairées sous la surveillance pesante de gardes en uniforme. Le cadavre du père de la révolution bolchevique, le visage et les mains entourés d’un halo de lumière, est protégé par une chasse de verre à l’épreuve des balles. «L’époque de Lénine n’était pas si mauvaise. Lénine n’est pas responsable des crimes de Staline. Il fait partie de notre histoire», estime une institutrice de 32 ans venue montrer le grand homme à sa classe d’enfants de 7 ans. Si l’on en croit les gardiens, le mausolée qui se visite sans payer recevrait plusieurs centaines de visiteurs par jour et plusieurs milliers l’été, pour moitié des Russes, pour moitié des étrangers. 10 ans après la chute de l’URSS, les statues de Vladimir Ilitch Lénine ont été conservées dans la plupart des villes russes, et les rues qui portent son nom n’ont pas été débaptisées. «La population actuelle n’a pas connu Lénine, alors que le souvenir de Staline est encore tout chaud. Chaque Russe a un grand-père qui a souffert du stalinisme», estime l’historien spécialiste de l’URSS Marc Ferro. «Lénine, c’est tellement vieux que la société russe ne peut pas se sentir concernée. Lénine passe pour avoir libéré le peuple du joug millénaire, de l’ancien régime qui était honni et des popes», ajoute-t-il. À la différence de l’Occident, le procès du léninisme paraît plus difficile à faire que celui du stalinisme en Russie et «les rares intellectuels russes le font à l’envers, en revalorisant le tsar Nicolas II et son Premier ministre Stolypine», estime cet expert de la Russie. Pour son confrère russe, Nikolaï Kopossov, la «popularité» de Lénine est révélatrice de l’attitude des Russes envers leur passé. «Les Russes ont une mémoire historique courte. Personne ne veut assumer une part de responsabilité du mal qui a été fait. Nous nous appliquons à oublier notre passé, nous faisons semblant de sortir directement du XIXe siècle», estime cet historien de l’Université libre de Saint-Pétersbourg. Le cinéaste russe Alexandre Sokourov (Moloch) a osé s’attaquer à l’icône des communistes, dans son dernier film Taurus – le signe astrologique de Lénine – consacré aux derniers jours de la vie du leader bolchevique. Son portrait d’un Lénine malade et impotent – en compétition pour la Palme d’or à Cannes – a d’ailleurs suscité des réactions mitigées chez ses premiers spectateurs russes. Et si le débat sur l’enterrement de Lénine s’est apaisé, le sujet reste controversé. 51 % des Russes y sont favorables, si l’on en croit le sondage de Romir, mais les communistes veillent à ce que Lénine demeure sur la Place rouge. «Il y a toute une masse de gens pour lesquels le nom de Lénine est comme une religion, à l’instar de celle que les croyants ont pour Dieu», assurait très sérieusement en juin 1999 l’actuel président de la Douma, le communiste Guennadi Seleznev.
Lénine reste populaire auprès des Russes et son mausolée au cœur de Moscou sur la place Rouge est toujours visité, 131 ans après sa naissance que les communistes fêteront dimanche 22 avril. Le rôle de Lénine dans l’histoire du pays est jugé positif par plus de 66 % des Russes, selon un sondage publié cette semaine par l’institut Romir. «Les idées de Lénine étaient bonnes mais elles ont été mal interprétées», estime Olga, comptable à l’usine Kirov de Saint-Pétersbourg, qui profite d’un séjour à Moscou pour visiter le mausolée en compagnie de sa fille adolescente. Une lumière crépusculaire règne à l’intérieur du tombeau de granit rouge sombre où repose la momie de Lénine, décédé en 1924. Défense de parler, d’écrire et de s’arrêter devant la dépouille à laquelle on accède en descendant...