Six mois d’intifada : la communauté internationale s’enferre dans l’inaction
le 30 mars 2001 à 00h00
Six mois après le début du soulèvement palestinien, la communauté internationale assiste plus impuissante que jamais à l’intensification de la violence entre Israéliens et Palestiniens, et ses appels à la reprise du dialogue sonnent désespérément creux. Rompant avec le volontarisme de l’Administration américaine précédente, celle du nouveau président américain George W. Bush a adopté une politique de retenue, l’Union européenne n’a pas les moyens de s’impliquer plus en avant et l’Onu est paralysée. «Dans la situation actuelle, nul ne sait comment sortir du statu quo. Nous traversons une période de totale incertitude», a confié un diplomate proche-oriental en poste à Paris et dont le pays est très impliqué dans le conflit. «Partout, on assiste à une absence de volonté» d’affronter le problème. «Ni les Israéliens ni les Palestiniens ne savent comment sortir de l’impasse», a ajouté ce diplomate qui a requis l’anonymat. D’une même voix pourtant, Américains et Européens, inquiets de la tournure des évènements, ont lancé ces dernières heures des appels invitant les protagonistes à la retenue, à une reprise des «discussions directes» sur les questions de sécurité et à la mise en place de mesures pour rétablir un «climat de confiance». Mais, avec en toile de fond une situation explosive, une reprise des contacts paraît vouée à l’échec sans une certaine implication de la communauté internationale. L’incapacité du Conseil de sécurité de l’Onu à adopter mardi une résolution appelant à la création d’une force de protection des civils palestiniens ; les États-unis faisant usage pour la première fois depuis quatre ans de leur droit de veto, a démontré la difficulté d’une action – même symbolique – des parrains du processus de paix (Américains, Européens et Russes). Du coup, les Palestiniens ont une nouvelle fois échoué dans leur tentative d’internationaliser le conflit. De fait, l’Administration Bush a cherché à réduire par une série de mesures l’engagement des États-Unis dans le conflit. À l’inverse des États-Unis, la France s’interroge sur la tendance des dirigeants israéliens «à ne poser la question de leurs relations avec les Palestiniens qu’en termes de sécurité immédiate et de renoncement préalable à la violence par les Palestiniens». «Le désenchantement des Palestiniens est accentué par le fait qu’aucune date n’a été encore fixée par l’Administration Bush pour une visite à Washington du président palestinien Yasser Arafat», a souligné un ambassadeur arabe en poste à Paris. Enfin, l’Union européenne ne sait toujours pas quel «rôle accru» elle pourrait jouer en dehors de sa fonction de principal donateur d’une Autorité palestinienne au bord de l’effondrement.
Six mois après le début du soulèvement palestinien, la communauté internationale assiste plus impuissante que jamais à l’intensification de la violence entre Israéliens et Palestiniens, et ses appels à la reprise du dialogue sonnent désespérément creux. Rompant avec le volontarisme de l’Administration américaine précédente, celle du nouveau président américain George W. Bush a adopté une politique de retenue, l’Union européenne n’a pas les moyens de s’impliquer plus en avant et l’Onu est paralysée. «Dans la situation actuelle, nul ne sait comment sortir du statu quo. Nous traversons une période de totale incertitude», a confié un diplomate proche-oriental en poste à Paris et dont le pays est très impliqué dans le conflit. «Partout, on assiste à une absence de volonté» d’affronter le problème....
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