Washington redoute l’enlisement dans un nouveau « bourbier »
le 14 mars 2001 à 00h00
Les États-Unis, en pleine réflexion sur leur politique étrangère après l’élection du président Bush, sont pris entre la solidarité avec leurs partenaires de l’Otan et la hantise d’être entraînés encore davantage dans le «bourbier» des Balkans, estiment diplomates et analystes à Washington. Après l’euphorie qui avait suivi la chute de Slobodan Milosevic à Belgrade, Washington se retrouve aussi aujourd’hui face à la situation paradoxale, et difficile à expliquer à l’opinion, d’avoir à contenir la population d’origine albanaise, que l’Otan était venue secourir au Kosovo au printemps 1999. Washington se trouve également désormais confronté à un risque majeur de déstabilisation du «domino» macédonien, pays considéré comme capital pour l’influence américaine dans la région. «Le récent soulèvement des Albanais en Macédoine et dans le sud de la Serbie a changé de manière significative les données de la politique américaine, mais aussi européenne, au Kosovo», relève Paul Williams, spécialiste des Balkans à l’American University. L’absence de vrai pouvoir politique au Kosovo, administré par les Nations unies, et de perspective claire sur le futur statut de la province, met les troupes de la Kfor, parmi lesquelles 5 600 Américains, en situation délicate. Au département d’État, on continue de souligner que le départ l’an dernier de Slobodan Milosevic et le retour en grâce de la Serbie au sein de la communauté internationale restent des éléments décisifs pour calmer le jeu dans la région. «Nos objectifs restent les mêmes. Le plus gros obstacle à la restauration de la stabilité dans les Balkans a été levé avec le départ de Milosevic», souligne un diplomate, familier des Balkans. Mais les commentaires sont également plus circonspects. «La situation est à l’évidence très compliquée, et il est clair depuis le tout début qu’il faudra associer de nombreux acteurs pour trouver une solution» reconnaît un autre diplomate américain, sous couvert de l’anonymat.
Les États-Unis, en pleine réflexion sur leur politique étrangère après l’élection du président Bush, sont pris entre la solidarité avec leurs partenaires de l’Otan et la hantise d’être entraînés encore davantage dans le «bourbier» des Balkans, estiment diplomates et analystes à Washington. Après l’euphorie qui avait suivi la chute de Slobodan Milosevic à Belgrade, Washington se retrouve aussi aujourd’hui face à la situation paradoxale, et difficile à expliquer à l’opinion, d’avoir à contenir la population d’origine albanaise, que l’Otan était venue secourir au Kosovo au printemps 1999. Washington se trouve également désormais confronté à un risque majeur de déstabilisation du «domino» macédonien, pays considéré comme capital pour l’influence américaine dans la région. «Le récent...
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