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Actualités - Chronologies

Belgrade et la guérilla albanaise signent un cessez-le-feu

Belgrade et la guérilla albanaise ont séparément signé lundi, sous l’égide de l’Otan, un accord de cessez-le-feu qui devrait mettre un terme à plus d’un an d’affrontements dans le sud de la Serbie. L’accord a été signé, pour la partie albanaise, par Shefket Musliu, le chef de l’Armée de libération de Presevo-Medvedja-Bujanovac (UCPMB) – trois communes du sud de la Serbie à forte population albanophe – au village de Konculj, l’un des bastions de la guérilla. De son côté, le vice-Premier ministre de Serbie, Nebojsa Covic, chargé du dossier de la crise, a signé l’accord dans la localité de Merdare, à la limite nord séparant le Kosovo du reste de la Serbie. Les deux parties ont signé en présence de représentants de l’Otan qui, sous la direction du Néerlandais Peter Feith, a multiplié les navettes entre elles, ces derniers jours, pour obtenir le cessez-le-feu. «Le cessez-le-feu entre en vigueur à partir de ce soir (lundi) minuit (23h00 GMT) après échange des documents signés par les deux parties», stipule le document paraphé par M. Musliu, dont une copie, en langue albanaise, a été transmise à la presse. Un chef de secteur de l’UCPMB, le commandant LLeshi, a précisé que la communauté internationale «devra vérifier le respect du cessez-le-feu le 19 ou le 20 mars». «S’il est effectivement respecté (à cette date), les négociations entre les Serbes et les Albanais (sur l’avenir de la région du sud de la Serbie) pourront commencer», a-t-il dit. «Nous acceptons de respecter le cessez-le feu sans conditions et nous nous abstenons de toute action militaire et de tout acte de violence», souligne le document. En retour, «l’accord doit être accepté par les forces armées, les groupes paramilitaires et la police (de Belgrade) à l’intérieur et à l’extérieur de la zone de sécurité». Cette zone, large de 5 km, longe le Kosovo. Elle avait été instituée par l’Otan en juin 1999 pour empêcher les forces de Belgrade, alors commandées par Slobodan Milosevic, de se trouver «au contact» de la force multinationale (Kfor) déployée au Kosovo. L’UCMPB a profité de sa démilitarisation pour occuper plus de 200 km2 de cette zone-tampon, mais l’armée yougoslave vient d’être autorisée par l’Otan à se déployer à son extrême Sud, le long de la frontière Serbie-Macédoine. Au terme de l’accord de cessez-le-feu, «les membres de la communauté internationale devront avoir toute liberté de mouvement dans la zone des cinq kilomètres» et devront en «garantir» l’application. Les Albanais, selon l’accord, ont obtenu «le retrait de la région de Bujanovac de l’armement lourd de l’armée yougoslave», constitué de dizaine de chars et de pièces d’artillerie, ainsi que, sur le terrain, «le maintien des positions» des uns et des autres. L’UCPMB contrôle notamment la totalité de Veliki Trnovac, à moins de 3 km de Bujanovac, et une partie du village de Lucane, que traverse la principale route reliant la région au Kosovo. «Il s’agit d’un pas en avant crucial, tout le processus (devant mener à un règlement de la crise) va désormais de l’avant», a déclaré M. Peter Feith, l’envoyé spécial de l’Otan dans la région. L’implication déterminante de l’Alliance dans la signature du cessez-le-feu intervient deux ans après le début des bombardements aériens qu’elle a poursuivis durant 78 jours contre la Yougoslavie, infligeant à ce pays des dégâts chiffrés à quelque 30 milliards de dollars par Belgrade. Ces derniers jours, l’Otan a multiplié les navettes entre Serbes et Albanais, Belgrade refusant de discuter directement avec «les terroristes». Pour l’Alliance, la persistance du conflit était de nature à embraser toute la région, d’autant que la Macédoine voisine est elle-même confrontée à une guérilla albanaise. L’UCPMB est apparue en janvier 2000 dans la zone de sécurité, à Dobrosin, un village abritant aujourd’hui son quartier général. Depuis lors, le conflit a fait une quarantaine de morts.
Belgrade et la guérilla albanaise ont séparément signé lundi, sous l’égide de l’Otan, un accord de cessez-le-feu qui devrait mettre un terme à plus d’un an d’affrontements dans le sud de la Serbie. L’accord a été signé, pour la partie albanaise, par Shefket Musliu, le chef de l’Armée de libération de Presevo-Medvedja-Bujanovac (UCPMB) – trois communes du sud de la Serbie à forte population albanophe – au village de Konculj, l’un des bastions de la guérilla. De son côté, le vice-Premier ministre de Serbie, Nebojsa Covic, chargé du dossier de la crise, a signé l’accord dans la localité de Merdare, à la limite nord séparant le Kosovo du reste de la Serbie. Les deux parties ont signé en présence de représentants de l’Otan qui, sous la direction du Néerlandais Peter Feith, a multiplié les...