Quand « Sirven-san » braquait une banque japonaise en 1952…
le 13 mars 2001 à 00h00
L’ex-n° 2 d’Elf Aquitaine, Alfred Sirven, qui est jugé depuis hier lundi à Paris, avait fait les gros titres de la presse japonaise en 1952 en dérobant l’équivalent de deux millions de francs dans l’attaque d’une banque à Tokyo, a rapporté le quotidien Libération. «Hold-up sensationnel ! Le Japon à la merci des gangs», titrait alors le Tokyo Shimbun, selon le quotidien français qui a retrouvé les archives de l’épisode et quelques-uns des protagonistes. Alors âgé de 25 ans, Alfred Sirven, alias Sirven-san, revenait à cette époque de la guerre de Corée où il avait été blessé en combattant les troupes nord-coréennes avec le bataillon français. Le 18 février 1952, il attaque une agence de la Fuji-Bank avec un autre soldat, Edmond Parriel, et trois complices japonais, soutirant aux employés deux millions de yens et s’enfuyant après un échange de coups de feu avec des policiers. Selon Libération, il regagne ensuite tranquillement le White Hotel, où il réside dans la chambre «Cerise» avec sa compagne nommée Tomiko Kirichiki. Il poursuit sa carrière militaire et mène grand train. Sa photo en uniforme, que Libération reproduit, est même publiée dans Stars and Stripes, le magazine de l’armée américaine, alors force d’occupation au Japon. «Sirven et Parriel étaient polis, toujours bien habillés et payaient rubis sur l’ongle. Sirven-san ne recevait jamais personne à l’hôtel, mais des amis en voiture venaient le chercher. De belles voitures, avec de jolies “pan-pan” (prostituées). Je pensais que lui et Parriel étaient des officiers américains», a dit à Libération Kimiko Saïto, ancienne patronne du White Hotel. C’est par hasard qu’un policier japonais, qui fréquente l’hôtel et qui soupçonne Alfred Sirven de petits trafics, alerte la police américaine qui vient l’arrêter pour l’interroger le 2 mars 1952. Son compagnon Parriel prend peur et s’enfuit, compromettant le Toulousain qui avoue l’attaque de banque. Seuls 623 100 yens sur les deux millions dérobés seront retrouvés, raconte Libération. C’est ainsi qu’Alfred Sirven, qui dort aujourd’hui à la prison de la Santé à Paris, a connu sa première cellule, d’abord au Japon, puis au Vietnam, alors français.
L’ex-n° 2 d’Elf Aquitaine, Alfred Sirven, qui est jugé depuis hier lundi à Paris, avait fait les gros titres de la presse japonaise en 1952 en dérobant l’équivalent de deux millions de francs dans l’attaque d’une banque à Tokyo, a rapporté le quotidien Libération. «Hold-up sensationnel ! Le Japon à la merci des gangs», titrait alors le Tokyo Shimbun, selon le quotidien français qui a retrouvé les archives de l’épisode et quelques-uns des protagonistes. Alors âgé de 25 ans, Alfred Sirven, alias Sirven-san, revenait à cette époque de la guerre de Corée où il avait été blessé en combattant les troupes nord-coréennes avec le bataillon français. Le 18 février 1952, il attaque une agence de la Fuji-Bank avec un autre soldat, Edmond Parriel, et trois complices japonais, soutirant aux employés deux millions...
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