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Actualités - Chronologies

IRAN - La condamnation d’un vice-ministre réformateur aggrave la tension politique

La condamnation dimanche à un an de prison de Mostafa Tajzadeh, vice-ministre réformateur de l’Intérieur et organisateur désigné de la présidentielle du 8 juin, engage l’Iran dans une nouvelle phase de tension politique, à trois mois du scrutin. Accusé de «complicité de fraude électorale» aux législatives de février 2000, dont il avait la charge, M. Tajzadeh est désormais privé de toute fonction publique. Sauf retournement en appel, il ne pourra organiser l’élection, malgré le soutien personnel du président réformateur Mohammad Khatami. M. Tajzadeh, 44 ans, a déploré dimanche ce verdict et a affirmé qu’il allait s’adresser dans les prochains jours à la presse. «Je souhaite éclairer l’opinion publique», a-t-il noté, rejetant une nouvelle fois les accusations portées contre lui. Le ministre de l’Intérieur, l’hodjatoleslam Abdolvahed Moussavi-Lari, mis en cause dimanche pour avoir refusé une «mission de l’inspection générale», organisation dépendant de la justice administrative, sur les fraudes, devrait être convoqué prochainement par le Tribunal religieux spécial (TRS). Le tribunal administratif a également condamné le gouverneur de Téhéran, Ayatollahi Azarmi, jugé en même temps que M. Tajzadeh, à 18 mois de prison ferme. «C’est le scénario le plus grave que l’on pouvait imaginer. C’est une étape de plus dans la tension croissante entre conservateurs et réformateurs. La condamnation de Tajzadeh, avant la campagne, ne peut qu’aviver les déceptions et rancœurs des réformateurs et de leurs électeurs», a déclaré le politologue Iradj Rachti. «Cette décision, sans précédent, n’hypothèque sans doute pas la tenue de l’élection, mais la dramatise plus encore. Tajzadeh est une des figures emblématiques des partisans de Khatami», relève pour sa part l’analyste Daryouch Abdali. Un an après les faits, MM. Tajzadeh et Arzami «paient» ainsi leur bras de fer aux législatives de février 2000 avec le Conseil de surveillance de la Constitution, institution conservatrice qui valide et proclame les résultats des élections. Le raz-de-marée réformateur à Téhéran n’avait été proclamé qu’en mai, sur injonction personnelle du Guide de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei. Des fraudes avaient été signalées, dès le début du dépouillement, le ministère de l’Intérieur et le Conseil de surveillance se renvoyant mutuellement la responsabilité. Le score de l’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani – un des deux conservateurs élus pour 28 sièges attribués au premier tour – a été au centre de la polémique. Pour couper court à toute rumeur, M. Rafsandjani avait démissionné avant la première séance du Parlement. Le verdict du tribunal de Téhéran a coïncidé avec la convocation par le tribunal révolutionnaire d’une députée, Fatemeh Haghighat-Jou, qui a critiqué la justice pour avoir arrêté dans la violence, selon elle, une journaliste réformatrice le 15 février. Cinq députés ont au total été convoqués en deux mois, ce qui a suscité la protestation du président du Parlement Mehdi Karoubi, tandis que se poursuivaient les arrestations de journalistes et d’intellectuels réformateurs. M. Tajzadeh a subi aussi les foudres de la justice pour avoir autorisé un rassemblement étudiant réformateur et «incité à la violence» à Khorramabad (sud-ouest) en août 2000. De graves affrontements avaient eu lieu à Khorramabad entre réformateurs et conservateurs après que deux figures emblématiques des réformateurs aient été empêchées de prendre la parole devant des étudiants, faisant un mort et des dizaines de blessés.
La condamnation dimanche à un an de prison de Mostafa Tajzadeh, vice-ministre réformateur de l’Intérieur et organisateur désigné de la présidentielle du 8 juin, engage l’Iran dans une nouvelle phase de tension politique, à trois mois du scrutin. Accusé de «complicité de fraude électorale» aux législatives de février 2000, dont il avait la charge, M. Tajzadeh est désormais privé de toute fonction publique. Sauf retournement en appel, il ne pourra organiser l’élection, malgré le soutien personnel du président réformateur Mohammad Khatami. M. Tajzadeh, 44 ans, a déploré dimanche ce verdict et a affirmé qu’il allait s’adresser dans les prochains jours à la presse. «Je souhaite éclairer l’opinion publique», a-t-il noté, rejetant une nouvelle fois les accusations portées contre lui. Le ministre de...