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Actualités - Chronologies

Zia au Cap Gemini

Zia Mahmood, le joueur américain ex-pakistanais, est devenu en quelques années (une vingtaine quand même) l’une des rares stars du bridge dont les exploits sont relatés régulièrement dans les chroniques et suivis par un public fidèle. Ses admirateurs ont dû être ravis de sa victoire au Cap Gemini, l’un des plus grands tournois par paires formule IMPs qui se jouent à La Haye en début d’année. Avec son partenaire, le champion anglais Andrew Robson, il a réussi l’exploit de retenir son titre, ce qui n’avait été jamais réalisé. Avant le dernier tour, Zia–Robson étaient menés par la paire américaine Garner–Weinstein, mais ils réussirent à remonter leur handicap grâce notamment à la main suivante où Zia fit preuve encore une fois de son extraordinaire présence à la table: Nord donneur. N.S. vulnérables. Les enchères de Weinstein et Garner en E.O. dans le silence adverse: Est Ouest 1P 2C 3K 3P 4P passe Les Américains jouent la réponse de deux sur un forcing manche et la redemande de trois carreaux bien qu’encourageante ne montre pas nécessairement une main forte en points d’honneur. Sur le soutien de préférence à trois piques, Weinstein jugea qu’il en avait assez fait avec ses douze points d’honneur et mit quatre piques pour montrer qu’il avait le minimum, ce qui fut le contrat final. La paire américaine avait ainsi manqué un excellent chelem. Pour éviter cette mésaventure, nombre d’experts ont convenu d’avoir deux manières d’inviter au chelem sur une enchère forcing de trois à la majeure, en nommant trois sans-atout ou en faisant un cue-bid, l’une des deux enchères montrant un intérêt réduit pour le chelem. Zia–Robson jouaient la main en Nord-Sud contre les Polonais Jassem–Tuszynski qui terminèrent encore une fois à la troisième marche du podium et dont les enchères furent les suivantes: Est Ouest 1P 2C 2P 4P 5T 5C 6P passe Les enchères sont naturelles, mais le saut de Jassem à quatre pique prend aussi trop de place pour l’investigation du chelem, mais Tuszynski prend une vue de sa main dramatiquement opposée à celle de Weinstein. Il continue par un cue-bid à cinq trèfles et quand il entend cinq cœurs en face, il demande le chelem. Sud entame de l’As de trèfle, suivi du Roi et vous êtes d’accord que le déclarant fait facilement le reste des levées. Et les Américains doivent prendre encore quelques points d’avance sur Mahmood–Robson. Mais n’en soyez pas si sûrs car le résultat qui s’affiche est six piques moins un! Mahmood–Robinson gagnent 12 IMPs et les Américains en perdent trois. Il semble presque impossible de chuter sans une erreur mécanique comme une renonce ou une carte jouée accidentellement. Mais ce n’est pas le cas. Le résultat est légitime et la ligne de jeu suivie par le déclarant est non seulement raisonnable, mais elle est peut-être la plus indiquée. Avant de continuer à lire cet article, essayer de trouver ce qui a pu se passer pour avoir ce résultat vraiment choquant. Zia entame de l’As de trèfle suivi du Roi. Tuszynski coupe la seconde levée et joue le roi de pique sur lequel Zia jette le Valet! En partie parce que c’est Zia mais aussi parce que cela ne peut pas coûter. Tuszynski contemple le Valet de pique et décide de le considérer comme une carte honnête. Si les piques partagent vraiment 4-1, tirer les atouts requiert de trouver les carreaux 3-3 (ou Valet-dix secs) ou la Dame de cœur bien placée. Les chances ne sont pas mauvaises, mais pour le déclarant il semble qu’il soit préférable d’adopter une ligne de jeu qui tient compte d’un partage 4-2 des carreaux. En suivant son plan, il joua carreau pour la Dame puis carreau pour l’As et carreau coupé par l’As de pique. Il joua ensuite le dernier pique du mort et, suivant son plan originel, il fit l’impasse au neuf de pique. Et, comme un magicien, Zia tire le neuf de pique de son chapeau, ouvre sa main et réclame une de chute. Et Tuszynski, en voyant la main de Zia, se demande comment il n’a pas pris la précaution supplémentaire de tester les cœurs en jouant deux tours de la couleur avant d’ouvrir les carreaux. Mais il n’y aurait pas eu alors d’histoire à raconter. Il y avait encore plusieurs mains à jouer, mais après un tel résultat, Mahmood–Robson ne pouvaient pratiquement plus perdre et ils finirent par l’emporter avec une différence de 21 points sur les Américains, les Polonais sont loin derrière devançant d’un point seulement la grande paire indonésienne Karwul–Sacul. La seule paire féminine formée des championnes allemandes Von Armin–Auken est excellente sixième tandis que la seule paire française Chemla fait une contre-performance en se classant 14e sur 16. Calendrier des tournois: – Lundi: Les Créneaux Nasra (10h30), les Créneaux Nasra (16h30) et le Summerland Bridge Club. – Mardi: Hôtel Sofitel Palm Beach et le Private Club à Sin el-Fil. – Mercredi: Les Créneaux Nasra, Summerland Bridge Club et al-Yarz Club à Yarzé. – Jeudi: Les Créneaux Nasra (10h30), Yarzé Country Club et hôtel Le Méridien Commodore. – Vendredi: Summerland Bridge Club et Racket Club à Hazmieh. – Samedi: Les Créneaux Nasra et le Private Club à Sin el-Fil. – Dimanche: Hôtel Sofitel Le Gabriel à Achrafieh et Plaza Club à Broummana. Sauf indication contraire, tous les tournois ont lieu à 16h30.
Zia Mahmood, le joueur américain ex-pakistanais, est devenu en quelques années (une vingtaine quand même) l’une des rares stars du bridge dont les exploits sont relatés régulièrement dans les chroniques et suivis par un public fidèle. Ses admirateurs ont dû être ravis de sa victoire au Cap Gemini, l’un des plus grands tournois par paires formule IMPs qui se jouent à La Haye en début d’année. Avec son partenaire, le champion anglais Andrew Robson, il a réussi l’exploit de retenir son titre, ce qui n’avait été jamais réalisé. Avant le dernier tour, Zia–Robson étaient menés par la paire américaine Garner–Weinstein, mais ils réussirent à remonter leur handicap grâce notamment à la main suivante où Zia fit preuve encore une fois de son extraordinaire présence à la table: Nord donneur. N.S....