En huit mois, rien n’a changé : les Allemands ont toujours la tête dans le sac et bégaient leur football, tandis que les champions du monde et d’Europe français sont encore sur leur petit nuage, affichant une confiance inébranlable et un collectif parfaitement rodé. L’histoire retiendra que le 27 février au Stade de France, les Bleus ont remporté (1-0) leur neuvième victoire contre l’Allemagne (pour 5 nuls et 7 défaites), et qu’ils poursuivent une série de neuf rencontres sans défaite. Trop de respect Mais, surtout, pour la première fois, un entraîneur allemand, Rudi Voeller, tout en saluant «les excellents joueurs et la grande force tactique de la France», avouait que ses troupes «avaient eu trop de respect» pour leurs adversaires. C’est un peu le monde à l’envers. Séville 82 était décidément loin de Saint-Denis 01. Et on ne parle pas uniquement de la température, encore plus glaciale que celle des tribunes. «L’histoire n’est pas toujours un éternel recommencement et la France a su préserver le résultat», commentait sobrement Roger Lemerre, aussi serein devant les journalistes que ses joueurs sur la pelouse. Au coup d’envoi, les Bleus alignaient dix joueurs champions du monde ou (et) d’Europe, seul Sagnol faisant office de petit bleu de service. Mais ce groupe France est aujourd’hui tellement riche, que le sélectionneur s’était permis de laisser sur le banc Lizarazu, Pires, Henry, Makelélé, sans parler des absences sur blessure de Thuram, Djorkaeff ou Christanval, alors que Micoud ne faisait même pas partie du contingent de service. Paradoxalement, on pourra toujours faire la fine bouche sur la force d’une opposition engluée dans ses doutes et n’ayant plus que sa traditionnelle force physique à opposer, frisant parfois la brutalité selon Lemerre. Ce sentiment d’impuissance affiché par les Allemands est résumé par Mehmet Scholl : «Je ne me souviens pas personnellement d’un match où je me suis à ce point demandé ce qu’il fallait faire en ayant le sentiment qu’il n’y avait rien à faire». Confiance «La France a beaucoup de confiance en elle-même. Elle me fait penser à l’équipe d’Allemagne championne du monde en 90», constatait Voeller en enfonçant le clou. Cette confiance affichée par les Bleus leur permet «d’oser des gestes que nous n’osons même pas à l’entraînement», continuait Voeller, et aussi de tuer un match. «Même si nous avions égalisé, nous avions l’impression qu’ils pouvaient en marquer un second», avouait Jens Jeremies. Au niveau du spectacle, la France a pu paraître avare de ses efforts. Mais cela serait oublier que la majorité de ses joueurs avaient disputé un match de championnat 48 heures avant. De toute façon, il parait difficile de leur reprocher un trop grand réalisme qui leur a longtemps fait défaut. Roger Lemerre a profité de cette reprise pour prendre quelques notes: bon test de contrôle pour Leboeuf et Petit, pourtant habitués au banc des remplacants par leurs clubs, bons débuts de Sagnol et Sylvestre, important pour le renouvellement de la défense, et bon réalisme défensif. En somme, une bonne soirée, même si le sélectionneur n’acceptera plus jamais de faire jouer «un match dans l’urgence» (pour cause d’impératifs techniques du Stade de France) et de bafouer «la règle des 48 heures, voire 72 heures de repos». Le prochain rendez-vous est fixé au 24 mars contre le Japon, puis le 28 mars à Valence contre l’Espagne, un rassemblement plus long dans le temps, une nouvelle étape sur la route du Mondial 2002. Résultats des matchs amicaux disputés hier L’Angleterre bat l’Espagne 3 à 0 (1-0). L’Argentine bat l’Italie 2 à 1 (1-1). La Croatie bat l’Autriche 1 à 0 (1-0). La Macédoine et la République tchèque font match nul 1 à 1 (1-1) . La Grèce et la Russie font match nul 3 à 3 (2-1). La Bosnie-Herzégovine et la Hongrie font match nul 1 à 1 (1-1). L’Uruguay bat la Slovénie 2 à 0 (1-0) . La Lettonie bat le Liechtenstein 2 à 0 (0-0). La Pologne bat la Suisse 4 à 0 (2-0). La Finlande bat le Luxembourg 1 à 0 (0-0). La Bulgarie bat la Jordanie 2 à 0 (1-0). Les Pays-Bas et la Turquie font match nul 0 à 0. La Norvège bat l’Irlande du Nord 4 à 0 (3-0).
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