Le nouveau secrétaire américain au Trésor Paul O’Neill s’est efforcé, au cours de la réunion des ministres des Finances du G7 de rassurer ses homologues sur sa bonne volonté en matière de coopération internationale et sur la poursuite de la politique du dollar fort. Pour sa première sortie comme chef des finances de la première économie mondiale, cet ancien dirigeant du producteur américain d’aluminium Alcoa a été attentivement écouté par ses homologues inquiets du ralentissement brutal de l’économie américaine. Un homme «très sympathique, un pragmatique aussi», a estimé Vincenzo Visco, ministre italien du Trésor, l’hôte de la rencontre. «La différence avec Lawrence Summers (le prédécesseur de M. O’Neil, ndlr) est évidente. Summers est un professeur, Paul O’Neill est un homme d’affaires», a indiqué M. Visco. Le ministre français de l’Économie et des Finances, Laurent Fabius, a eu «un très bon contact personnel et une discussion chaleureuse». Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Wim Duisenberg a répondu par une boutade à une question sur l’impression que lui avait faite M. O’Neill : «Comme je ne suis pas psychologue, je ne l’ai pas mis sur le divan». «Mais je dois dire que la première rencontre que nous avons eue avec le secrétaire américain donne l’impression que nous pouvons continuer à faire des affaires dans le même esprit de coopération». Des déclarations de M. O’Neill avant son arrivée en Sicile, avaient contribué à jeter le trouble dans les esprits. «Voyager à travers le monde pour dire aux autres ce qui se passe dans l’économie ne me semble pas une des raisons de base pour se rencontrer», avait-il déclaré dans un entretien au Financial Times, jeudi. «Je peux me rendre à mon bureau et regarder mon ordinateur et voir ce qui se passe au moment même à Londres. Je n’ai pas besoin d’aller à Palerme pour le savoir», avait indiqué le secrétaire au Trésor. Le ton était très différent samedi soir, après le G7 : «Je veux d’abord dire combien j’ai apprécié de rencontrer mes collègues et combien j’apprécie les discussions productives et stimulantes que nous avons eues aujourd’hui». «Se réunir pour partager les idées et discuter des problèmes clefs que nous connaissons tous, est effectivement une occasion importante et utile», a reconnu M. O’Neill. Le responsable a reconnu que ses homologues s’étaient montrés «particulièrement intéressés de nous entendre sur l’économie américaine et sur notre politique». Sur la bonne volonté américaine à poursuivre la coopération au sein des grandes institutions internationales, le responsable a tenu à chasser tous les doutes : «Nous vivons dans une économie globale (...) il est donc important de travailler ensemble et de manière rapprochée, en particulier au sein du G7». Il s’est parallèlement appliqué à dissiper les inquiétudes sur un possible changement de cap en matière de politique monétaire américaine. M. O’Neill avait fait frissonner les marchés des changes, vendredi, en suggérant qu’il ne soutenait pas forcément une politique de dollar fort. «Nous ne menons pas, contrairement à ce qu’on entend beaucoup dire, une politique du dollar fort. A mon avis, un dollar fort est le résultat d’une économie forte», avait-il déclaré dans une interview publiée vendredi par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais la mise au point ne s’est pas fait attendre, samedi à Palerme. «Je crois au dollar fort et cela ne va jamais changer», a-t-il insisté à l’issue de la réunion. «Si je devais décider ou si le président (des États-Unis) devait décider que nous devions changer notre engagement en faveur du dollar fort (...) je louerais le stade des Yankees, vous inviterais tous à venir et vous dirais notre nouvelle politique du dollar», a-t-il plaisanté.
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