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Actualités - Chronologies

Ukraine - Le pays est au bord de l’implosion, estime Koutchma

Le président Leonid Koutchma reconnaît que l’Ukraine est au bord de l’implosion en raison du scandale provoqué par la disparition d’un journaliste à laquelle il est accusé d’être mêlé. Dans une interview publiée hier par le quotidien Den, Koutchma dément avoir ordonné à des responsables de «s’occuper» du journaliste indépendant travaillant pour Internet Georgui Gongadze. Depuis plusieurs jours, les accusations dont il est l’objet ont provoqué des manifestations massives en faveur de sa démission. Le chef de l’État reconnaît dans cet entretien que le corps décapité retrouvé dans la périphérie de Kiev en novembre est probablement celui de Gongadze, mais il nie avoir joué le moindre rôle dans sa disparition et condamne les troubles politiques que cette affaire a provoqués. Je considère que si on continue de jeter de l’huile sur le feu, en particulier en dehors du pays, cette crise pourrait mener à une seule chose : l’implosion de l’Ukraine, déclare Koutchma. La tension dans cette ex-république soviétique a encore augmenté mardi suite à l’arrestation de l’ancienne vice-Premier ministre Ioulia Timochenko, adversaire de premier plan du président, qui a ensuite passé une première nuit en détention. Elle est accusée d’avoir soudoyé un ancien Premier ministre tombé en disgrâce, en lui versant 79 millions de dollars de pots-de-vins lorsqu’elle dirigeait une grande compagnie de gaz entre 1995 et 1997. Timochenko, limogée en janvier par Koutchma, estime cependant être victime de poursuites politiques, liées à sa volonté de combattre la corruption omniprésente dans le secteur énergétique, quand elle était au gouvernement. Des groupes d’opposition ont annoncé qu’ils allaient organiser des manifestations de soutien à Timochenko. Les États-Unis et l’Union européenne ont exprimé leur préoccupation au sujet de l’affaire Gongadze, renforçant la pression pesant sur les épaules du chef de l’État. Le soutien intéressé de Moscou Koutchma a à plusieurs reprises affirmé qu’il avait toujours essayé de conduire l’Ukraine vers l’adhésion européenne, mais ce scandale risque, selon lui, de devenir un obstacle sur le chemin de son pays vers l’intégration européenne. Les analystes pensent que les partis d’opposition et les groupes qui cherchent à faire tomber le président ont peu de chances de parvenir à leurs fins. Koutchma a choisi de les faire passer pour des agents à la solde de l’ancienne puissance coloniale russe afin de les discréditer, ajoutent-ils. Paradoxalement, le seul pays à avoir apporté son soutien au président assiégé est justement la Russie. Cet appui est purement tactique, estime cependant Vitali Portnikov, commentateur à Radio Liberty, média américain. Jugeant improbable le renversement de Koutchma, Moscou «utilise la situation politique ukrainienne pour résoudre ses propres problèmes économiques», explique-t-il. Kiev doit notamment plus de 1,4 milliard de dollars de factures de gaz impayées à la Russie, qui espère sans doute que Koutchma sera plus malléable s’il est affaibli, pense Portnikov.
Le président Leonid Koutchma reconnaît que l’Ukraine est au bord de l’implosion en raison du scandale provoqué par la disparition d’un journaliste à laquelle il est accusé d’être mêlé. Dans une interview publiée hier par le quotidien Den, Koutchma dément avoir ordonné à des responsables de «s’occuper» du journaliste indépendant travaillant pour Internet Georgui Gongadze. Depuis plusieurs jours, les accusations dont il est l’objet ont provoqué des manifestations massives en faveur de sa démission. Le chef de l’État reconnaît dans cet entretien que le corps décapité retrouvé dans la périphérie de Kiev en novembre est probablement celui de Gongadze, mais il nie avoir joué le moindre rôle dans sa disparition et condamne les troubles politiques que cette affaire a provoqués. Je considère que si on...