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Actualités - Chronologies

Bahreïn - Premiers signes d’une réconciliation nationale

Bahreïn, un archipel à majorité chiite gouverné par une dynastie sunnite, s’oriente vers une réconciliation nationale cinq ans après des troubles antigouvernementaux ayant fait au moins 38 morts, à l’occasion d’un référendum mercredi et jeudi sur des réformes politiques, initiées par le chef de l’État et saluées par l’opposition. Les réformes contenues dans un projet de charte nationale, proposées par l’émir cheikh Hamad ben Issa al-Khalifa, prévoient l’établissement d’«une monarchie constitutionnelle» par le rétablissement du Parlement dissous en 1975, la création d’un Conseil consultatif désigné et la transformation de l’émirat en royaume. Accueilli initialement avec des réserves de l’opposition, notamment chiite, qui a animé les troubles ayant secoué le petit émirat du Golfe de 1994 jusqu’à l’accession de cheikh Hamad au pouvoir en mars 1999 à la mort de son père, le projet a fini par recueillir, avant même le référendum, l’adhésion de la classe politique dans l’archipel. Le principal mouvement de l’opposition en exil, le Mouvement de libération de Bahreïn (MLB, basé à Londres), a ainsi levé ce week-end ses objections sur le projet, en appelant samedi la population à voter librement après l’avoir invitée à répondre par un «non». Pour sa part, un autre mouvement militant pour les libertés publiques dans l’archipel se présentant comme le «Comité de la pétition», du nom d’un texte appelant au rétablissement du Parlement, ayant requis plus de 20 000 signatures au début des troubles en 1994, a invité les Bahreïnis à voter pour le projet. Pour écarter les réticences de ses opposants et leur prouver ses «bonnes intentions», l’émir n’a pas lésiné sur les moyens, libérant dès 1999 par petits groupes des opposants politiques, détenus ou condamnés pour leur implication présumée dans les troubles, tolérant un débat politique sans précédent sur la question de l’amnistie générale. L’émir a également ordonné le 5 février la libération ou la réhabilitation de quelque 289 opposants et le retour de 108 opposants en exil, selon le ministère de l’Intérieur. Le jeune chef d’État, animé par son projet de «démocratisation de la société», n’a pas hésité non plus à recevoir plusieurs dignitaires chiites, dont d’anciens détenus, ou à leur rendre visite. La dernière rencontre jeudi avec quatre dignitaires, dont le chef de l’opposition chiite, cheikh Abdel Amir al-Jamri, a été couronnée par la publication d’un communiqué dans lequel les interlocuteurs de l’émir ont proclamé leur soutien total au projet de la charte. Dans son prêche lors de la prière de vendredi, le premier qu’il prononce depuis son arrestation en janvier 1996, cheikh Jamri a qualifié la charte de «tournant dans la vie politique» à Bahreïn et invité ses compatriotes à «adhérer sérieusement au processus de construction et de développement, pour réaliser l’unité nationale». Le MLB a ensuite affirmé avoir obtenu de l’émir des assurances que le Parlement élu aura de pleins pouvoirs législatifs sans interférence avec les prérogatives du Conseil consultatif, que «la charte ne remplacera pas la Constitution» et que la Cour de Sûreté de l’État, contestée par l’opposition, sera «prochainement abolie». Avec ces assurances, le projet de charte aura obtenu prématurément l’adhésion du peuple, selon des analystes à Manama.
Bahreïn, un archipel à majorité chiite gouverné par une dynastie sunnite, s’oriente vers une réconciliation nationale cinq ans après des troubles antigouvernementaux ayant fait au moins 38 morts, à l’occasion d’un référendum mercredi et jeudi sur des réformes politiques, initiées par le chef de l’État et saluées par l’opposition. Les réformes contenues dans un projet de charte nationale, proposées par l’émir cheikh Hamad ben Issa al-Khalifa, prévoient l’établissement d’«une monarchie constitutionnelle» par le rétablissement du Parlement dissous en 1975, la création d’un Conseil consultatif désigné et la transformation de l’émirat en royaume. Accueilli initialement avec des réserves de l’opposition, notamment chiite, qui a animé les troubles ayant secoué le petit émirat du Golfe de 1994...