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Actualités - Chronologies

Les Palestiniens ont fait élire Sharon, - accusent deux écrivains israéliens pacifistes

Deux grandes voix du camp de la paix en Israël, les écrivains Amos Oz et Abraham Yehoshua, accusent les Palestiniens d’avoir contribué, en exigeant la reconnaissance du droit au retour des réfugiés, à l’élection du chef de la droite Ariel Sharon. L’insistance des Palestiniens sur cette revendication lors des négociations marathon en janvier avec le gouvernement travailliste d’Ehud Barak a permis, selon eux, la victoire sans appel de M. Sharon lors du scrutin du 6 février pour le poste de Premier ministre. La plupart des Israéliens considèrent que la reconnaissance du droit au retour des quelque 3,7 millions de réfugiés de 1948 aboutirait à un afflux massif qui remettrait en cause le caractère juif de leur État. Trois jours avant le scrutin, M. Barak, dans une interview à la télévision satellitaire d’Abou Dhabi, avait accentué l’inquiétude de ses compatriotes en se déclarant prêt à un «compromis» sur cette question s’il était réélu. Les Palestiniens, soutenus par le monde arabe, exigent qu’Israël reconnaisse le droit au retour, conformément à la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies, mais s’affirment disposés à des assouplissements sur son application. «Juifs et Arabes ont tous deux commis à diverses reprises au cours de leur histoire commune l’erreur de mettre l’autre camp dos au mur», a affirmé M. Oz à Ramat Aviv, près de Tel-Aviv. Il évoque ainsi la première guerre israélo-arabe de 1948, au cours de laquelle les Israéliens avaient provoqué l’exode massif des Palestiniens du territoire qui allait devenir l’État juif. Selon lui, pour Israël, le choix était alors «vaincre ou mourir». «Les juifs», dit-il, «ont commis la même erreur par la suite en refusant de reconnaître l’existence du peuple palestinien, estimant normale durant des années la poursuite de la répression et de l’occupation» des territoires conquis après la guerre de juin 1967. Toutefois, estiment les deux écrivains, en dépit de l’élection de M. Sharon, il est clair que, dans les deux camps, l’idée de la séparation des deux peuples et de la création d’un État palestinien à côté de l’État juif a maintenant fait son chemin. M. Yehoshua en veut pour preuve l’étonnant silence manifesté, selon lui, par le parti de M. Sharon, le Likoud, alors que M. Barak négociait un éventuel partage de souveraineté à Jérusalem, violant le tabou de l’indivisibilité de la Ville sainte, strictement observé par tous les gouvernements précédents. Il appelle à un ralliement des travaillistes à M. Sharon au sein d’un gouvernement d’union nationale, qu’il présente comme une solution permettant de neutraliser les formations d’extrême droite et d’éviter une fuite en avant. «La droite, consciente de ces dangers, est prête à supplier les travaillistes de la rejoindre au sein d’un tel gouvernement», dit-il. Amos Oz, pour sa part, est plus réservé sur cette option, ne voyant pour l’heure aucun «dénominateur commun» entre les deux camps. «Si le gouvernement Sharon choisit la voie de la confrontation, il me trouvera résolu à l’affronter de toutes mes forces. Dans le cas contraire, je pourrai le soutenir», a-t-il souligné. «Ehud Barak aura sa place dans l’histoire pour avoir eu le courage de déblayer le champ de mines hérité des précédents gouvernements et pour avoir ouvert la voie à un règlement, et cela, même Sharon le sait», poursuit M. Oz. «Je ne sais pas combien de temps passera avant que nous y parvenions», conclut-il, se refusant à «jouer les prophètes dans un pays où la profession est fort courue». Les principaux romans et essais de MM. Oz et Yehoshua, qui décrivent les interrogations et les déchirements de la société israélienne en quête d’identité et d’une place au Proche-Orient, ont été traduits dans le monde entier.
Deux grandes voix du camp de la paix en Israël, les écrivains Amos Oz et Abraham Yehoshua, accusent les Palestiniens d’avoir contribué, en exigeant la reconnaissance du droit au retour des réfugiés, à l’élection du chef de la droite Ariel Sharon. L’insistance des Palestiniens sur cette revendication lors des négociations marathon en janvier avec le gouvernement travailliste d’Ehud Barak a permis, selon eux, la victoire sans appel de M. Sharon lors du scrutin du 6 février pour le poste de Premier ministre. La plupart des Israéliens considèrent que la reconnaissance du droit au retour des quelque 3,7 millions de réfugiés de 1948 aboutirait à un afflux massif qui remettrait en cause le caractère juif de leur État. Trois jours avant le scrutin, M. Barak, dans une interview à la télévision satellitaire d’Abou...