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Actualités - Communications Et Declarations

« Napoléon », victime de l’intifada et de ses erreurs personnelles

Ehud Barak, à qui les Israéliens ont fait mordre la poussière hier, moins de deux ans après l’avoir triomphalement élu Premier ministre, apparaît comme la victime la plus illustre de l’intifada, mais il a aussi payé cher une image très négative dans l’opinion, celle d’un politicien prompt aux revirements. Après la déroute qu’il a subie face à Sharon, Barak a annoncé qu’il quittait la tête du Parti travailliste et la Knesset. «Le public n’aime tout simplement pas Barak. Un point c’est tout». Un éditorialiste israélien résumait récemment par cette formulaire lapidaire le drame de M. Barak, un ancien général au visage poupin surnommé «Napoléon» pour ses qualités de stratège militaire, mais aussi en raison de sa petite taille et de son embonpoint, ainsi que de son style de gouvernement autocratique. Un rejet qu’une dirigeante de l’opposition de droite, Limor Livnat, avait exprimé par un mot cruel en affirmant que même opposé à un manche à balai, il serait battu. Car si M. Barak, né il y a 58 ans dans un kibboutz (village collectiviste), a été un militaire brillant, il s’est avéré, en revanche, un politicien désastreux. L’ancien baroudeur, «le soldat le plus décoré d’Israël», comme le rappelaient avec complaisance ses spots durant sa campagne victorieuse de 1999, était arrivé au pouvoir en proclamant sa volonté de parvenir à la paix avec les Palestiniens, mais aussi avec la Syrie et le Liban, d’ici à septembre 2000. Il aura échoué sur toute la ligne, provoquant au contraire un rejet cinglant par les Israéliens du processus de paix né à Oslo. «J’ai vu trop de personnes proches de moi se faire tuer, j’ai enterré trop de gens et j’ai rendu visite à trop de veuves et d’orphelins», disait-il en décembre dans une interview au quotidien Yediot Aharonot pour expliquer son désir forcené de mettre fin au plus vite au conflit israélo-palestinien. Mais cette volonté de parvenir à un accord malgré l’intifada, le soulèvement palestinien qui a déjà coûté la vie à 52 juifs israéliens depuis fin septembre et instauré dans la population un profond sentiment d’insécurité et de vulnérabilité, lui aura été fatale. Car l’intifada lui a donné une image de faiblesse face au dirigeant palestinien Yasser Arafat, alors que les Israéliens recherchaient désespérément un homme à poigne qui les rassure, quelqu’un du genre Sharon. Selon un récent sondage, deux tiers des Israéliens trouvaient ainsi que M. Barak était mou face aux Palestiniens. Un péché de faiblesse qui ne pardonne pas en Israël. Mais sa défaite s’explique aussi par ses perpétuels revirements qui ont donné de lui l’image d’une girouette. Un jour, M. Barak décrétait que M. Arafat n’était plus un partenaire en raison de la violence. Le lendemain, les Israéliens apprenaient que les négociations avaient repris. M. Barak a aussi payé au prix fort un style froid et autoritaire ressemblant à s’y méprendre à de la suffisance. Durant ses 19 mois au pouvoir, il a ainsi trouvé le moyen d’humilier tous ses alliés politiques, au point de se retrouver désespérément seul. «Je suis habitué» à la solitude «pratiquement depuis mon enfance», confiait-il la semaine dernière dans une interview au quotidien Ma’ariv, «à agir seul dans des conditions dangereuses, avec beaucoup d’incertitude et de gros risques». Il avait vainement tenté d’humaniser son image durant la campagne en jouant la carte de l’humilité, qui lui convient mal, assurant par exemple qu’il était désolé pour les erreurs qu’il avait faites. Rien, pourtant, ne laissait prévoir un tel rejet par l’opinion publique lorsque M. Barak fut élu Premier ministre le 17 mai 1999 face au chef de gouvernement sortant, Benjamin Netanyahu, avec une majorité record de 56 % des suffrages contre 44 %. Sa victoire semblait alors le couronnement logique d’une carrière exemplaire qui, comme celle de tant d’autres leaders politiques en Israël, avait débuté sous l’uniforme à l’âge de 17 ans.
Ehud Barak, à qui les Israéliens ont fait mordre la poussière hier, moins de deux ans après l’avoir triomphalement élu Premier ministre, apparaît comme la victime la plus illustre de l’intifada, mais il a aussi payé cher une image très négative dans l’opinion, celle d’un politicien prompt aux revirements. Après la déroute qu’il a subie face à Sharon, Barak a annoncé qu’il quittait la tête du Parti travailliste et la Knesset. «Le public n’aime tout simplement pas Barak. Un point c’est tout». Un éditorialiste israélien résumait récemment par cette formulaire lapidaire le drame de M. Barak, un ancien général au visage poupin surnommé «Napoléon» pour ses qualités de stratège militaire, mais aussi en raison de sa petite taille et de son embonpoint, ainsi que de son style de gouvernement...