Le vice-ministre israélien de la Défense Ephraïm Sneh a clairement laissé entendre hier que les liquidations de militants palestiniens allaient se poursuivre, à la suite du meurtre de deux civils israéliens mardi à Tulkarem, en Cisjordanie. «Nous continuerons à frapper ponctuellement les terroristes», a déclaré M. Sneh à la radio militaire israélienne, en réaction au meurtre de deux civils israéliens par des hommes masqués. Les deux hommes, Etgar Zeitoun (34 ans) et Motti Dayan (27 ans), deux cousins, sont les propriétaires du sushi bar Yupie de Tel-Aviv. Selon les témoignages de leurs employés, ils se sont rendus dans la région de Tulkarem afin d’acheter des poteries pour leur établissement, en compagnie d’un ami arabe israélien, qui a été épargné lui par les tueurs. À la suite de ce meurtre, l’armée israélienne a imposé de nouveau hier un blocus sur la ville autonome de Tulkarem, apprend-on de source militaire. «Il n’existe pas de remède miracle dans cette guerre, mais en fin de compte des actions ponctuelles contre des terroristes fautifs de multiples attentats constituent le moyen de lutte le plus efficace», a souligné M. Sneh. Un conseiller du candidat de l’opposition de droite au poste de Premier ministre, Ariel Sharon, s’est prononcé lui aussi pour la poursuite des «opérations ponctuelles», euphémisme pour désigner des exécutions sommaires. «Il faut neutraliser ponctuellement les terroristes, frapper les intérêts économiques des responsables de l’Autorité palestinienne mais éviter de s’en prendre à la population dans son ensemble» a déclaré à la radio le général de réserve Méir Dagan. Cet ancien conseiller pour la lutte antiterroriste de Benjamin Netanyahu, le prédécesseur de l’actuel chef du gouvernement, s’est déclaré à ce propos hostile au bouclage prolongé des territoires palestiniens. Dans le cadre de sa répression de l’intifada, le soulèvement palestinien, Israël a assassiné depuis début novembre plus d’une quinzaine de militants de différents mouvements palestiniens, tuant parfois des proches qui se trouvaient avec eux. Ils ont été abattus par des tireurs d’élite postés au loin ou par des bombes actionnées à distance, après avoir été traqués par des moyens électroniques sophistiqués ou suivis par des informateurs palestiniens du Shin Beth, le service israélien de sécurité intérieure. Ces assassinats dénoncés par des associations des droits de l’homme ont été implicitement reconnus par Israël. En décembre, M. Sneh avait déjà déclaré que l’armée s’en prendrait «à tous ceux qui sont impliqués dans des opérations terroristes». M. Sneh, un proche du Premier ministre démissionnaire et ministre de la Défense Ehud Barak, avait également estimé que l’élimination physique de Palestiniens «responsables d’attentats ou qui les commanditent constituait le moyen le plus efficace, précis et juste». Des responsables de la sécurité israélienne, cités par la radio militaire, ont estimé possible que les deux restaurateurs aient été tués par des militants armés, plus ou moins autonomes, du Fateh, le mouvement du président palestinien Yasser Arafat, pour venger le meurtre par Israël du Dr Sabet Sabet, le 31 décembre. Sabet Sabet, qui était le responsable du Fateh à Tulkarem, et le directeur général du ministère palestinien de la Santé, est le plus haut responsable palestinien victime de cette politique israélienne d’éliminations physiques.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le vice-ministre israélien de la Défense Ephraïm Sneh a clairement laissé entendre hier que les liquidations de militants palestiniens allaient se poursuivre, à la suite du meurtre de deux civils israéliens mardi à Tulkarem, en Cisjordanie. «Nous continuerons à frapper ponctuellement les terroristes», a déclaré M. Sneh à la radio militaire israélienne, en réaction au meurtre de deux civils israéliens par des hommes masqués. Les deux hommes, Etgar Zeitoun (34 ans) et Motti Dayan (27 ans), deux cousins, sont les propriétaires du sushi bar Yupie de Tel-Aviv. Selon les témoignages de leurs employés, ils se sont rendus dans la région de Tulkarem afin d’acheter des poteries pour leur établissement, en compagnie d’un ami arabe israélien, qui a été épargné lui par les tueurs. À la suite de ce meurtre, l’armée...