En huit années d’efforts assidus et jusqu’aux derniers jours de son mandat, Bill Clinton aura été le principal artisan d’un rapprochement historique entre Israël et les Palestiniens, sans toutefois parvenir à sceller leur réconciliation. Mettre un terme à 52 ans de conflit avec la signature d’un accord final de paix est devenu une véritable obsession pour ce président américain qui a souvent donné de sa personne dans ce processus complexe. «Dieu que c’est dur. Je n’ai jamais rien fait de plus dur», lâchera-t-il le 16 juillet 2000 à Camp David, sa résidence d’été où il s’est enfermé fin juillet avec le Premier ministre israélien Ehud Barak et le chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, dans l’espoir de leur faire signer un accord de paix final. Depuis qu’il est entré dans le vif de ce dossier explosif, en 1993, quelques mois après sa prise de fonctions, Clinton ne compte plus les nuits blanches passées à tenter de rapprocher les deux peuples. Novice en diplomatie, il manœuvre avec habileté pour «récupérer» un processus qui a même échappé à la CIA en 1992, alors qu’Israéliens et Palestiniens négocient discrètement à Oslo. Le 13 septembre 1993, sur la pelouse de la Maison-Blanche, il met à son actif un accord sans précédent entre les deux ennemis : une déclaration de principes accordant l’autonomie aux Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza. Sous son impulsion, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le chef de l’OLP Yasser Arafat se serrent la main. Deux ans après, le geste coûte la vie à Rabin, qui tombe sous les balles d’un extrémiste juif à Tel-Aviv. Clinton va aller à Jérusalem pour pleurer son «ami». Après cette disparition, les divergences entre les parties apparaissent plus profondes que jamais. Clinton, qui cultive aussi son image de «faiseur de paix» en Irlande et en Bosnie, ne baisse pas les bras. Il encourage les négociations multilatérales entre Israël et 13 États arabes sur les questions de l’eau, des réfugiés ou du contrôle des armements. Mais en dépit de ses efforts, le processus de pais s’enlise. Une vague d’attentats perpétrés entre février et mars 1996 par des Palestiniens intégristes à Jérusalem et à Tel-Aviv crée un climat favorable à l’élection de Benjamin Netanyahu (droite). En septembre 1996, deux mois avant sa réélection, Clinton apaise tant bien que mal une crise engendrée par l’ouverture d’un tunnel, dans le cadre de fouilles archéologiques israéliennes, en vieille ville arabe de Jérusalem. Mais lorsque Netanyahu lance la construction d’une colonie de peuplement (Har Homa) près de Jérusalem et annonce qu’Israël n’accordera que 2,7 % de la superficie de la Cisjordanie au contrôle des Palestiniens, les espoirs de paix s’envolent. Clinton ne cache plus son exaspération à l’égard de Netanyahu. «Il y a une limite à notre degré de participation à un processus qui n’a pas d’utilité», fait savoir la Maison-Blanche. Affaibli par un Congrès républicain et par le scandale Lewinsky, il délaisse les pourparlers bloqués depuis mars 1997, mais arrache tout de même aux parties l’accord intérimaire de Wye Plantation (23 octobre 1998). Il retournera en Israël le 13 décembre 1998 et deviendra le premier président américain à se rendre à Gaza. Des affiches fleurissent en Israël montrant «Clinton le Palestinien» affublé d’un keffieh à damiers blancs et rouges. En dépit des espoirs suscités par l’élection de Barak (juillet 99) et la reprise des négociations jusqu’au sommet de Camp David, Clinton quitte la Maison-Blanche sans être parvenu à faire signer un accord final aux deux parties.
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