Indonésie - Rumeurs d’émeutes à Djakarta - La police en état d’alerte
le 15 janvier 2001 à 00h00
Quelque 40 000 policiers seront en état d’alerte lundi à Djakarta où les écoles ont reçu la permission de fermer dans la crainte d’émeutes si partisans et adversaires du président Abdurrahman Wahid manifestent à la reprise des travaux du Parlement. M. Wahid, premier président démocratiquement élu du pays en octobre 1999, a déclaré qu’il «n’y avait pas à s’inquiéter» et a demandé à ses partisans de ne pas descendre dans les rues. Ce leader musulman modéré de 60 ans, en partie aveugle, a affirmé que les forces de sécurité avaient la situation en main. Il a choisi, lundi, de se rendre en visite officielle à Singapour. Les autorités ont tenté de rassurer les ambassades étrangères, qui ont donné des consignes de sécurité à leurs ressortissants, alors que la Bourse de Djakarta a sensiblement chuté en fin de semaine. Les autorités ont affirmé qu’elles avaient anticipé de possibles manifestations de masse et que jusqu’à 40 000 policiers étaient prêts à intervenir. Le gouverneur de Djakarta, Sutisoyo, a appelé les quelque 10 millions d’habitants à garder leur calme et à éviter les «provocations». Les habitants ont gardé en mémoire les terribles émeutes de 1998 à Djakarta qui avaient entraîné la démission du général Suharto après 32 ans au pouvoir. Plus d’un millier de personnes avaient été tuées, des dizaines d’immeubles et de centres commerciaux incendiés. Des milliers d’étrangers avaient été évacués de la capitale livrée aux émeutiers. Les autorités sont conscientes que de nouvelles violences terniraient encore l’image de cet immense pays, le quatrième le plus peuplé au monde (210 millions d’habitants) qui vit une difficile transition démocratique. Le gouvernement est confronté à une série de conflits séparatistes et religieux, ainsi qu’à des affrontements intercommunautaires sporadiques. Une série de sanglants attentats à la bombe, dont les commanditaires restent mystérieux, a encore accru le sentiment d’instabilité. Personne ne sait exactement quelles sont les «forces d’opposition» qui s’apprêteraient à manifester contre M. Wahid, et si elles descendront effectivement dans les rues lundi. Les craintes sont aussi alimentées par la rumeur que de fortes sommes d’argent auraient été retirées des banques récemment, pour payer des jeunes sans emploi pour aller manifester, une pratique courante en Indonésie. Les partisans de M. Wahid se sont eux mobilisés à visages découverts. Les Banser ont affirmé que des «centaines de milliers» de leurs militants étaient prêts à fondre sur Djakarta pour prêter main forte à M. Wahid. Reconnaissables à leur uniforme, les Banser forment la garde civile d’autodéfense de la Nahdlatul Ulama, la puissante organisation musulmane (revendiquant 40 millions de membres) dont M. Wahid a été président.
Quelque 40 000 policiers seront en état d’alerte lundi à Djakarta où les écoles ont reçu la permission de fermer dans la crainte d’émeutes si partisans et adversaires du président Abdurrahman Wahid manifestent à la reprise des travaux du Parlement. M. Wahid, premier président démocratiquement élu du pays en octobre 1999, a déclaré qu’il «n’y avait pas à s’inquiéter» et a demandé à ses partisans de ne pas descendre dans les rues. Ce leader musulman modéré de 60 ans, en partie aveugle, a affirmé que les forces de sécurité avaient la situation en main. Il a choisi, lundi, de se rendre en visite officielle à Singapour. Les autorités ont tenté de rassurer les ambassades étrangères, qui ont donné des consignes de sécurité à leurs ressortissants, alors que la Bourse de Djakarta a sensiblement chuté...
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