Il fut un temps où tout était permis. Il fut un temps où tu virevoltais, animée d’une vie propre, répandant les bleuités de ton âme indomptable dans les couloirs désertés de la finitude, démasquant les landes mystérieuses de ton corps assassin. Et moi je regardais, profane en cet antre si doux, soumis à cette délicieuse séquestration ; et j’étanchais la soif de mon hérésie aux contours de ce corps intangible, à ce parfum de flammes salvatrices dont la brûlure étreint l’esprit si amoureusement que les sens abdiquent et s’éteignent, repus. Des lucioles dessinaient des ombres infinies qui s’aimaient à s’aimer et à se déchirer sur la pierre glacée d’un mur anonyme, des ombres dont les échos d’une passion sans cesse interrompue et renouvelée allaient se damner dans le néant de nos nuits éphémères. Il fut un temps où l’enfant en toi cherchait la femme, où la femme implorait l’enfant, où les deux se fondaient pour affronter le quotidien de ce monde pervers et décoloré, ce monde de l’impératif insaisissable et immanent. Longtemps tes yeux ont scruté les cieux en quête d’une voix de salut, à la recherche de la porte du rêve, jusqu’à ce que celle-ci vint à toi comme une révélation et t’emportât dans les fjords blancs et figés, où rien ne succède à l’intemporalité que l’intemporalité elle-même. Il fut un temps où tout était permis, mais il est révolu. Tu t’es évaporée, tu m’as laissé dans les torpeurs empoisonnées de la solitude, à l’aube de la déchéance, à l’automne de la beauté. Depuis, je cherche à me recomposer de par ton souvenir, de par les saveurs exotiques que tu laisses sur le palais de ma bouche. Depuis, j’habite dans les montagnes de mon âme, mais les montagnes sont enneigées et je commence à avoir froid.
Il fut un temps où tout était permis. Il fut un temps où tu virevoltais, animée d’une vie propre, répandant les bleuités de ton âme indomptable dans les couloirs désertés de la finitude, démasquant les landes mystérieuses de ton corps assassin. Et moi je regardais, profane en cet antre si doux, soumis à cette délicieuse séquestration ; et j’étanchais la soif de mon hérésie aux contours de ce corps intangible, à ce parfum de flammes salvatrices dont la brûlure étreint l’esprit si amoureusement que les sens abdiquent et s’éteignent, repus. Des lucioles dessinaient des ombres infinies qui s’aimaient à s’aimer et à se déchirer sur la pierre glacée d’un mur anonyme, des ombres dont les échos d’une passion sans cesse interrompue et renouvelée allaient se damner dans le néant de nos nuits...
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