Le dollar a achevé la semaine, hier, à Beyrouth, sur un ton toujours offert dans un marché tourné vers la livre libanaise à des fins de placement en bons du Trésor afin de profiter de leur rendement assez élevé dans un contexte de stabilité monétaire. Pourtant, l’action de la Banque du Liban (BDL) est venue encore une fois empêcher la formation de courants spéculatifs à la baisse du billet vert. En procédant ainsi quotidiennement et d’une manière régulière à l’achat de cette monnaie à 1 502,00 tout en la proposant à 1 514,00 LL, la BDL est parvenue à absorber tous les excès d’offres au bas de cette fourchette et à la faire clôturer tous les jours au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. Dans cette évolution, les établissements de crédit ont été amenés à négocier la devise américaine, soit entre eux soit avec la BDL, autour de ce point inférieur d’intervention entre 1 502,00 et 1 502,10 LL, dans des volumes d’affaires modérément étoffés, ne dépassant pas au total sur la semaine 50 millions de dollars, en grande partie absorbés par la BDL à 1 502,00 LL, a-t-on appris de sources cambistes. Dollar sous pression à l’étranger À l’étranger, la monnaie unique européenne a encore progressé ces derniers jours sur les marchés des changes internationaux et ce pour la deuxième semaine consécutive, l’horizon s’étant dégagé encore davantage devant les économies de la zone euro, alors que le dollar a suivi Wall Street à la baisse. Faute de nouvelles interventions de la Banque du Japon pour contrer son appréciation, le yen a lui aussi accentué sa progression face au billet vert pour retrouver ses niveaux du 15 février dernier. La livre sterling a également brillé face au billet vert au cours d’une semaine marquée par une révision à la hausse de la croissance britannique au premier trimestre et par de bons chiffres sur celle du deuxième trimestre, qui confirment la reprise de l’économie du Royaume-Uni. Mais c’est la vigueur retrouvée de la monnaie unique européenne qui a dominé ces derniers jours, l’euro étant parvenu à se hisser brièvement à nouveau au-dessus de 1,07 dollar, un niveau qu’il n’avait pas retrouvé depuis la mi-mai. La devise européenne avait pris son élan la semaine précédente grâce à un dernier rapport de conjoncture de l’institut IFO, bien meilleur que prévu, sur le climat des affaires en Allemagne de l’Ouest. Puis les bonnes nouvelles ont continué de tomber, soutenant l’euro dans sa reprise. Ainsi, le ton de la dernière enquête mensuelle de conjoncture de l’Insee, publiée jeudi, a été positif bien qu’anticipé, annonçant que les industriels français s’attendent à une poursuite de l’accélération de leur activité au cours des prochains mois. Hier, ce fut le tour des données sur l’emploi en France de nourrir la remontée de la devise européenne, en révélant que le taux du chômage avait baissé de 0,6 % en juin, davantage que prévu, pour s’établir à 11,3 % de la population active. Seul obstacle pour l’euro cette semaine : les déclarations du président désigné de la Bundesbank, Ernst Welteke, estimant qu’un euro trop fort par rapport au dollar n’est pas souhaitable, dans un entretien au quotidien allemand Hamburger Abendblatt paru mardi. L’impact de ces propos a toutefois été limité, les cambistes semblant désormais accorder le bénéfice du doute au potentiel d’appréciation de l’euro mais se montrant en revanche plus sceptiques en ce qui concerne l’évolution du billet vert. La tendance à la hausse du dollar s’étant interrompue, toute nouvelle est désormais jugée mauvaise : des statistiques américaines faibles accentuent les inquiétudes en ce qui concerne les revenus des entreprises et les valeurs boursières tandis que des chiffres forts déclenchent des craintes de hausse des taux d’intérêt et donc d’effondrement du marché américain des actions. Et c’est précisément ce qui s’est passé cette semaine avec l’annonce d’un net ralentissement de la croissance américaine de 4,3 % à 2,3 % entre le deuxième et le premier trimestre de l’année et parallèlement d’une hausse plus importante que prévu des coûts salariaux de 0,4 % à 1,1 % pendant la même période. La combinaison de ces données a fait plier le Dow Jones de 1,65 % jeudi soir, entraînant le dollar dans son sillage. L’euro a ainsi achevé la semaine hier avec le vent en poupe alors que tout semble aussi jouer en faveur du yen. La devise japonaise a retrouvé ses plus hauts niveaux depuis plus de cinq mois face au dollar grâce notamment à de bons chiffres sur la production industrielle japonaise qui a progressé de 3 % en juin et malgré l’annonce hier d’un taux de chômage record de 4,9 % de la population active. Il en est de même de la livre sterling qui a été dopée par les dernières données sur la croissance britannique, se hissant à nouveau au-dessus de 1,62 dollar alors qu’il paraît de plus en plus évident que le cycle d’assouplissement monétaire entamé en octobre 1998 par la Banque d’Angleterre a touché à sa fin. C’est dans ce contexte que le dollar s’est négocié à la fin de cette semaine en comparaison avec la fin de la semaine dernière, en forte baisse comme suit : – 1,0717 pour un euro contre 1,0505. – 1,6220 pour un sterling contre 1,5785. – 1,8250 DM contre 1,8610. – 6,1210 FF contre 6,2430. – 1,4905 FS contre 1,5310. – 1 806,60 lires contre 1 843,55. – 114,45 yens contre 116,55. Bourse de Beyrouth : en baisse dans un marché étriqué Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a connu une semaine très calme et dépourvue d’initiatives même en direction de Solidere dont les actions ont fait l’objet d’une demande nourrie par moments notamment sur celles de la catégorie A. Toutefois, les valeurs en baisse (Solidere A, Byblos Bank et Bou Khalil Markets) l’ont emporté en nombre et en importance sur celles en hausse (Banque européenne pour le Moyen-Orient et Rasamny Younes Motor) dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a diminué de 0,44 % à 75,40 points à la fin de cette semaine contre 75,73 points à la fin de la semaine dernière, alors que l’indice LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état pendant la même période à 180,25 points. Cette évolution s’est produite encore une fois dans des volumes d’affaires quotidiens très minces ne dépassant pas sur la semaine 298 757 actions d’une valeur globale de 1 294 002 dollars contre 326 606 actions d’une valeur globale de 1 283 041 dollars la semaine dernière. Wall Street : sous le signe d’une hausse des taux Sur les autres places, Wall Street a rechuté cette semaine, affectée toujours par les craintes de voir la Réserve fédérale américaine (Fed) relever ses taux d’intérêt fin août, après l’annonce d’une hausse plus forte que prévu de l’indice du coût de l’emploi aux États-Unis. Certes, la hantise de Wall Street de voir la Fed procéder à un nouveau resserrement monétaire a lourdement pesé sur le marché obligataire, où le rendement des bons du Trésor à 30 ans s’est établi à 6,1140 %, son plus haut niveau depuis un mois. L’indice du coût de l’emploi a progressé de 1,1 % au deuxième trimestre, soit sa plus forte hausse depuis celle du second trimestre 1991, contre une hausse de 0,4 % au premier. Outre le fait qu’elle pourrait inciter la Fed à relever ses taux, cette hausse des coûts salariaux a inquiété le marché parce qu’elle est intervenue à un moment où les entreprises américaines ne disposent pas d’une grande marge de manœuvre pour réduire leurs coûts opérationnels. Les bénéfices des sociétés risquent donc de pâtir d’un tel cas de figure. Ces chiffres de l’emploi ont donc damé le pion non seulement à ceux du PIB américain, dont la croissance de 2,3 % au deuxième trimestre excluait toute surchauffe de l’économie, mais aussi à l’augmentation moins forte (0,3 %) des dépenses des ménages américains à leurs revenus (0,7 %) le mois dernier, confirmant les signes de ralentissement de la demande aux États-Unis. Cela d’autant que les chiffres de ventes de logements neufs étaient supérieurs aux attentes le mois dernier (+3,1 %) ainsi que l’indice des directeurs d’achats de Chicago (60,5 points en juillet contre 60 en juin). En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû retomber jusqu’à 10 650 points avant d’afficher en préclôture hier 10 689,02 points contre 10 910,96 points à la fin de la semaine dernière, en nouvelle baisse de 2,03 % d’une huitaine à l’autre. Rétractation des Bourses européennes Bien que dans les Bourses européennes les valeurs restent attirantes par rapport aux États-Unis, les marchés sont entrés cette semaine dans un processus de rétractation, dans la crainte d’une flambée inflationniste dans l’autre côté de l’Atlantique. C’est ainsi qu’à l’exception de la Bourse de Londres qui s’est adjugée 0,39 % cette semaine à 6 231,90 points, celles de Francfort a cédé 3,93 % à 5 101,87 points et de Paris 1,31 % à 4 382,06 points.
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