Le gouvernement chinois a poursuivi lundi sa campagne de répression contre la secte Falungong, l’accusant de propager des idées «hérétiques», alors que des centaines d’adeptes de la secte restaient en détention afin de parer à tout mouvement de protestation. Selon le Centre d’information sur les droits de l’homme et le mouvement démocratique en Chine, une organisation de Hong Kong, 1 200 membres de la secte étaient en détention depuis samedi à Shijiazhuang, la capitale de la province du Hebei qui entoure Pékin. Ces adeptes, des responsables communistes locaux, devaient abjurer leur appartenance à la secte dans une déclaration écrite, avant d’être éventuellement autorisés à quitter les quatre centres de «rééducation» mis spécialement en place dans la ville, a précisé l’organisation dans un communiqué. Dimanche, le vice-ministre des Affaires civiles, Li Baoku, a déclaré qu’un «nombre restreint» des principaux dirigeants de la secte seraient poursuivis en justice, mais que la «majorité» des membres du Falungong, ne faisant pas l’objet de poursuites, devront simplement reconnaître leurs erreurs et se repentir. À Pékin même, des membres de la secte étaient encore détenus dans un des stades de la capitale où des milliers d’entre eux ont été rassemblés la semaine dernière lors de l’interdiction de la secte prononcée par les autorités. Un responsable du stade de Fengtai, dans le sud-ouest de Pékin, a reconnu qu’un certain nombre de membres du Falungong se trouvaient toujours sur place, mais il a refusé de préciser leur nombre. Deux autres stades de Pékin avaient en revanche été vidés de leurs détenus depuis dimanche soir, ont indiqué des responsables. Le sort des adeptes de la secte à leur sortie des stades restait inconnu. «Il y a eu peut-être 50 000 personnes interpellées temporairement, mais pas placées en état d’arrestation», a déclaré un policier de Pékin. «En Chine, on peut être interpellé pendant 15 jours sans être formellement arrêté», a-t-il rappelé. «Jusqu’à présent, l’interdiction du Falungong s’est bien déroulée, mais il est encore trop tôt pour se prononcer et nous devons rester sur nos gardes pour voir comment la situation évolue», a poursuivi le policier. Jeudi, le régime chinois a formellement mis hors la loi la secte d’inspiration bouddhiste et renforcé la surveillance des accès à Pékin, notamment des gares, afin d’empêcher toute tentative de protestation. Le Falungong avait spectaculairement défié le Parti communiste chinois (PCC) en avril dernier en rassemblant plus de 10 000 adeptes devant le siège du régime, en plein cœur de la capitale. Les manifestants réclamaient alors la reconnaissance officielle de leur mouvement et la fin des poursuites contre leurs dirigeants. La presse officielle a poursuivi lundi ses attaques contre la secte et son gourou, Li Hongzhi, réfugié aux États-Unis. Les médias chinois tentent de convaincre que M. Li est un faux guérisseur qui dissuade ses partisans de suivre un traitement médical classique, même en cas de maladie grave. L’agence Chine nouvelle a qualifié les théories de Li Hongzhi «d’idées hérétiques», alors que le China Daily rapportait que les adeptes de la secte étaient invités à remettre aux autorités les livres ou cassettes concernant la pratique du Falungong, un mélange d’arts martiaux, d’exercices respiratoires et de méditation. Le ministère de la Culture a diffusé une circulaire demandant aux autorités locales d’inspecter cinémas et magasins dans l’ensemble du pays et de sanctionner ceux qui vendent, louent ou diffusent ce type de produits.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement chinois a poursuivi lundi sa campagne de répression contre la secte Falungong, l’accusant de propager des idées «hérétiques», alors que des centaines d’adeptes de la secte restaient en détention afin de parer à tout mouvement de protestation. Selon le Centre d’information sur les droits de l’homme et le mouvement démocratique en Chine, une organisation de Hong Kong, 1 200 membres de la secte étaient en détention depuis samedi à Shijiazhuang, la capitale de la province du Hebei qui entoure Pékin. Ces adeptes, des responsables communistes locaux, devaient abjurer leur appartenance à la secte dans une déclaration écrite, avant d’être éventuellement autorisés à quitter les quatre centres de «rééducation» mis spécialement en place dans la ville, a précisé l’organisation dans un...