Trois employés de la centrale nucléaire de Tchernobyl ont reçu des doses radioactives de 1 à 9 rem lors d’un incident survenu samedi lors de travaux de réparation sur le réacteur numéro trois, a indiqué lundi la centrale. «C’est une forte dose car la norme admise annuellement (pour les travailleurs du nucléaire) est de 5 rem (0,05 sivert)», a souligné Oleg Goloskokov, un porte-parole de la centrale, ajoutant que l’incident avait été classé niveau 1 sur l’échelle internationale de sécurité nucléaire Ines. Les ouvriers ont été irradiés alors qu’ils contrôlaient des soudures dans l’enceinte de confinement du réacteur numéro trois avec un appareil utilisant des rayons gamma. «Une enquête est en cours pour déterminer si l’incident est dû à un mauvais fonctionnement de l’appareil de mesure ou à une erreur humaine», a souligné M. Goloskokov, alors que le moral des employés du nucléaire, souvent payés avec des mois de retard, n’est pas au plus haut. Selon des experts occidentaux, des doses comprises entre 1 et 9 rem sont suffisamment basses pour, «a priori», n’avoir pas de répercussions sur la santé. Pour la population, la limite annuelle d’irradiation est de 0,5 rem alors que l’irradiation naturelle est de 0,2 rem, précisent les mêmes experts. Sur les quatre réacteurs de la centrale de Tchernobyl, où travaillent 5 700 employés, seul le numéro trois est encore opérationnel. Il est cependant à l’arrêt depuis le 1er juillet pour des travaux de réparations qui dureront plus de quatre mois. Les autorités doivent notamment vérifier les tubes de force contenant le combustible nucléaire et l’état des soudures des tuyaux transportant l’eau radioactive. Plusieurs centaines de fissures dans la tuyauterie du réacteur trois ont été découvertes ces deux dernières années. Le réacteur numéro quatre de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986, contaminant une grande partie de l’Europe. Le numéro deux a été arrêté en 1991 à la suite d’un incendie et le numéro un a été mis hors service en 1996 dans le cadre d’un accord international. Kiev s’est engagé dans un mémorandum conclu en 1995 avec le G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie et Canada) à fermer définitivement Tchernobyl en l’an 2000 en échange d’une aide de 3,1 milliards de dollars destinée notamment à financer la construction de deux réacteurs de substitution aux centrales de Rivne (ouest) et Khmelnitsky (ouest). Cependant, cet accord est aujourd’hui contesté par l’Allemagne qui voudrait substituer à ces deux réacteurs nucléaires des centrales à gaz ou à charbon pour remplacer la production de Tchernobyl. Kiev, qui dépend largement de la Russie pour ses fournitures gazières et dont l’industrie houillère est en pleine crise, a jugé ces projets inacceptables.
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