Ali Assad s’est éteint à 31 ans comme il a vécu : le sourire aux lèvres, le visage serein. Le Petit Prince Allouche, comme je me plaisais à l’appeler, était de ceux qui, quel que soit leur âge, vous laisseront toujours penser qu’ils sont partis trop tôt. Lui, encore plus que les autres, pour l’éclat de sa jeunesse bien sûr, pour son remarquable parcours professionnel aussi, mais surtout pour ses qualités profondément humaines. Chaleureux, serviable et toujours modeste, Allouche a fait de sa famille un monde et du monde sa famille. À tous, il assurait une présence exceptionnelle, avec, toujours, le geste et le mot qu’il faut. Naturellement. Mais telles n’étaient pas toutes ses qualités. Je me souviens encore du jour de sa soutenance de thèse, le 20 octobre 1995. Il ne s’est pas laissé griser par l’admiration pourtant sincère de l’assistance, ni par les sourires radieux de sa famille et de ses amis. À aucun moment, la tête ne lui a tourné. Il a gardé jusqu’au bout son attitude tempérée, son regard attentif, traversé quelquefois d’éclairs de joie. Physicien nucléaire au Laboratoire d’études de protection et de probabilités à Saclay en France, il y avait apporté, en un peu moins de trois ans, une contribution qui, en des circonstances normales, aurait nécessité toute une vie de recherches – deux fois la sienne sans doute. Plusieurs articles dans le Nuclear Science & Engineering qui, en la matière, fait autorité, plusieurs conférences aux quatre coins du monde, et notamment aux États-Unis (la prochaine devait avoir lieu à Tsukuba au Japon en octobre prochain), avaient permis à Ali Assad d’ajouter son nom à la liste des Libanais – beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit et presque jamais soutenus – qui font honneur à leur pays. Le Liban doit savoir qu’il peut toujours rayonner dans le monde, pour peu que nos gouvernants veuillent bien soutenir ceux qui, parmi nos jeunes, à l’instar d’Ali Assad, peuvent porter la flamme.
Ali Assad s’est éteint à 31 ans comme il a vécu : le sourire aux lèvres, le visage serein. Le Petit Prince Allouche, comme je me plaisais à l’appeler, était de ceux qui, quel que soit leur âge, vous laisseront toujours penser qu’ils sont partis trop tôt. Lui, encore plus que les autres, pour l’éclat de sa jeunesse bien sûr, pour son remarquable parcours professionnel aussi, mais surtout pour ses qualités profondément humaines. Chaleureux, serviable et toujours modeste, Allouche a fait de sa famille un monde et du monde sa famille. À tous, il assurait une présence exceptionnelle, avec, toujours, le geste et le mot qu’il faut. Naturellement. Mais telles n’étaient pas toutes ses qualités. Je me souviens encore du jour de sa soutenance de thèse, le 20 octobre 1995. Il ne s’est pas laissé griser par...
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