La livre libanaise a trouvé hier un grand soutien dans la propension du marché des changes de Beyrouth à l’offre plutôt qu’à la demande du dollar. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) eut maintenu ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente en l’état, soit entre 1 502,00 LL et 1 514,00 LL respectivement, le billet vert a dû terminer en clôture au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. Pourtant dans cette évolution, les établissements de crédit ont continué de traiter effectivement le billet vert au bas de la fourchette d’intervention de la BDL et rarement en dehors d’elle en raison de la réticence de la demande privée même à ce niveau. Il s’est négocié, en effet, dans une marge très étroite entre 1 502,00 et 1 502,25 LL avec un volume d’affaires de quelque treize millions de dollars, en grande partie absorbés par la BDL à 1 502,00 LL, ont indiqué les cambistes de la place. Le dollar déprimé par les inquiétudes sur l’Argentine À l’étranger, le dollar s’est replié face aux principales devises hier sur les marchés internationaux des changes inquiétés par des rumeurs persistantes de dévaluation du peso argentin. L’euro en a profité pour reprendre son souffle après avoir atteint un nouveau plus bas historique dans la matinée en Europe, à 1,0109 dollar avant cet accès de faiblesse du dollar. Le billet vert a peiné donc après l’ouverture de New York non seulement face à l’euro mais également face au yen. Les inquiétudes autour des marchés émergents, qui s’étaient quelque peu dissipées depuis un certain temps, ont commencé à occuper le devant de la scène, entraînant des corrections dans les taux de change, indique-t-on dans les milieux cambistes. Le dollar a souffert aussi de l’ouverture à la baisse de Wall Street hier, au lendemain d’une rude chute de 8,66 % de la Bourse de Buenos Aires qui a entraîné dans son sillage les marchés brésilien, mexicain et colombien. Ces inquiétudes ont sans doute épargné à l’euro une nouvelle glissade. La monnaie unique européenne a été en effet mal au point dans les premiers échanges hier après des chiffres économiques allemands encore décevants sur les ventes de détail et la balance commerciale. Pourtant, selon certains analystes, l’euro ne va pas connaître qu’un bref répit car les inquiétudes vis-à-vis de l’Amérique Latine vont graduellement se calmer et les cambistes vont à nouveau se concentrer sur le contraste entre les fondamentaux américains et européens, particulièrement avec la publication demain des chiffres sur l’inflation aux États-Unis. Le yen a profité de l’accès de faiblesse du dollar pour se reprendre, poussant le billet vert sous le seuil psychologique des 122 yens. Mais les opérateurs hésitaient toujours à soutenir davantage la monnaie nippone à la hausse, en raison des risques d’intervention de la Banque du Japon. Tout comme l’euro et le yen, la livre sterling s’est elle aussi ressaisie face à la devise américaine, les analystes attendant aujourd’hui les données sur l’emploi au Royaume-Uni. En effet, le dollar s’est finalement négocié à la baisse, à New York, comme suit : – 1,0170 pour un euro contre 1,0150, la veille. – 1,5575 pour un sterling contre 1,5560. – 1,9232 DM contre 1,9290. – 6,4475 FF contre 6,4610 – 1,5775 FS contre 1,5830. – 1 903,25 lires contre 1 908,05. – 121,30 yens contre 122,25. Bourse de Beyrouth : poursuite de la baisse Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a continué de battre en retraite hier, sous l’impulsion de la poursuite de la baisse des actions «A» de Solidere et de celles des Ciments blancs au porteur, dans un marché déserté sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées est redescendu hier de 0,43 % à 75,43 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu à 180,04 points. Pour ce qui est de l’activité de la cote, elle est restée très mince, ne dépassant pas quelque 10 834 actions d’une valeur globale de 64 224 dollars. Wall Street : sous le signe des inquiétudes latino-américaines Par ailleurs, Wall Street a connu hier une séance de baisse sous l’effet conjugué d’inquiétudes en provenance d’Argentine dont la Bourse de Buenos Aires avait opéré une dégringolade de 8,66 % au début de la semaine. Ce phénomène, reflétant les mauvais résultats de l’économie argentine, n’a pas tardé d’entraîner la chute d’autres marchés latino-américains. Ce bourdon venant d’Argentine a donc plané hier sur le marché de New York qui a aussitôt soufflé au lendemain de sa sensible hausse au-dessus des 11 200 points. Cela d’autant que les opérateurs venaient d’apprendre que l’indice d’activité de la Banque de réserve d’Atlanta avait baissé à 8,5 points le mois dernier contre 9,6 points en mai, témoignant d’un certain ralentissement de l’économie américaine. Cela étant et malgré la hausse de Merrill Lynch après avoir annoncé un bénéfice net par action de 1,57 dollar soit 11 cents de mieux que le montant attendu par les analystes, la tendance devait rester faible sur le marché américain. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a fléchi d’un plus haut à 11 200,03 points à un plus bas à 11 085,10 points , avant d’afficher en préclôture 11 173,12 points, en baisse de 27,86 points sur la veille. Les Bourses européennes ont suivi Wall Street à la baisse Les marchés boursiers européens ont accentué mardi après-midi leurs baisses de la matinée, sous le coup du recul de Wall Street, la santé financière de l’Argentine faisant craindre une nouvelle crise des marché émergents et incitant les investisseurs à chercher un refuge dans les marchés obligataires. Ces craintes ont particulièrement affecté la Bourse de Madrid, où l’indice IBEX a chuté de 1,87 % en raison de l’importante présence des entreprises espagnoles en Amérique latine. L’indice général européen Eurotop 300 index a abandonné 1,68 %, affecté notamment par la chute de 14,42 % de Williams Plc, cette société de matériels contre l’incendie ayant annoncé l’abandon, pour la deuxième fois en neuf mois, des discussions menées avec l’américain Tyco en vue d’une fusion. L’euro STOXX 50 index des valeurs vedettes de la zone euro a quant à lui reculé de 1,43 %, entraîné surtout par les banques et les pétrolières. Après Madrid, les plus lourdes pertes reviennent à la Bourse italienne (1,55 %), la Bourse helvétique (1,54 %) et à Londres (1,53 %), suivies par Paris (1,45 %), Francfort (1,38 %), Amsterdam (1,05 %) et Bruxelles (0,22 %). La valeur la plus en vue de la journée a été la néerlandaise Buhrmann qui s’est envolée de 18,7 %. En rachetant l’américaine Corporate Express pour 2,3 milliards de dollars, elle deviendra le premier distributeur mondial de fournitures de bureau. Les financières et les banques, deux compartiments particulièrement exposés en cas de crise de la dette, ont été les plus durement touchées, bien que les analystes insistent sur la nécessité de considérer avec prudence les rumeurs sur les difficultés en Amérique latine. «Je crois que c’est une fausse alerte, une tempête dans un verre d’eau, dit l’analyste Nick Stevenson, de Paribas». «Des chiffres décevants sur la croissance en Allemagne et l’inquiétude sur le crédit des marchés émergents se traduisent par une crainte accrue de risque sur le marché, mais j’ai tendance à croire que cela ne durera pas», a-t-il ajouté. La baisse de Wall Street, où le Dow a perdu plus de 100 points en début de séance avant de réduire ses pertes, a pesé sur les places européennes, compensant l’effet positif de la reprise de l’euro après son recul de la matinée. Des professionnels notent en outre que les investisseurs ont préféré rester sur la réserve dans l’attente d’importantes statistiques aux États-Unis, essentiellement les prix producteurs et les ventes au détail mercredi puis les prix à la consommation jeudi. Des chiffres modérés inciteraient les investisseurs à penser que les taux américains se stabiliseront pour un temps, mais de fortes variations ne manqueraient de raviver les craintes d’inflation et de hausse des taux. Tokyo : prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a terminé mardi en recul de 0,5 %, sur des prises de bénéfices après la forte hausse de la veille. L’indice Nikkei 225 a cédé 93,09 points, pour revenir à 18 181,09 pts en clôture. La veille, le principal indicateur du Kabuto-Cho avait gagné 1,9 %. L’indice élargi Topix a pour sa part perdu 0,42 point à 1 483,69. Les échanges ont été moyens, avec 667 millions de titres échangés, contre 534 millions la veille. L’indice Nikkei avait fini lundi sur son plus haut niveau depuis fin septembre 1997, poussant les investisseurs à prendre leurs bénéfices, a expliqué Kazunori Jinnai, directeur général adjoint du département actions de Daia Securities. Mais le sentiment du marché reste positif, les intervenants croyant enfin que l’économie mondiale est sur la bonne voie, et sortira bientôt de l’ornière, ont indiqué des opérateurs. La situation économique dans l’archipel s’est «récemment légèrement améliorée», grâce à un raffermissement du sentiment des milieux d’affaires et à une ébauche de redressement de la consommation des ménages, a relevé l’agence gouvernementale de planification économique (Epa) dans son rapport mensuel de juillet, rendu public mardi. C’est la première fois depuis vingt mois que l’agence fait état d’une amélioration de la situation économique japonaise.Pour Kazunori Jinnai, l’embellie sur le marché des actions est liée à l’accroissement des dépenses des consommateurs, récemment constaté, en véhicules importés et appartements en copropriétés.
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