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Actualités - Chronologie

Le mouvement étudiant , un soutien au président réformateur

Très influents en Iran en raison de leur rôle de pointe pendant la Révolution islamique de 1979, les étudiants apportent maintenant un soutien de poids au président réformiste Mohammad Khatami. La multiplication des manifestations contre l’attaque, la semaine dernière, d’étudiants de l’université de Téhéran par des miliciens islamistes et par la police est dès lors à suivre de près. «Il y a chez les étudiants bien des frustrations refoulées concernant la lenteur de la réforme, les meurtres non élucidés d’intellectuels et l’absence d’emplois pour les diplômés», note Bijan Khajehpour, un observateur politique iranien. «Il suffisait d’une étincelle pour déclencher des troubles». Il souligne que les manifestations ne sont pas dirigées contre le gouvernement de Khatami mais contre les éléments durs des forces de sécurité, du pouvoir judiciaire et du Parlement que les étudiants accusent de tenter d’enrayer les réformes et de couvrir les responsables d’une série d’assassinats d’intellectuels laïcs perpétrés l’an dernier. Plusieurs agents de sécurité ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur ces meurtres et le ministre chargé des Services de renseignement a dû démissionner en février après avoir reconnu que des agents y avaient participé. Mais le principal suspect s’est, selon la version officielle, suicidé en prison et aucun accusé n’a à ce jour été jugé. Les dirigeants chiites iraniens sont parfaitement conscients du pouvoir politique et de la popularité des étudiants ainsi que de leur capacité de déclencher des troubles. Les étudiants ont joué un rôle clef dans le soulèvement de 1978 contre le shah Mohammed Reza Pahlavi et, après la révolution, dans l’occupation de l’ambassade des États-Unis à Téhéran sous la conduite de Mohammad Mousavi Khoeinia, un dignitaire religieux. Ils ont aussi été très actifs dans les mouvements nationalistes de 1906 et 1953. Parmi les activistes qui ont retenu 52 Américains en otages pendant 444 jours à l’ambassade figurent Abbas Abdi, aujourd’hui rédacteur en chef de Salam et chaud partisan de réformes démocratiques, et Ebrahim Asgharzadeh, aujourd’hui influent au sein du Bureau d’encouragement de l’unité, un groupe d’étudiants proche de Khatami. Les islamistes ont pour la première fois fait appel à des milices contre les étudiants de gauche en 1979, afin de soumettre les universités à un strict contrôle islamique. Les purges ont atteint leur apogée en 1981, année de l’écrasement par les Gardiens de la révolution et par les milices islamistes de manifestations d’étudiants contre le limogeage du président Abolhassan Banisadr par le défunt ayatollah Khomeyni. De nombreux étudiants ont été tués et d’autres ont été arrêtés et exécutés ultérieurement, parfois après avoir passé des années en prison. Les exécutions en prison se sont notamment multipliées en 1988 après la fin de la guerre Iran-Irak, lors du lancement d’une grande offensive par des rebelles basés en Irak, selon des défenseurs des droits de l’homme. Depuis 1981, l’entrée à l’université était soumise au feu vert des islamistes. La mixité a été interdite dans les classes et les miliciens Basij, recrutés dans des milieux non intellectuels, se sont implantés dans les campus pour dissuader tout activisme étudiant. En 1997, l’élection de Khatami et la nouvelle liberté d’expression qui a suivi ont encouragé une nouvelle vague d’activisme politique étudiant menaçant la vieille garde islamiste.
Très influents en Iran en raison de leur rôle de pointe pendant la Révolution islamique de 1979, les étudiants apportent maintenant un soutien de poids au président réformiste Mohammad Khatami. La multiplication des manifestations contre l’attaque, la semaine dernière, d’étudiants de l’université de Téhéran par des miliciens islamistes et par la police est dès lors à suivre de près. «Il y a chez les étudiants bien des frustrations refoulées concernant la lenteur de la réforme, les meurtres non élucidés d’intellectuels et l’absence d’emplois pour les diplômés», note Bijan Khajehpour, un observateur politique iranien. «Il suffisait d’une étincelle pour déclencher des troubles». Il souligne que les manifestations ne sont pas dirigées contre le gouvernement de Khatami mais contre les éléments durs...