Bernard Kouchner est un infatigable combattant du droit d’ingérence qui, selon lui, a encore progressé avec l’intervention des Alliés dans la province serbe. Il s’est battu au sein des instances internationales, en particulier l’Onu, dès sa nomination au poste de secrétaire d’État à l’Action humanitaire en 1988, pour faire reconnaître la nécessité d’une protection internationale et préventive des minorités. Ce droit d’ingérence, qui a pris forme après la guerre du Golfe (1991) au moment de l’exode des Kurdes irakiens, «s’impose enfin» avec le Kosovo, estime M. Kouchner, selon qui l’intervention alliée a néanmoins été trop tardive. Nommé secrétaire d’État à l’Action humanitaire en 1988, il est promu ministre de la Santé et de l’Action humanitaire dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy (1992-1993). Secrétaire d’État à la Santé en 1997, il ajoute l’Action sociale à son portefeuille en 1998. Originaire d’Avignon (Vaucluse), ce médecin de 59 ans, spécialiste de gastro-entérologie, prend conscience de l’ampleur de l’urgence humanitaire au Biafra en 1968, où il se rend pour le compte de la Croix-Rouge. En 1971, il crée un corps de médecins bénévoles : Médecins sans frontières (MSF), connus dans le monde entier comme les French Doctors. M. Kouchner se rend dans les principales zones de conflits et de catastrophes humanitaires : au Biafra, en Jordanie au moment de Septembre noir, au Liban, au Kurdistan, au Vietnam, au Cambodge, en Thaïlande, en Amérique centrale, en Yougoslavie, en Afghanistan, au Soudan. L’initiative très médiatisée “Un bateau pour le Vietnam” (bateau-hôpital pour secourir les boat-people en mer de Chine) en 1979-80, marque une fracture au sein de l’organisation. En 1980, M. Kouchner et des dissidents de MSF créent Médecins du monde (MDM), dont il sera président jusqu’en 1988. Si son action est reconnue, son extrême médiatisation lui attire de nombreuses critiques. Son apparition télévisée en 1992 sur une plage de Somalie, un sac de riz sur l’épaule, a notamment déchaîné ses détracteurs qui n’hésitent pas à le qualifier d’«un tiers-mondiste, deux tiers mondain». En mai 1988, il débute sa carrière politique dans le premier gouvernement de Michel Rocard, qui s’ouvre aux personnalités civiles. Il est alors nommé secrétaire d’État chargé de l’Insertion sociale. Quelques semaines plus tard, il devient secrétaire d’État à l’Action humanitaire. M. Kouchner, qui a été député européen sur la liste de Michel Rocard (1994-97), a adhéré au Parti socialiste en 1998, après un passage de deux ans chez les Radicaux. Auteur de plusieurs livres dont Le devoir d’ingérence (1987), Le malheur des autres (1991) ou Dieu et les hommes en collaboration avec l’abbé Pierre, Bernard Kouchner a également écrit, sous le pseudonyme de Bernard Gridaine, plusieurs scénarios pour des séries télévisées comme Médecins de nuit. Il a reçu de nombreux prix pour ses activités humanitaires, dont le prix Dag Hammarskjold en 1979 et le prix Athinai de la fondation Alexandre Onassis en 1981 pour son action en faveur des droits de l’homme. Bernard Kouchner est père de quatre enfants, dont un avec sa compagne actuelle, la journaliste Christine Ockrent.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Bernard Kouchner est un infatigable combattant du droit d’ingérence qui, selon lui, a encore progressé avec l’intervention des Alliés dans la province serbe. Il s’est battu au sein des instances internationales, en particulier l’Onu, dès sa nomination au poste de secrétaire d’État à l’Action humanitaire en 1988, pour faire reconnaître la nécessité d’une protection internationale et préventive des minorités. Ce droit d’ingérence, qui a pris forme après la guerre du Golfe (1991) au moment de l’exode des Kurdes irakiens, «s’impose enfin» avec le Kosovo, estime M. Kouchner, selon qui l’intervention alliée a néanmoins été trop tardive. Nommé secrétaire d’État à l’Action humanitaire en 1988, il est promu ministre de la Santé et de l’Action humanitaire dans le gouvernement de Pierre...