Le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov rencontre à Oslo le secrétaire d’État américain Madeleine Albright pour tenter d’apaiser les tensions entre les deux pays après des propos fracassants du président Boris Eltsine. Cette première rencontre Ivanov-Albright depuis le début du conflit en Yougoslavie, prévue dans un hôtel de l’aéroport d’Oslo, devrait durer près de deux heures, selon le chef de la diplomatie norvégienne Knut Vollebaek, président en exercice de l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE). Vendredi, au cours d’une allocution télévisée chargée d’émotion, le président Eltsine avait évoqué la possibilité d’une troisième guerre mondiale en cas d’escalade du conflit entre l’Otan et la Yougoslavie. «Ne nous poussez pas à une action militaire, sinon il y aura sûrement une guerre européenne et, peut-être, mondiale», avait-il déclaré. Plus inquiétant, Boris Eltsine avait ajouté : «La Russie ne s’engagera pas dans un conflit armé en Yougoslavie, sauf si les États-Unis l’y poussent». À Oslo, M. Igor Ivanov devra d’abord rassurer Madeleine Albright quant au refus de Moscou de s’impliquer directement dans le conflit yougoslave, en dépit des demandes pressantes de la Douma (Chambre basse du Parlement) contrôlée par les communistes et les nationalistes qui exigent une aide russe à Belgrade, notamment des livraisons d’armes. Il aura sans doute aussi à se livrer à une explication des propos de Boris Eltsine pour faire la part des choses entre le discours émotionnel du président russe, les concessions obligatoires du Kremlin à l’opposition communiste et nationaliste et la ligne rouge que Moscou ne veut pas voir l’Otan franchir. Cette ligne rouge paraît aujourd’hui être une opération terrestre de l’Otan en Yougoslavie. Moscou dénonce comme imminente une telle opération, en dépit des démentis apportés par plusieurs pays occidentaux. M. Ivanov réitérera bien sûr à Mme Albright la demande d’un arrêt des frappes de l’Otan pour permettre le retour aux négociations sur le Kosovo. Le ministre russe part sans doute à Oslo sans illusion en la matière, le secrétaire d’État britannique à la Défense Doug Henderson ayant annoncé samedi que les bombardements de l’Otan allaient s’intensifier et durer «aussi longtemps qu’il sera nécessaire». Le seul point de convergence entre M. Ivanov et Mme Albright pourrait être la préparation d’un sommet du G-8 dont Moscou réclame avec insistance une réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères. Les directeurs politiques du G-8 (les sept pays les plus industrialisés : États-Unis, Canada, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, plus la Russie) ont posé les jalons d’une telle réunion samedi à Dresde (Allemagne). Après avoir échoué dans sa tentative de faire passer le dossier des frappes de l’Otan contre la Yougoslavie devant le Conseil de sécurité de l’Onu, Moscou espère maintenant trouver au sein du G-8 une solution politique au Kosovo.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov rencontre à Oslo le secrétaire d’État américain Madeleine Albright pour tenter d’apaiser les tensions entre les deux pays après des propos fracassants du président Boris Eltsine. Cette première rencontre Ivanov-Albright depuis le début du conflit en Yougoslavie, prévue dans un hôtel de l’aéroport d’Oslo, devrait durer près de deux heures, selon le chef de la diplomatie norvégienne Knut Vollebaek, président en exercice de l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE). Vendredi, au cours d’une allocution télévisée chargée d’émotion, le président Eltsine avait évoqué la possibilité d’une troisième guerre mondiale en cas d’escalade du conflit entre l’Otan et la Yougoslavie. «Ne nous poussez pas à une action...