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Actualités - Reportages

Bibliothèques spécialisées A l'Ifapo, 45000 ouvrages d'archéologie et d'histoire(photo)

L’archéologie comme toute science humaine ne peut se passer de documentation. Et surtout pas de mémoire. Dès lors, pas d’institut digne de ce nom sans bibliothèque. Ainsi, dès sa création en 1946, l’Institut français d’archéologie du Proche-Orient (l’Ifapo) a pu disposer d’un lot d’ouvrages assez impressionnant. Autour de la bibliothèque, la plus riche alors de la région, l’Ifapo s’est d’abord développé comme un centre de recherche. La guerre du Liban a conduit à la création de deux nouveaux sites régionaux, l’un à Damas, l’autre à Amman. Mais le centre de Beyrouth a pour spécificité d’être le lieu d’implantation de la bibliothèque d’origine. Celle-ci compte 45 000 ouvrages en différentes langues et 10 000 périodiques. «Des trésors par leur ancienneté et leur rareté», dit la bibliothécaire Maguy Harfouche. Malheureusement, ces livres ont passé des années dans des caisses réparties entre différents entrepôts qui, souvent, ne remplissaient pas les conditions de conservation nécessaires. Plusieurs ouvrages se sont ainsi désagrégés ou perdus. De 1994 à 1997, la bibliothèque a donc été fermée pour cause d’inventaire. Et pour l’informatiser. Une diffusion sur CD-Rom et sur internet est même en cours. Des catalogues ont été édités. Les chercheurs les consultent puis désignent l’ouvrage qu’ils souhaitent compulser, sur place, car les emprunts comme l’accès au dépôt sont interdits. La photocopie est permise. Sauf pour quelques très vieux livres qui doivent être maniés avec précaution. Les fonds ont été classés en trois catégories : littérature ancienne, histoire ancienne et archéologie en général. Pour son redémarrage, le 15 décembre dernier, la bibliothèque a reçu le nom du fondateur de l’institut. Spécialisée, elle n’est pas ouverte au grand public mais aux chercheurs, des étudiants détenteurs d’une maîtrise, professeurs ou amateurs éclairés. La nouvelle salle de lecture rend la biblio plus accueillante, plus attirante. «Mais ce n’est pas une bibliothèque qui vit», affirme Anne-Sophie Dalix, chercheur. Pourquoi ? Parce que, de 1975 à 1991, Beyrouth n’a plus reçu de nouveautés. Et que depuis le retour de la paix, les livraisons se font au compte-gouttes : rarement plus de 20 ouvrages par an. Toutes les nouvelles parutions ont été acheminées vers Damas. Cependant, la Banque nationale de Paris (BNP) a fait don de 250 ouvrages. À la bibliothèque, s’ajoutent une cartothèque et une photothèque qui rassemblent fonds de cartes et photographies. Grosso modo, l’Ifapo donne l’impression de se focaliser sur sa mission archéologique au point d’en négliger un peu la bibliothèque de Beyrouth qui, face à sa consœur de Damas, tente désespérément de se redonner un rôle de leader. Publications l’Ifapo publie la revue d’archéologie et d’histoire Syria, 4 fascicules annuels, 74 tomes parus. L’institut publie aussi une collection, La bibliothèque archéologique et historique, qui a 152 titres à son actif. Là, une équipe supervise les étapes de réalisation – rédaction, correction, maquette – à l’aide d’une chaîne informatique intégrée. Il est possible de commander les ouvrages sur Internet par l’intermédiaire du site de l’Ifapo : http:// www.lb.refere.org/l’ifapo Origine L’Institut français d’archéologie de Beyrouth a été fondé en 1946 par Henri Seyrig, père de la grande actrice récemment disparue Delphine Seyrig. L’institut a étendu son label en 1977 au Proche-Orient pour devenir l’Ifapo. Il s’est d’abord installé dans la maison Beyhum (secteur Starco), construite en 1850, avant de connaître des années d’errance durant les événements, pour enfin élire domicile rue de Damas.
L’archéologie comme toute science humaine ne peut se passer de documentation. Et surtout pas de mémoire. Dès lors, pas d’institut digne de ce nom sans bibliothèque. Ainsi, dès sa création en 1946, l’Institut français d’archéologie du Proche-Orient (l’Ifapo) a pu disposer d’un lot d’ouvrages assez impressionnant. Autour de la bibliothèque, la plus riche alors de la région, l’Ifapo s’est d’abord développé comme un centre de recherche. La guerre du Liban a conduit à la création de deux nouveaux sites régionaux, l’un à Damas, l’autre à Amman. Mais le centre de Beyrouth a pour spécificité d’être le lieu d’implantation de la bibliothèque d’origine. Celle-ci compte 45 000 ouvrages en différentes langues et 10 000 périodiques. «Des trésors par leur ancienneté et leur rareté», dit la...