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Actualités - Chronologie

Les Balkans, nouveau thème de la campagne présidentielle US

Les candidats à l’élection présidentielle américaine de l’an 2000 se sont saisis ces derniers jours du conflit au Kosovo, l’intégrant avec prudence dans leur arsenal de campagne. Le favori à l’investiture républicaine, George Bush junior, s’est ainsi aventuré à soutenir les frappes aériennes de l’Otan, tout en prêchant une extrême prudence. «La question est que faisons-nous ensuite ? L’Amérique doit être prudente au moment d’engager les forces armées», a-t-il déclaré dans une interview à l’hebdomadaire Time. Deuxième candidate à l’investiture républicaine, Elizabeth Dole, s’est de la même façon gardée de positions trop tranchées, affirmant simplement qu’aucune option ne devait être rejetée. Mais son époux, candidat malheureux contre Bill Clinton en 1996, a, lui, vivement critiqué les résultats des frappes aériennes de l’Otan. «On est loin d’un succès complet», a-t-il écrit dans un éditorial publié lundi par le Washington Post, en accusant le président Clinton de ne pas avoir donné assez de liberté aux militaires. L’ancien gouverneur du Tennessee Lamar Alexander et le millionnaire Steven Forbes ont tous les deux exprimé leurs doutes sur la participation américaine à l’opération de l’Otan en Yougoslavie. Mais ils ont néanmoins affiché le nécessaire soutien patriotique «à nos soldats». Chez les démocrates, le vice-président Al Gore, favori à l’investiture, s’est évidemment rangé derrière Bill Clinton. Il s’est cependant montré encore plus catégorique dans son refus d’envoyer des troupes terrestres, conscient, selon certains analystes, que des morts américains pourraient compromettre sa conquête de la Maison-Blanche. Pour lui, le sujet est d’autant plus délicat que même une victoire militaire ne l’assure pas d’une victoire électorale. L’ancien président George Bush avait gagné la guerre du Golfe mais a perdu en 1992 contre Bill Clinton, rappelle un analyste politique, Fred Yang. Le seul concurrent avoué d’Al Gore, l’ancien gouverneur du New Jersey Bill Bradley, a lui critiqué l’absence de «stratégie de sortie», sans pour autant expliquer quelle serait la sienne. Ironiquement, la décision de Bill Clinton de frapper la Yougoslavie a bouleversé les positions traditionnelles des partis, les démocrates apparaissant plus bellicistes que les républicains. Pour les analystes, la prudence des candidats à la présidentielle s’explique pour deux raisons. Il serait imprudent, disent-ils, de choisir une ligne dure dans un conflit aussi incertain. Et, selon eux, critiquer Bill Clinton, alors que des soldats américains sont engagés dans l’opération de l’Otan, pourrait être mal perçu par l’électorat. «Habituellement, les candidats s’abstiennent de critiquer lorsqu’une opération est en cours», explique Tom Keany, politologue de l’Université Johns Hopkins. «Vous pouvez parler davantage une fois que l’opération est terminée», ajoute-t-il. Exception dans cette prudence affichée, le sénateur républicain John McCain. Ancien prisonnier de guerre au Vietnam, premier candidat républicain déclaré à l’investiture républicaine, il a envahi les talk-shows télévisés, répétant jour après jour que des frappes aériennes ne suffiront pas à faire plier le président yougoslave Slobodan Milosevic. «Le président ne peut pas gagner une guerre sans faire la guerre. Il faut dire, tout est sur la table, tout peut être utilisé. Et s’opposer à l’utilisation des forces terrestres ne fait qu’encourager M. Milosevic», a-t-il notamment affirmé cette semaine.
Les candidats à l’élection présidentielle américaine de l’an 2000 se sont saisis ces derniers jours du conflit au Kosovo, l’intégrant avec prudence dans leur arsenal de campagne. Le favori à l’investiture républicaine, George Bush junior, s’est ainsi aventuré à soutenir les frappes aériennes de l’Otan, tout en prêchant une extrême prudence. «La question est que faisons-nous ensuite ? L’Amérique doit être prudente au moment d’engager les forces armées», a-t-il déclaré dans une interview à l’hebdomadaire Time. Deuxième candidate à l’investiture républicaine, Elizabeth Dole, s’est de la même façon gardée de positions trop tranchées, affirmant simplement qu’aucune option ne devait être rejetée. Mais son époux, candidat malheureux contre Bill Clinton en 1996, a, lui, vivement critiqué...