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Actualités - Chronologie

Les Eglises et le Kosovo : une unanimité lourde d'arrière-pensées

Du pape Jean-Paul II au patriarche russe Alexis II, de l’Église orthodoxe serbe au Conseil œcuménique des Églises à Genève, en Europe tous les responsables religieux ou presque ont déploré le conflit au Kosovo et les bombardements de l’Otan sur la Serbie. Mais cette unanimité affichée, lourde des arrière-pensées nourries par l’histoire, ne peut totalement masquer les divergences de sensibilités et d’analyses sur les causes du conflit. Seul le chef de l’Église catholique allemande, l’évêque Karl Lehmann, a défendu les raids de l’Otan destinés à «empêcher une catastrophe humanitaire et à écarter une menace pour la paix du monde». Les autres dignitaires religieux ont souligné en des termes presque similaires que la violence ne saurait être une réponse à la violence. Le Conseil œcuménique des Églises, qui rassemble protestants et orthodoxes du monde entier, a exigé «l’arrêt immédiat de l’intervention militaire afin de permettre la relance des négociations politiques sous les auspices des Nations unies». Dans une lettre au secrétaire général des Nations unies datée du 29 mars, le COE ainsi que la Conférence des Églises européennes et la fédération luthérienne mondiale indiquent soutenir un règlement non violent du conflit «fondé sur la garantie des droits de toutes les communautés», seule évocation indirecte des exactions dont sont victimes des Albanais du Kosovo. Porteur d’un message du pape au président yougoslave Slobodan Milosevic, dont le contenu exact n’a pas été dévoilé, le ministre des Affaires étrangères du Vatican Mgr Jean-Louis Tauran avait appelé à une trêve pascale d’une semaine, tout en soulignant qu’une telle initiative «devrait être assortie de mesures concrètes au sol, de manière à ce que personne ne mette une trêve à profit pour poursuivre ses propres desseins». Dans chacune de ses nombreuses interventions depuis le début du conflit, Jean-Paul II souligne qu’il n’est jamais trop tard pour faire taire les armes et négocier. Mais il prend soin également d’en appeler à «un accord respectant les différents peuples et les diverses cultures» ainsi que la liberté de chacun. Témoignant aussi du souci constant du pape d’améliorer les relations entre Rome et le monde orthodoxe, Mgr Tauran a également rencontré le patriarche Pavle de Serbie. Dans une déclaration adoptée le 23 mars, l’Église serbe a condamné les conflits à caractère «interethnique» mais a souligné que «le mal, au Kosovo ou ailleurs, ne saurait être guéri par un mal plus grand et encore plus immoral : le bombardement d’un peuple d’Europe, petit mais honorable». Elle a réaffirmé que le Kosovo et la Métochie étaient le «berceau du peuple serbe». Tandis qu’un envoyé du pape se rendait en Albanie pour coordonner les initiatives humanitaires en faveur des réfugiés qui affluent du Kosovo, les Églises orthodoxes de Grèce et de Chypre se mobilisent pour collecter des fonds en faveur des Serbes. C’est le cas également d’Alexis II, chef de l’Église orthodoxe russe qui a appelé les Russes à prier «pour leurs frères serbes» et a qualifié les frappes de l’Otan de «sacrilège», critiquant «les forces qui s’octroient le rôle de gendarme mondial». Ces propos très vifs contrastent avec les propos mesurés du patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomeos qui a dénoncé le nationalisme dans les Balkans.
Du pape Jean-Paul II au patriarche russe Alexis II, de l’Église orthodoxe serbe au Conseil œcuménique des Églises à Genève, en Europe tous les responsables religieux ou presque ont déploré le conflit au Kosovo et les bombardements de l’Otan sur la Serbie. Mais cette unanimité affichée, lourde des arrière-pensées nourries par l’histoire, ne peut totalement masquer les divergences de sensibilités et d’analyses sur les causes du conflit. Seul le chef de l’Église catholique allemande, l’évêque Karl Lehmann, a défendu les raids de l’Otan destinés à «empêcher une catastrophe humanitaire et à écarter une menace pour la paix du monde». Les autres dignitaires religieux ont souligné en des termes presque similaires que la violence ne saurait être une réponse à la violence. Le Conseil œcuménique des...