Les doubles champions en titre suédois ont été éliminés d’entrée de jeu en Coupe Davis de tennis ce week-end, de même que l’Espagne et la Grande-Bretagne, qui a cru à l’exploit jusqu’au bout face aux vétérans américains. Les Slovaques ont créé la surprise en battant 3-2 une équipe scandinave habituée de la compétition et invaincue depuis deux ans, qui jouait en outre à domicile. Finalistes surprise l’an passé, les Italiens n’ont pas fait longtemps illusion en s’inclinant dès samedi devant la Suisse. Slovaques et Helvètes ont été rejoints en quarts de finale par la France victorieuse des Pays-Bas, qui affrontera le Brésil vainqueur de l’Espagne, ainsi que par l’Australie, la Belgique, la Russie. Sur le taraflex de Trollhöttan, les Suédois avaient obtenu samedi un répit 2-1 en remportant le double après avoir perdu les deux simples de vendredi. Mais Karol Kucera n’a guère fait durer le suspense en battant le 15e mondial Thomas Enqvist 1-6, 6-3, 6-2, 6-4, dans le premier simple retour dimanche. Les Slovaques l’emporteront finalement 3-2. Kucera, 10e joueur mondial, a infligé à Enqvist, numéro un suédois, sa deuxième défaite du week-end, après le succès inattendu de Dominik Hrbaty, 31e mondial, vendredi. À Neuchâtel, les Suisses sont facilement venus à bout d’une équipe transalpine diminuée par l’absence d’Andrea Gaudenzi, blessé, et de son spécialiste de double Diego Nargiso, malade. Marc Rosset et Lorenzo Manta ont donné à leur équipe le point de la victoire en remportant le double. Rosset avait déjà gagné un simple, de même que le grand espoir du tennis helvétique Roger Federer. Pour l’honneur, les Italiens ont réduit le score dimanche à 3-2. Pioline et Kuerten en héros Les arènes de Nîmes ont porté chance à Guy Forget, qui étrennait ses galons de capitaine de l’équipe de France. Les Tricolores se sont en effet imposés 4-1 face à une équipe néerlandaise pourtant dotée dans ses rangs du quatrième joueur mondial, Richard Krajicek. Vainqueur d’un premier simple marathon vendredi, Krajicek s’est incliné dans le simple retour face à Cédric Pioline 6-3, 3-6, 7-5, 7-6 (7-5). Le numéro un français a été incontestablement le héros du week-end, égalisant 1-1 vendredi aux dépens de Paul Haarhuis, jouant un grand rôle dans la victoire difficile en double samedi, tenant bon enfin dimanche face au géant Krajicek. Les Français affronteront les Brésiliens du 16 au 18 juillet prochains avec l’avantage du terrain. De même que la France peut saluer Pioline, les Brésiliens peuvent dire un grand merci à Gustavo Kuerten. L’ancien vainqueur de Roland-Garros a eu raison d’un autre lauréat de la Porte d’Auteuil, Carlos Moya, vaincu dans le match décisif sur le score sévère de 6-2, 6-4, 6-1. Guga et son coup droit puissant de fond de court n’ont laissé aucun répit à l’éphémère numéro un mondial du mois de mars, totalement débordé devant son public de Lleida. Kuerten a remporté ses deux simples et son rôle dans le double aux côtés de Jaime Oncins s’est révélé décisif dans la victoire marathon samedi contre Alex Corretja et Albert Costa 6-2, 5-7, 4-6, 6-4, 6-3. La Belgique est revenue de loin face à la République tchèque. Menée 2-1 après le double, l’équipe du plat pays a réussi à l’emporter à l’arraché 3-2, le teenager Xavier Malisse s’improvisant en héros d’un jour grâce à son succès décisif contre Slava Dosedel à l’issue d’un tie-break haletant 3-6, 6-4, 6-0, 7-6 (9-7). Âgé de 18 ans et classé au 128e rang mondial, Malisse avait déjà gagné le point de l’égalisation à 1-1 vendredi. Christophe Van Garsse, classé 151e mondial, a parfaitement joué son rôle de remplaçant au pied levé de Filip Dewulf, hors de forme, en décrochant une précieuse égalisation à 2-2 dimanche aux dépens de Bohdan Ulihrach, tout de même 35e mondial. La Belgique affrontera la Suisse en quarts. Victorieuse en 1988 et 1989 grâce à un Boris Becker au firmament, l’Allemagne a encore compté sur son vétéran pour garder espoir face à la Russie. Becker a en effet remporté le double aux côtés de David Prinosil. Mais cela n’a pas suffi. Evgueni Kafelnikov, troisième mondial, a remporté ses deux simples et Marat Safin a ajouté le troisième point de la victoire des Slaves 3-2, qui joueront un quart de finale explosif contre les Slovaques. Courier donne la qualification aux États-Unis Jim Courier a offert la qualification en quarts de finale de la Coupe Davis aux États-Unis en venant à bout du Britannique Greg Rusedski 6-4, 6-7 (3/7), 6-3, 1-6, 8-6, lors du dernier match du premier tour du groupe mondial, dimanche à Birmingham (centre). La Grande-Bretagne qui effectuait son retour dans le groupe mondial où elle n’était plus apparue depuis 1992, a bien cru pendant quelques heures obtenir sa première victoire sur les États-Unis en 64 ans. Menés 2 victoires à 0, les Britanniques sont revenus en effet à 2 victoires partout. Mais les Américains sont restés les maîtres grâce notamment à Jim Courier. Dimanche soir, devant les 9 400 spectateurs de la National Indoor Arena, Courier a su puiser dans ses réserves pour s’imposer après 3 heures et 47 minutes de combat. Greg Rusedski a bien résisté, mais s’est effondré après avoir sauvé deux balles de match dans le cinquième set, en mettant une dernière volée dans le filet. Le Britannique d’origine canadienne avait déjà raté son entrée en matière, en perdant son service dès le premier jeu sur un smash facile manqué. La Grande-Bretagne qui avait l’avantage de ne pas avoir à affronter ni Pete Sampras, ni Andre Agassi, est passée près de l’exploit. Mais Courier, 28 ans, ancien numéro un mondial tombé à la 54e place, a su se transcender face à Henman puis face à Rusedski, pour offrir à son pays l’occasion d’aller affronter l’Australie en quarts. Grande-Bretagne - États-Unis : déclarations Jim Courier (USA, vainqueur de Greg Rusedski) : «Je ne me souviens pas de la dernière fois où je me suis senti autant en paix. C’était comme si j’étais dans un canot pneumatique au milieu d’une mer démontée, mais j’étais étrangement calme. Vous ne verrez pas de meilleur jeux (que le dernier jeu du cinquième set, Ndlr). Quand j’ai été mené 5-0 dans le quatrième set, j’ai voulu gagner mon service pour servir en premier dans le dernier set. Et cela m’a beaucoup aidé en fin de compte». Tom Gullikson (capitaine des États-Unis) : «Ces gars (les Britanniques, Ndlr) aiment me faire faire des cheveux blancs. Je tiens à les féliciter car ils ont pratiqué un très beau tennis et ce sont de grands compétiteurs. Avec un tennis de cette qualité, c’était du calibre d’une demi-finale ou d’une finale». France - Pays-Bas : déclarations Guy Forget (capitaine de l’équipe de France) : «Je suis fier de mes joueurs. Jouer contre une équipe aussi forte que les Pays-Bas n’était pas facile et la tension était forte. Ils ont tous été extraordinaires et je ne crois pas m’être trompé dans mes choix. Contre Krajicek, Cédric est allé chercher le point de la victoire avec ses tripes. Je pense qu’il aurait été capable de faire un cinquième set, mais je n’avais pas envie qu’il le joue. En Coupe Davis, on ne gagne pas parce qu’on est mieux classé que l’adversaire mais parce qu’on joue avec son cœur. On ne voit cela nulle part ailleurs. Le match Pioline - Krajicek était digne d’une finale d’un tournoi du Grand Chelem. Au prochain tour, contre le Brésil, on choisira une surface rapide, probablement en salle». Cédric Pioline (vainqueur de Richard Krajicek) : «J’éprouve une grande joie intérieure. Contre Krajicek, je me sens assez à l’aise. J’aime jouer contre lui. Dimanche matin, après le double de la veille, je m’étais levé sans courbatures et j’étais très bien. Jeudi, si on m’avait dit que je marquerais trois points, j’aurais rigolé. Mais la Coupe Davis, c’est cela. Le public chauffé à blanc et l’ambiance de folie m’ont beaucoup aidé. Je ne sais pas ce qui se serait passé dans un cinquième set, mais j’étais prêt à le jouer. J’ai le sentiment d’avoir fait quelque chose hors du commun et qu’une part importante du boulot du week-end me revient».
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