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Actualités - Opinion

Le coeur de Sonia

Jeudi 1er avril 1999, tu es partie en croisière toute seule : sur l’Œnotria, l’Espéria ou à bord de ce gros bateau qui s’appelait le France ? On dit que «le 1er avril est sans rancune». Nous avons noyé ce poisson d’avril de nos sanglots. Vendredi Saint 99 : Ana el Oum el Hazina. J’aurais voulu l’entendre de ta belle voix naturellement rauque, ta voix qui chantait si bien Feyrouz. Tu savais faire vibrer en nous la nostalgie du pays, sous d’autres cieux…. Nous voilà, humains, sincèrement tristes, profondément blessés de noir vêtus. Je me suis mise en blanc pour toi, pour ta famille, pour tes amis. Il me semble voir ton clin d’œil approbateur et complice ! Samedi – Sabt el Nour 1999. Il est venu, il t’a prise par la main, il t’a emmenée dans sa Résurrection. Tu lui as dit : «Seigneur ! Est-ce parce que j’ai souffert ?». Il a probablement répondu : «Non seulument pour cela Sonia ; mais aussi parce que tu as gardé la foi ; et surtout parce que : “J’ai eu froid, tu m’as réchauffé J’avais soif, tu m’as désaltéré J’avais faim, tu m’as rassasié J’étais malade, tu m’as soigné”. “Frappez… et l’on vous ouvrira”. Toute sa vie, Sonia a ouvert sa porte et son cœur. Elle avait «l’âme en dentelles»… Aujourd’hui, je l’imagine sur son nuage blanc et rose, romantique à souhait. Ses yeux d’Alice aux pays des merveilles organisent déjà un camp : à force de côtoyer les guides et le scoutisme, elle en a acquis l’esprit. Mais son camp sera à sa manière. Elle va dresser des tentes merveilleuses, planter toutes les fleurs : des roses pour celle-ci, des violettes pour celle-là. Elle dira à l’ange-cuisinier : attention cette amie ne mange pas de viande, cette autre adore les gâteaux…. Sonia, vraie fée du logis, a toujours eu une devise : Faire plaisir à chacun. Quand l’heure sera venue, et si nous le méritons, nous la reverrons rire aux éclats en donnant ses instructions. «Ma chérie ! Descends les valises et les sacs à dos de l’autocar, tu as bon dos !». Sonia, étoile filante, rêve fugitif, trop court pour nous.
Jeudi 1er avril 1999, tu es partie en croisière toute seule : sur l’Œnotria, l’Espéria ou à bord de ce gros bateau qui s’appelait le France ? On dit que «le 1er avril est sans rancune». Nous avons noyé ce poisson d’avril de nos sanglots. Vendredi Saint 99 : Ana el Oum el Hazina. J’aurais voulu l’entendre de ta belle voix naturellement rauque, ta voix qui chantait si bien Feyrouz. Tu savais faire vibrer en nous la nostalgie du pays, sous d’autres cieux…. Nous voilà, humains, sincèrement tristes, profondément blessés de noir vêtus. Je me suis mise en blanc pour toi, pour ta famille, pour tes amis. Il me semble voir ton clin d’œil approbateur et complice ! Samedi – Sabt el Nour 1999. Il est venu, il t’a prise par la main, il t’a emmenée dans sa Résurrection. Tu lui as dit : «Seigneur ! Est-ce parce...