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Actualités - Interviews

Dans le monde Rencontre avec John Madden, réalisateur de "Shakespeare in love"

Il n’a peut-être pas gagné l’Oscar, mais qu’importe? John Madden vient de s’imposer comme l’un des réalisateurs les plus talentueux de sa génération. On avait prédit, déjà depuis «Mrs Brown», une carrière cinématographique réussie pour ce metteur en scène anglais né en 1949, riche d’une vaste expérience dans le théâtre. Raya Abi-Rached l’a rencontré lors de la 49e Berlinale, au lendemain de l’annonce des nominations des Oscars 1999. Souriant et chaleureux, John Madden répond à nos questions avec beaucoup de simplicité. L’Orient-Le Jour: Geoffrey Rush (acteur dans le film) a déclaré qu’il était content parce que tout le monde affirmait que les films d’époque ne marcheraient plus, mais que Shakespeare in Love avait prouvé le contraire, qu’en pensez-vous? John Madden: «Il y a quelque chose d’agréable et de très moderne dans la manière dont ce film présente la période élisabéthaine. Ceci est certainement justifié par les similitudes entre le monde shakespearien et le monde moderne du «showbiz», ce qui confère une touche très amusante à notre film. Il m’a semblé important de lever le voile sur la vie de Shakespeare, que tout le monde croyait inaccessible, mais qui en fait ne l’était pas. Les choses qu’il écrivait restent vraies aujourd’hui et tellement proches de ce que nous vivons». L’Orient-Le Jour: Le succès du film a été favorisé par la combinaison parfaite d’un excellent scénario avec une mise en scène astucieuse. Parlez-nous de votre collaboration avec les scénaristes Marc Norman et Tom Stoppard. J.M.: «J’ai travaillé le plus avec Tom parce qu’il vit en Angleterre et m’était plus accessible. Tom a pris le scénario de Marc et en a gardé le même concept. La clé du succès de tout film est son scénario. Il est également inévitable que le réalisateur s’en mêle parce que c’est à lui de faire le film, pour le meilleur et pour le pire, et de décider à quoi il doit ressembler. Tom est un écrivain extraordinairement brillant au théâtre, le «Shakespeare de nos jours», mais en ce qui concerne ce film il a tout de suite compris, au moment du tournage, que nous devions réécrire la fin parce que, sinon, ça ne marcherait pas. Nous n’avons pas vraiment changé la fin, mais la manière d’évoluer vers ce dénouement. Il s’est montré incroyablement coopératif et c’était un bonheur de travailler avec lui. Je me sentais à l’aise de lui suggérer par exemple “Je ne suis pas sûr que ce mot soit adéquat”. Il est modeste et dévoué. Je lui donnais constamment un problème à résoudre; le soir, il restait debout jusqu’à trois heures du matin et m’envoyait par fax des nouvelles versions des scènes. C’était merveilleux!» L’Orient-Le Jour: Tous les acteurs du film, Judi Dench, Joseph Fiennes, Geoffrey Rush, Colin Firth, Tom Wilkinson, ont eu de nombreuses expériences dans des films très anglais, shakespeariens ou encore au théâtre. Et puis il y a Gwyneth Paltrow, actrice américaine qui n’avait pas tourné dans des films d’époque à part Emma. Comment vous avez eu l’intuition qu’elle incarnerait si bien Viola De Lesseps? J.M.: «Parce que je l’avais auditionnée six ans auparavant, à l’époque où elle n’était encore apparue dans aucun film, et je ne pouvais pas ne pas remarquer son talent. Elle a, évidemment, la qualité d’une star mais ce n’est pas seulement cela, elle jouit de l’intelligence et de l’instinct des grandes vedettes. J’ai senti qu’elle pouvait jouer presque n’importe qui et qu’elle personnifiait bien Viola. Gwyneth avait l’aptitude de montrer en Viola une jeune fille fantaisiste, romantique et avide de poésie qui évolue en une femme profonde et forte, dont la personnalité traverse les siècles». L’Orient-Le Jour: Et maintenant, après treize nominations et sept Oscars, comment vivez-vous le succès du film? J.M.: «J’aurais souhaité m’en tenir aux nominations, vu que le film n’allait certainement pas gagner treize Oscars. Pour moi, c’est plus que suffisant. Je sais désormais que le film ne sera pas oublié et qu’il est assuré d’une vie plus longue que je n’aurais jamais pu espérer au début». L’Orient-Le Jour: Avec Mrs Brown et Shakespeare in Love, vous avez prouvé être un réalisateur à surprises, vu que vos films sont toujours des révélations et des succès inattendus. Que nous préparez-vous pour bientôt? J.M.: «J’aimerais garder cela secret, justement, pour surprendre le monde à nouveau la prochaine fois (rires). De manière générale, je ne sais pas quel sera mon prochain film surtout que je n’ai pas arrêté de travailler depuis trois ans et que Shakespeare in Love était esquintant à faire. J’ai donc envie de me reposer, mais pas pour longtemps! J’aurai hâte de recommencer mais avec quelque chose de nouveau». L’Orient-Le Jour: Vous ne ferez plus de films d’époque? J.M.: «Non, plus de films élisabéthains, mais toujours avec Judi Dench, j’espère!».
Il n’a peut-être pas gagné l’Oscar, mais qu’importe? John Madden vient de s’imposer comme l’un des réalisateurs les plus talentueux de sa génération. On avait prédit, déjà depuis «Mrs Brown», une carrière cinématographique réussie pour ce metteur en scène anglais né en 1949, riche d’une vaste expérience dans le théâtre. Raya Abi-Rached l’a rencontré lors de la 49e Berlinale, au lendemain de l’annonce des nominations des Oscars 1999. Souriant et chaleureux, John Madden répond à nos questions avec beaucoup de simplicité. L’Orient-Le Jour: Geoffrey Rush (acteur dans le film) a déclaré qu’il était content parce que tout le monde affirmait que les films d’époque ne marcheraient plus, mais que Shakespeare in Love avait prouvé le contraire, qu’en pensez-vous? John Madden: «Il y a quelque...